Le Conseil Objectivé

Les Français, la guerre en Iran et le prix des carburants

Taxes sur les carburants : malgré la situation des finances publiques, 2 Français sur 3 demandent une baisse des taxes

65% des Français estiment qu’il faut baisser les taxes sur les carburants tant que la crise au Moyen-Orient se poursuit et que le prix du baril est élevé, même si cela dégrade encore davantage la situation des finances publiques. À l’inverse, 32% considèrent qu’on ne peut pas se permettre cette baisse et qu’il faut maintenir des aides ciblées, comme c’est le cas actuellement.

L’arbitrage en faveur d’une baisse des taxes est encore plus important auprès des ménages modestes (qui doivent se restreindre pour boucler leurs fins de mois) : 77% (contre 58% de ceux qui y parviennent sans difficultés.

Ceux qui utilisent régulièrement leur voiture thermique sont favorables à une baisse des taxes (65%), dans les mêmes proportions que l’ensemble des Français (65%).

D’un point de vue politique, l’électorat du camp présidentiel est le seul à rejeter majoritairement cette baisse (61% privilégient les aides ciblées). Les électeurs du RN (79%) et du NFP (69%) la réclament très largement, suivis dans une moindre mesure par ceux de LR (54%).

TotalEnergies : l’opinion réclame un effort supplémentaire du pétrolier au regard de ses résultats financiers (71%)

71% des Français estiment que TotalEnergies ne fait pas assez d’effort sur le prix des carburants étant donné l’ampleur de ses bénéfices, et que l’entreprise devrait encore davantage réduire le prix à la pompe. 28% considèrent au contraire que l’effort fourni est déjà suffisant.

Les électeurs du NFP sont quasiment unanimes (89%), et plus de 6 électeurs sur 10 d’Ensemble (66%) et du RN (63%) partagent également cette opinion. Les électeurs LR sont les seuls partagés sur la question : 50% estiment l’effort insuffisant, 50% le jugent satisfaisant.

Mais l’opinion est plus partagée sur une taxation exceptionnelle de ses bénéfices (54% « favorable », 44% « opposé »)

54% des Français se déclarent favorables à la mise en place d’une taxation exceptionnelle des bénéfices des groupes pétroliers comme TotalEnergies, même si cela pourrait inciter l’entreprise à quitter la France. 44% y sont opposés, estimant que cela dégraderait la souveraineté énergétique française.

Cet arbitrage clive fortement : les électeurs du NFP y sont largement favorables (78%) ; à l’inverse, les électeurs LR s’y opposent très majoritairement (68%), et dans une moindre mesure ceux d’Ensemble (55%) et du RN (55%).

Gestion de crise en matière de géopolitique et de pouvoir d’achat : les responsables du RN recueillent le plus haut niveau de confiance (Jordan Bardella en tête), talonnés par Édouard Philippe

A noter qu’aucun responsable politique n’obtient une majorité d’avis favorable.

38% des Français feraient confiance à Jordan Bardella pour gérer ce type de crise s’il était élu Président de la République. En 2ème position, Marine Le Pen recueille la confiance de 35% des Français. Édouard Philippe complète le podium avec 33% de confiance. Gabriel Attal (27%) et Bruno Retailleau (26%) complètent le Top 5.

Les autres personnalités recueillent moins de 25% de confiance.

Auprès des électeurs RN, la confiance accordée à Jordan Bardella (87%) et Marine Le Pen (86%) est au même niveau.

Auprès des électeurs Ensemble, Édouard Philippe (75%) devance Sébastien Lecornu (62%) et Gabriel Attal (60%).

Auprès des électeurs NFP, les niveaux de confiance sont plus faibles : Jean-Luc Mélenchon (56%) est celui qui obtient le plus haut niveau de confiance, devant François Ruffin (50%), Fabien Roussel (42%), Marine Tondelier (41%) et Raphaël Glucksmann (40%).

Auprès des électeurs de LR, Bruno Retailleau obtient (62%), devant Jordan Bardella (43%) et Marine Le Pen (40%).

Jordan Bardella et Marine Le Pen recueillent des scores sensiblement plus élevés parmi les Français dont les fins de mois sont les plus difficiles : respectivement 44% et 41% parmi les ménages contraints, contre 34% et 31% parmi ceux qui s’en sortent sans se restreindre. Le profil d’Édouard Philippe est inverse : il obtient 38% de confiance chez les ménages à l’aise, contre 27% chez les ménages contraints.

Paiement en « cash » : 12% des Français utilisent plus souvent les espèces depuis l’augmentation du prix de l’énergie (notamment parmi les Français les plus modestes)

12% des Français déclarent payer plus souvent en espèces et moins en carte bancaire depuis l’augmentation du prix du carburant et du gaz ces derniers mois. 87% indiquent que cela n’a rien changé à leurs habitudes de paiement.

Ce comportement est plus répandu parmi les ménages financièrement contraints : 17% de ceux qui bouclent leurs fins de mois en se restreignant ont modifié leurs habitudes de paiement, contre 9% de ceux qui y parviennent sans difficultés.

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Crédits image : Engin Akyurt, @Pexels