L’opinion publique désapprouve de plus en plus la mobilisation contre le pass sanitaire

L’approbation du pass sanitaire est largement majoritaire (64% à 77% selon les lieux) et en hausse

 64% à 77% des Français sont favorables au pass sanitaire, selon le type de lieu. Les voyages en avion, train ou car longue distance (77%, +1 par rapport à mi-juillet au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron) et l’accès aux lieux de loisirs et de culture (72%, +6) sont les situations où le pass sanitaire est le plus largement approuvé. Si elle reste nettement majoritaire, l’approbation est légèrement plus faible pour l’accès aux hôpitaux (65%, -5), à certains grands centres commerciaux (65%) et aux cafés, bars, restaurants (64%, +6).

Ce sont les personnes les plus âgées qui y sont les plus favorables (81% à 90% pour les plus de 65 ans). A l’inverse, les moins de 35 ans sont plus réticents, voire rejettent en majorité le pass pour l’accès aux bars/restaurants et à certains grands centres commerciaux. L’approbation est également plus fragile (mais majoritaire) auprès des sympathisants du RN, de ceux de la France Insoumise et des personnes n’ayant pas de préférence partisane. Les personnes les plus proches du mouvement des gilets jaunes sont elles aussi très partagées, voire en majorité opposées au pass.

Les raisons évoquées de l’opposition au pass sanitaire sont principalement le sentiment d’une atteinte aux libertés (32% de ceux qui s’y opposent dans au moins une situation) et le fait de quasiment créer une obligation vaccinale (30%). A l’inverse, l’approbation du pass est motivée par le sentiment de « bon sens » pour limiter l’épidémie et protéger les plus fragiles (71%).

L’opinion publique désapprouve de plus en plus la mobilisation contre le pass sanitaire (54%, +6 en 2 semaines)

54% (+6 par rapport au 3 août) s’y opposent (26%, +2) ou y sont hostiles (28%, +4). A l’inverse, 34% (-3) la soutiennent (19%, -1) ou ont de la sympathie (15%, -2) pour la mobilisation. 11% (-4) y sont indifférents. Comparé aux autres mobilisations sociales depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, il s’agit d’un des niveaux les plus bas d’approbation. Dans le détail, ce sont les catégories populaires qui approuvent le plus la mobilisation anti-pass sanitaire (46%, -1), ainsi que les électeurs de Marine Le Pen (45%, -3). Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont plus en retrait qu’il y a trois semaines (35%, -10). L’approbation de la mobilisation est également plus importante auprès des personnes proches du mouvement des « gilets jaunes », et atteint même 73% chez celles se considérant encore aujourd’hui « gilet jaune ». D’un point de vue politique, d’EELV aux Républicains, la désapprobation de la mobilisation est assez nette.

7 Français sur 10 privilégient leur santé et celle des autres à leurs libertés individuelles

73% (stable depuis le 13 juillet) des Français estiment qu’il faut parfois accepter de réduire nos libertés, parce que la priorité c’est de se protéger contre la maladie. A l’inverse, 26% (-1) considèrent que rien n’est plus important que les libertés individuelles, même notre santé et celle des autres.

A noter que ce sont les moins de 25 ans (51% santé, 48% liberté), les catégories populaires (59%/40%) et les personnes s’identifiant comme « gilet jaune » (42%/57%) qui sont le plus partagés. Chez les non-vaccinés, la tendance est même totalement inverse : 72% privilégient leurs libertés individuelles.

Une opposition perçue comme politique mais motivée par la défense des libertés

74% voient dans les personnes opposées au pass sanitaire des opposants à Emmanuel Macron et au gouvernement, 71% les perçoivent comme des personnes qui défendent leur libre choix de vivre sans pass sanitaire. Et plus de 6 Français sur 10 pointent du doigt leur égoïsme (62%), et estiment qu’ils sont mal informés et victimes de fake news (62%).

Dans ce contexte, la confiance dans l’exécutif pour faire face à l’épidémie progresse

Elle atteint 50% (+6 par rapport au 13 juillet), son plus haut niveau depuis le début de la crise sanitaire (à l’exception de la première mesure le 13 mars 2020 au lendemain de la première intervention du chef de l’Etat annonçant la fermeture des écoles, à 59%). Par rapport au 13 juillet, elle est en hausse auprès des moins de 50 ans (48%, +10), des cadres (67%, +8) et des professions intermédiaires (55%, +15). D’un point de vue politique, elle progresse auprès des électeurs de François Fillon (61%, +14) et de ceux de Jean-Luc Mélenchon (48%, +22).

Impact du pass sanitaire sur la vie quotidienne : près d’un Français sur trois a déjà renoncé à une sortie où il fallait présenter son pass

31% des Français déclarent avoir déjà renoncé à une sortie où il fallait présenter son pass sanitaire, une situation encore plus fréquente auprès des moins de 25 ans (53%) et des 25-49 ans (39%), ainsi que chez les catégories populaires (43%). 23% ont déjà renoncé à voir des proches (situation encore plus fréquente chez les cadres, 38%) et 23% déclarent qu’il y a déjà eu des disputes à propos du vaccin ou du pass sanitaire parmi leurs proches (une situation encore plus fréquente parmi les moins de 35 ans, 31%, et les habitants du Sud-Est, 31%)

Pour une majorité de Français, le bout du tunnel est encore loin

Au global, pour 66%, l’épidémie est loin d’être terminée et elle reprendra de nouveau fortement alors que 33% estiment que le plus gros de l’épidémie est derrière nous.

47% des Français ont la sentiment que la situation sanitaire est stable (-12 par rapport à fin avril) et 43% qu’elle s’aggrave (+12). Seuls 9% voient une amélioration (-1).

L’inquiétude reste quant à elle à un niveau élevé (67%), stable par rapport au 13 juillet. C’est auprès des plus de 65 ans qu’elle reste la plus forte (79%) alors qu’elle est plus relative chez les moins de 35 ans (52%, -10).

Dans ce contexte, une certaine lassitude se fait sentir concernant les gestes barrières, même si on note une légère remobilisation par rapport à début juillet : 55% déclarent continuer de les respecter de manière stricte (+4), 42% garder certaines précautions mais sans les respecter strictement (-1) et 3% ne plus en tenir compte du tout (-2).

Télécharger ici : ELABE pour BFMTV / Les Français, le pass sanitaire et l’épidémie de Covid-19