Le Conseil Objectivé

L’Observatoire politique – Mai 2026

La confiance accordée à Emmanuel Macron recule de 3 points et atteint 20%

Après un hiver plutôt favorable au président de la République, la cote de confiance accordée à Emmanuel Macron recule au printemps pour le deuxième mois consécutif : 20% (-3 points en mai, -5 points en deux mois) des Français interrogés par Elabe pour Les Échos déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays. Si ce niveau reste supérieur à celui enregistré après le départ de François Bayrou de Matignon (entre 14 et 19%), il demeure parmi les plus bas enregistrés depuis le premier quinquennat. Dans le même temps, la défiance progresse moins fortement : 74% des Français (+1 point) déclarent ne pas lui faire confiance, dont 47% « pas du tout » confiance (-1 point).

Sur le plan politique, le président de la République recule principalement dans son propre électorat (54%, -7 points et -13 points en deux mois) ainsi que dans l’électorat de gauche : 9% (-5 points) auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 26% (-13 points) auprès des électeurs de Yannick Jadot. La confiance des électeurs de Marine Le Pen (6%, -1 point) et des abstentionnistes (16%, stable) reste basse mais ne bouge pas.

D’un point de vue socio-professionnel, Emmanuel Macron continue de reculer auprès des retraités, perdant 2 points après en avoir perdu 9 le mois précédent (19%). Il recule également auprès des cadres (29%, -6 points) et des professions intermédiaires (16%, -8 points), et reste stable à 18% auprès des catégories populaires. En termes d’âge, la confiance se situe entre 18 et 20% pour les plus de 25 ans et de 28% auprès des 18-25 ans.

Le premier ministre perd un point, à 23%

S’il recule lui aussi pour le deuxième mois consécutif, Sébastien Lecornu n’enregistre qu’une perte d’un point en mai, soit deux points en deux mois : 23% (-1 point) des Français déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes du pays. Ce niveau reste supérieur à celui mesuré lors de son entrée en fonction. Depuis sa prise de fonction, le Premier ministre voit sa cote de confiance évoluer en dents de scie, entre 20 et 25%. En parallèle, la défiance à son égard demeure stable : 64% des Français (stable) déclarent ne pas lui faire confiance, dont 37% (+1 point) « pas du tout » confiance.

Sur le plan politique, Sébastien Lecornu recule dans l’électorat du président de la République (58%, -3 points et -6 points en deux mois) ainsi que dans l’électorat de gauche – que ce soit celui de Jean-Luc Mélenchon (11%, -4 points), de Yannick Jadot (30%, -11 points) – ou de Valérie Pécresse (24%, -13 points). Il progresse très légèrement auprès des électeurs de Marine Le Pen (8%, +2 points) et des abstentionnistes (17%, +1 point).

D’un point de vue socio-professionnel, Sébastien Lecornu baisse, comme le président de la République, auprès des retraités (27%, -4 points), même s’il conserve une confiance plus élevée que celle du président auprès de cette population. Il recule également auprès des cadres (24%, -11 points) et des professions intermédiaires (17%, -4 points), et reste stable auprès des catégories populaires (19%, -1 point).

Les personnalités de la majorité reculent, celles du Rassemblement national résistent en tête

Les leaders du RN, Jordan Bardella (37%, -1 point) et Marine Le Pen (34%, stable) accentuent leur avance, à la faveur d’une baisse notable de leurs poursuivants : Édouard Philippe se classe 3e et perd 5 points (32%), tandis que Gabriel Attal est 4e à 28% (-5 points). Marion Maréchal (26%, -3 points) recule de 3 points mais gagne une place, ex-aequo avec Gérald Darmanin (26%, -5 points). À 25% (+1 point), Éric Ciotti complète le haut du classement.

François Ruffin (24%, +3 points) est la première personnalité de gauche. Il est à égalité avec Bruno Retailleau (24%, -5 points). Tous deux devancent l’ancien président François Hollande (23%, -4 points). Ministre pendant 8 ans, Bruno Le Maire enregistre 13% d’opinion positive, et devance d’un point le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (12%), et l’ancien président de l’UMP, Jean-François Copé (12%). Boris Vallaud (7%) et Jean-Pierre Farandou (6%) ferment le classement.

Auprès des électeurs de gauche, François Ruffin conserve la première place et progresse de 7 points (53%, après avoir reculé de 8 points les deux mois précédents). Il devance Fabien Roussel qui reste stable à 44%, tandis que Jean-Luc Mélenchon enregistre un gain de 7 points en mai, quelques jours après son annonce de candidature (et après avoir progressé de 5 points en avril). François Hollande (38%, -4 points), Marine Tondelier (37%, +1 point), Raphaël Glucksmann (36%, +1 point) et Olivier Faure (32%, +2 points) complètent le classement et devancent Bally Bagayoko (31%), 8e. Dominique de Villepin (27%, -12 points, après +10 points le mois précédent) et Édouard Philippe (21%, -9 points) enregistrent tous deux des reculs sévères. Boris Vallaud obtient quant à lui 16% d’opinion positive.

Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe (62%, -13 points, après +5 points), Gabriel Attal (62%, -7 points, après -4 points) et, plus loin, Gérald Darmanin (48%, -15 points) enregistrent tous trois de forts reculs. Xavier Bertrand progresse de 4 points et s’installe à la 4e place du classement (42%). Il devance Bernard Cazeneuve (37%, -5 points) et Raphaël Glucksmann (34%, -7 points). Bruno Le Maire cumule 33% d’opinion positive (contre 45% en novembre 2024) et Jean-François Copé 22%.

Auprès des électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, Jordan Bardella (90%, +2 points) est premier, ex-aequo avec Marine Le Pen (90%, +4 points). Néanmoins, le président du Rassemblement national cumule davantage d’opinions très positives (60%) que la députée du Pas-de-Calais (52%). Plus loin, Marion Maréchal est 3e (71%, -2 points) et devance Éric Ciotti (63%, +1 point), Éric Zemmour (49%, +3 points) et Sarah Knafo (45%, +2 points).

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