Guerre au Moyen-Orient : l’inquiétude reste très élevée
Plus d’un mois après l’offensive militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran et ses dirigeants, 87% (+1 point en 2 semaines) des Français se disent inquiets de la situation, dont 33% (+2) très inquiets. Ce sentiment demeure largement majoritaire dans toutes les catégories de population.
Pour les Français, la levée du blocus sur le détroit d’Ormuz ne se fera pas avant quelques semaines voire plusieurs mois
Après plusieurs semaines de combats, un cessez-le-feu a été conclu début avril. Malgré cette trêve, les États-Unis maintiennent un blocus naval du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, tandis que l’Iran continue de rejeter les conditions américaines pour une levée du blocus. Des négociations sont en cours, mais aucun accord n’a encore été trouvé. 42% des Français pensent que le blocus du détroit d’Ormuz sera levé dans plusieurs mois, 39% dans quelques semaines, 13% pas avant 2027 et 6% dans les prochains jours.
Les Français s’attendent à ce que des frappes militaires reprennent
Malgré le cessez-le-feu conclu début avril, 92% des Français pensent que des frappes militaires pourraient reprendre dans les prochains mois au Moyen-Orient, dont 65% probablement et 27% certainement. A l’inverse, 8% pensent que cela n’arrivera pas, dont 6% probablement pas et 2% certainement pas.
6 Français sur 10 anticipent une pénurie d’essence dans les prochains mois
61% (+2 en 2 semaines) des Français jugent certain ou probable qu’il y ait des pénuries d’essence dans les prochains mois, 60% (+3) pour les matières premières comme le plastique, l’aluminium ou l’acier. 50% (+3) craignent également pour les engrais et 35% (-2) pour certains produits technologiques comme les smartphones. L’anticipation d’une pénurie d’essence demeure majoritaire dans toutes les catégories de population.
45% des Français déclarent que l’augmentation du prix de l’essence a un impact important sur leur budget
Par rapport au début de la guerre au Moyen-Orient, le prix de l’essence augmente en France. 45% (-1 point en 2 semaines) des Français déclarent que cette augmentation a un impact important sur leur budget, 41% (+3) un impact limité et 13% (-2) aucun impact. La hausse du prix de l’essence pèse particulièrement sur le budget des habitants des petites agglomérations et communes rurales (54% impact important), des employés/ouvriers (54%) et des 25-49 ans (51%).
Au-delà des carburants, l’opinion redoute l’inflation généralisée
94% des Français craignent que ce conflit provoque une hausse généralisée des prix en France au-delà des prix des carburants, dont 55% tout à fait et 39% plutôt. Seuls 5% des Français ne le craignent pas, dont 4% pas vraiment et 1% pas du tout. Un scénario redouté par toutes les catégories de la population, notamment par les Français qui rencontrent des difficultés à boucler leurs fins de mois.
3 Français sur 4 estiment que la France a un rôle limité voire aucun rôle dans le conflit au Moyen-Orient
77% des Français estiment que la France a un rôle plutôt limité (57%) ou aucun rôle (20%) dans le conflit au Moyen-Orient. A contrario, 22% jugent que la France a un rôle important, dont 18% plutôt important et 4% très important. Ce constat fait consensus politiquement : 79% des électeurs du RN considèrent que la France a un rôle limité ou aucun rôle, 78% des électeurs d’Ensemble et 74% des électeurs du NFP. En termes d’âge, les moins de 35 ans sont plus nombreux à estimer que la France joue un rôle important dans ce conflit (38%, contre 17% des 35 ans et plus).
Une majorité de Français souhaite que la France n’intervienne pas militairement mais s’implique davantage diplomatiquement
Concernant le rôle que doit jouer la France dans ce conflit, 56% des Français souhaitent qu’elle n’intervienne pas militairement mais s’implique davantage sur le plan diplomatique en cherchant à favoriser un accord de paix entre les belligérants, 38% qu’elle reste à l’écart du conflit et n’intervienne ni militairement ni diplomatiquement et 6% qu’elle intervienne militairement en participant aux opérations en cours aux côtés des États-Unis et d’Israël.
Politiquement, les électeurs d’Ensemble (75%) et du NFP (66%) souhaitent majoritairement que la France s’implique davantage diplomatiquement dans ce conflit, tandis que les électeurs du RN sont partagés entre intervention diplomatique (44%) et non-engagement (45%).
4 Français sur 10 jugent qu’Emmanuel Macron est à la hauteur de la situation
Dans le détail, 33% le jugent plutôt à la hauteur et 7% tout à fait à la hauteur. A l’inverse, 60% considèrent qu’il n’est pas à la hauteur, dont 32% pas vraiment et 28% pas du tout.
La position et l’action du chef de l’Etat clive politiquement. Les électeurs d’Ensemble (79%) et dans une moindre mesure de droite (56%) estiment qu’il est à la hauteur de la situation. A contrario, les électeurs du RN sont critiques (78% pas à la hauteur). Entre les deux, les électeurs du NFP sont quant à eux très partagés (54% pas à la hauteur, 46% à la hauteur).
_____________________
Télécharger le rapport : Les Français et la guerre en Iran
Crédits image : @Julia Avamotive, Pexels


