Le Conseil Objectivé

Les Français, la guerre en Iran et ses conséquences économiques et politiques

Impact de la guerre sur les finances des Français : si 4 Français sur 10 jouent la prudence en épargnant davantage face à l’incertitude, 4 sur 10 sont contraints de puiser dans leurs réserves

42% des Français déclarent mettre (ou avoir déjà mis) davantage d’argent de côté, estimant qu’il y a trop d’incertitudes aujourd’hui et qu’il faut être prudent pour l’avenir.

Dans le même temps, 42% indiquent puiser (ou avoir déjà puisé) dans leur épargne pour faire face à l’augmentation des prix, notamment des carburants.

33% affirment même se retrouver plus souvent à découvert et 11% envisager (ou ont déjà contracté) un prêt à la consommation.

La situation financière des foyers conditionne fortement l’impact économique de la guerre : les ménages qui bouclent leurs fins de mois sans se restreindre adoptent avant tout une posture de précaution : 49% mettent davantage d’argent de côté, et 28% seulement puisent dans leur épargne. Pour les foyers en difficulté, la contrainte est nettement plus lourde : parmi ceux qui sont obligés de puiser dans leurs réserves pour boucler leurs fins de mois, 62% déclarent puiser dans leur épargne, 60% sont plus souvent à découvert et 18% envisagent un prêt à la consommation.

Quelles solutions face à la hausse du prix du carburant ? En priorité, baisser les taxes et limiter les marges des raffineurs

Face à la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, les Français identifient deux solutions prioritaires : baisser les taxes sur les carburants (68% de citations) et contraindre les raffineurs et les compagnies pétrolières à baisser leurs marges (56%).

En second plan, un tiers (31%) souhaitent limiter les marges des distributeurs, et un quart (24%) la mise en place d’aides ciblées pour les ménages modestes et les professionnels les plus touchés.

Cette hiérarchie est globalement partagée par l’ensemble des électorats, à une exception notable : les électeurs d’Ensemble sont les seuls à placer la contrainte faite aux raffineurs en tête (62%) devant la baisse des taxes (46%). Tous les autres électorats font de la baisse de la fiscalité leur priorité  : les électeurs du RN en tête (83% pour la baisse des taxes, 55% pour les raffineurs), devant ceux de LR  (76% / 66%) et du NFP (64% / 60%).

Voiture électrique : si 6% des propriétaires de voitures thermiques envisagent sérieusement de passer à l’électrique pour faire face à la hausse durable du prix des carburants, 29% sont empêchés par manque de moyens

Le reste des usagers n’envisagent pas cet achat (65%).

Ces résultats sont relativement homogènes dans l’ensemble des catégories de population.

Annonces d’aides ciblées pour les gros rouleurs et certains secteurs : des mesures de soutien plutôt bien accueillies, mais une opinion qui regrette qu’elles ne soient pas plus larges

L’aide de 20 centimes par litre pour les grands rouleurs est jugée plutôt positivement par une majorité de Français : 20% estiment que c’est une bonne mesure bien ciblée sur ceux qui en ont vraiment besoin, et 46% que cela va dans le bon sens mais qu’elle aurait dû être étendue à davantage de Français. 33% considèrent que ce n’est pas une bonne mesure, l’État n’ayant pas selon eux les moyens de mettre en place de telles aides.

Les aides ciblées sur la pêche, les agriculteurs, les entreprises du BTP et le transport routier sont elles aussi accueillies plutôt favorablement : 26% les jugent bien ciblées et 48% estiment qu’elles vont dans le bon sens mais auraient dû être étendues à davantage de secteurs, tandis que 25% les rejettent.

Tous les électorats accueillent ces mesures de manière plutôt positive. A noter que sur les aides sectorielles, les électeurs d’Ensemble se distinguent en étant nettement plus nombreux à les juger bien ciblées (47%, contre 26% en moyenne nationale).

Les utilisateurs quotidiens de voiture thermique affichent, sur l’aide aux gros rouleurs, une opinion identique à la moyenne nationale (20% bien ciblée, 46% à étendre).

Capacités militaires de la France : un a priori plutôt positif, mais des doutes importants sur la capacité à se défendre ou à venir en aide à ses alliés

62% des Français estiment que la France est capable de venir en aide à ses alliés lorsqu’ils sont attaqués, et 60% qu’elle est capable de se défendre en cas d’attaque sur son territoire.

Ces majorités reposent toutefois sur une confiance prudente : dans les deux cas, les réponses positives sont très majoritairement des « plutôt », et environ 4 Français sur 10 expriment des doutes.

Les électeurs d’Ensemble (78% / 75%) et de LR (79% / 75%) sont les plus confiants dans les capacités militaires françaises, alors que ceux du RN sont nettement plus sceptiques : seuls 52% pensent la France capable d’aider ses alliés et 49% de se défendre.

Les 65 ans et plus se montrent les plus réservés de toutes les générations : 53% estiment la France capable de venir en aide à ses alliés et 54% de se défendre.

Budget de la défense : 6 Français sur 10 favorables à une poursuite de son augmentation (avant tout grâce à la baisse d’autres dépenses publiques)

59% des Français se prononcent en faveur de la poursuite de l’augmentation du budget des armées : 43% à la condition de réduire d’autres dépenses publiques pour ne pas aggraver l’endettement, et 16% en acceptant d’emprunter davantage pour ne pas toucher aux autres postes. 40% souhaitent au contraire stabiliser voire réduire légèrement le budget de la Défense.

D’un point de vue politique, les électorats d’Ensemble (76%) et de LR (80%) sont les plus favorables à la poursuite de la hausse. Les électeurs du RN y sont majoritairement acquis (60%), dans une moindre mesure. À gauche, les électeurs du NFP sont plus partagés (51% pour la poursuite, 48% pour une stabilisation ou une réduction), et notamment les sympathisants LFI qui y sont très largement opposés (73%).

Les foyers en difficulté financière sont plus réservés que la moyenne : 64% des ménages qui bouclent leurs fins de mois sans se restreindre sont favorables à la poursuite de la hausse, alors que 52% de ceux contraints de puiser dans leurs réserves y sont opposés.

Les Français prêts à s’engager en cas d’attaque ? 17% dans l’armée (26% des 18-34 ans), 61% en soutien à l’action militaire

Si la France était directement attaquée militairement, 61% des Français se déclarent prêts à participer à des actions de protection civile (secours, logistique, soutien aux populations) , dont 16% « certainement ». S’engager dans l’armée reste une perspective plus limitée : 17% y seraient prêts (dont 6% « certainement »).

Les jeunes adultes se distinguent nettement sur l’engagement militaire direct : 29% des 18-24 ans et 24% des 25-34 ans se disent prêts à s’engager dans l’armée, L’écart entre hommes et femmes est également marqué : 26% des hommes se déclarent prêts à rejoindre l’armée, contre 9% des femmes.

Les électeurs de LR se montrent les plus disposés à s’engager, tant dans l’armée (31%) que dans les actions de protection civile (84%), alors que ceux du NFP sont plus en retrait (14% engagement militaire / 61% actions de soutien).

Europe de la défense : le souhait d’une défense européenne commune reste majoritaire mais recule en un an

49% des Français estiment que la France doit s’entendre avec les autres pays européens pour construire une véritable politique commune de défense européenne, en recul de 6 points en un an. En parallèle, la part de ceux qui souhaitent que la France soit le plus autonome possible pour assurer sa propre sécurité progresse de 6 points (de 33% à 39%). La proportion favorable à un maintien du soutien américain reste stable à 11%.

Ce recul de l’option européenne traverse tous les électorats, mais est plus marquée par les électorats initialement plus enclins à favoriser la défense européenne. Les électeurs d’Ensemble (68%, -13 points), de LR (58%, -13) et du NFP (64%, -10) enregistrent les reculs les plus importants. Les électeurs du RN, qui privilégiaient déjà l’autonomie nationale il y a un an, restent stables sur la défense européenne commune (34%, stable) tout en progressant encore sur l’autonomie (53%, +5 points).

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Crédits image : Jakub Zerdzicki sur Pexels