Le Conseil Objectivé

Les Français, le prix des carburants, le plan d’électrification et le 1er mai

Les Français et le prix des carburants

Guerre au Moyen-Orient : l’inquiétude reste élevée

Plus d’un mois après l’offensive militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran et ses dirigeants, 86% (-1 point en 2 semaines) des Français se disent inquiets de la situation, dont 31% (-13) très inquiets. Ce sentiment recule mais reste largement majoritaire dans toutes les catégories de population.

L’opinion doute que les négociations en cours aboutissent dans les prochains jours

Après plusieurs semaines de combats, un cessez-le-feu temporaire de deux semaines a été conclu. Des négociations sont en cours, Téhéran refuse toujours l’essentiel des exigences américaines, tandis que les États-Unis ont lancé un blocus naval des ports iraniens depuis hier. 78% des Français pensent que ces négociations ne vont pas aboutir, dont 62% probablement pas et 16% certainement pas. A l’inverse, 21% anticipent un dénouement positif, dont 18% probablement et 3% certainement. Le scepticisme est largement partagé dans tous les pans de la société.

6 Français sur 10 s’attendent à une pénurie d’essence, une proportion toutefois moins élevée qu’il y a 2 semaines

59% (-8 en 2 semaines) des Français jugent certain ou probable qu’il y ait des pénuries d’essence dans les prochains mois, 57% (-4) pour les matières premières comme le plastique, l’aluminium ou l’acier. 47% (-1) craignent également pour les engrais et 37% (-3) pour certains produits technologiques comme les smartphones. L’anticipation d’une pénurie d’essence demeure majoritaire dans toutes les catégories de population.

46% des Français déclarent que l’augmentation du prix de l’essence a un impact important sur leur budget, un chiffre en hausse

Par rapport au début de la guerre au Moyen-Orient, le prix de l’essence augmente en France. 46% (+3 points en 1 mois) des Français déclarent que cette augmentation a un impact important sur leur budget, 38% (-4) un impact limité et 15% (=) aucun impact. La hausse du prix de l’essence pèse particulièrement sur le budget des 25-34 ans (58% impact important, +9), des habitants des communes rurales (57%), des employés/ouvriers (56%) et professions intermédiaires (53%), et des Français qui utilisent une voiture thermique ou hybride comme mode de transport principal au quotidien pour se rendre au travail, à l’école ou faire leurs courses (56%, +6).

Près de 6 automobilistes sur 10 utilisent moins leur voiture dans ce contexte, une proportion en augmentation

59% (+5 points en 2 semaines) des automobilistes déclarent moins utiliser leur voiture depuis la récente hausse des prix de l’essence. A l’inverse, 40% (-5) utilisent toujours autant leur voiture, mais cela leur coûte plus cher. Le renoncement aux trajets lié à la hausse du prix de l’essence touche plus fortement les automobilistes des petites et moyennes agglomérations (62%, +10 points) et ceux issus des catégories populaires (59%, +10 points).

La hausse des prix du carburant contraint plus de 6 Français sur 10 à des renoncements au quotidien

Depuis la récente hausse des prix de l’essence, 61% (-1 en 2 semaines) des Français ont dû faire des renoncements pour des raisons financières : plus d’1 sur 3 à partir en vacances ou en week-end (37%, -1), à faire une sortie (32%, -5) ou faire du shopping (33%, -3). 19% (-5) des Français ont même dû (ou envisagent) de renoncer à chauffer convenablement leur logement ou à acheter certains produits alimentaires (19%, -1).

A l’inverse, 38% (+1) n’ont renoncé à rien ou ne comptent pas le faire pour des raisons financières suite à la récente hausse du prix de l’essence.

Les renoncements au quotidien touchent l’ensemble des catégories de population, avec une intensité plus marquée chez les actifs (64%, contre 53% des retraités).

6 Français sur 10 pensent que les prix des carburants vont encore augmenter dans les prochaines semaines

58% des Français pensent que le prix des carburants va encore augmenter dans les prochaines semaines, contre 36% qu’il va rester stable au niveau actuel et 5% diminuer.

60 % des automobilistes anticipent de nouvelles hausses des carburants et 68% des résidents des communes rurales.

Les Français sont favorables à une baisse des taxes et à des aides ciblées aux professionnels et foyers les plus modestes, mais plutôt opposés à des aides pour tous jugées incompatibles avec l’état des finances publiques

Face à la hausse des carburants, 78% des Français se disent favorables à une baisse des taxes sur l’essence car la priorité est le pouvoir d’achat, 72% à des aides ciblées pour une liste élargie de professionnels comprenant notamment les infirmiers et aides à domicile, 71% à des aides ciblées pour certains professionnels comme les transporteurs routiers, les pêcheurs et les agriculteurs, 62% à un bouclier tarifaire et 57% à des aides ciblées pour les plus modestes.

Une courte majorité de Français (52%) est en revanche opposée à des aides pour tous les Français car l’Etat n’en a pas les moyens.

D’un point de vue politique :

  • Les électeurs du NFP sont majoritairement favorables à des aides pour les ménages les plus modestes (69%) et, dans une moindre mesure, pour l’ensemble des Français (54%) tandis que les autres électorats sont partagés (pour les plus modestes) ou opposés (pour l’ensemble).
  • Concernant le bouclier tarifaire, 6 électeurs sur 10 du NFP et du RN y sont favorables, mais une courte majorité des électeurs d’Ensemble y est opposée (54%)
  • Les autres mesures (baisse des taxes sur l’essence, aides ciblées pour des professionnels) font consensus, elles sont soutenues dans tous les électorats

Une opinion partagée sur l’efficacité du plafonnement des marges des distributeurs pour limiter la hausse du prix des carburants

Le gouvernement envisage de plafonner les marges des distributeurs qui vendent les carburants, c’est-à-dire imposer un plafond sur le montant que les stations-service et grandes surfaces peuvent gagner sur la vente de chaque litre de carburant. 52% des Français jugent cette mesure efficace pour limiter la hausse des prix des carburants, dont 44% plutôt efficace et 8% très efficace. A l’inverse, 47% pas efficace, dont 35% pas vraiment efficace et 12% pas du tout efficace. Cette mesure divise dans la plupart des catégories de population, y compris chez les automobilistes (49% efficace, 51% pas efficace). Les électeurs du NFP se montrent un peu plus convaincus de l’efficacité de cette mesure (59%) que les autres électorats (45%-53%).

Les Français et le plan d’électrification

Le plan d’électrification annoncé par Sébastien Lecornu divise les Français

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un plan d’électrification de la France. Ce plan vise à réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles (pétrole, gaz), qui représentent aujourd’hui 60 % de la consommation énergétique nationale. Il prévoit notamment l’interdiction des chaudières à gaz dans le neuf, le développement du leasing de voitures électriques et un doublement des aides publiques à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030. 52% des Français estiment que ce plan d’électrification ne va pas dans la bonne direction pour l’avenir de la France, dont 36% pas vraiment et 16% pas du tout. A l’inverse, 48% considèrent qu’il va dans la bonne direction, dont 38% plutôt et 10% tout à fait.

Les électeurs d’Ensemble (70% dans la bonne direction) et du NFP (64%) jugent favorablement ce plan d’électrification, tandis que les électeurs du RN (70% pas dans la bonne direction) et les abstentionnistes (61%) se montrent nettement plus critiques. Les cadres (64%) se distinguent également par une adhésion plus forte que la moyenne.

Un plan d’électrification crédible sur la réduction de la dépendance aux énergies fossiles, mais le scepticisme l’emporte à propos des gains de pouvoir d’achat

Pour une majorité de Français, ce plan d’électrification pourrait permettre de réduire la dépendance de la France au pétrole et au gaz étrangers (65%), réduire les émissions de CO2 et améliorer la qualité de l’air (61%) et moderniser l’industrie et les infrastructures françaises (57%). A l’inverse, une majorité estime qu’il ne permettra pas de faire baisser les factures d’énergie des Français (60%) et pour les plus modestes d’accéder à des équipements moins énergivores (57%). Ils sont divisés sur sa capacité à créer des emplois industriels en France (48% oui, 51% non) et à renforcer la compétitivité des entreprises françaises (49%, 50%).

Les électeurs d’Ensemble et, dans une moindre mesure, du NFP identifient de nombreux bénéfices à ce plan d’électrification, à l’exception des gains de pouvoir d’achat sur lesquels ils sont plus partagés. Les électeurs du RN se montrent plus réservés, même si une courte majorité reconnaît un effet positif potentiel sur la souveraineté énergétique et la qualité de l’air.

Les Français et le 1er mai

64% des Français sont favorables à l’extension de l’autorisation de travailler le 1er mai à certains secteurs

Une proposition de loi, issue de sénateurs centristes et soutenue par le gouvernement, vise à élargir l’autorisation de travailler le 1er mai pour certains secteurs : commerces de bouche de proximité (boulangers, bouchers, pâtissiers, primeurs), fleuristes, établissements culturels (cinémas, théâtres). Les autres secteurs comme la grande distribution ou les magasins de bricolage sont exclus. Le texte prévoit que seuls les salariés volontaires seraient concernés, rémunérés double, et que le refus de travailler ne pourrait pas constituer une faute ou un motif de licenciement. 64% des Français y sont favorables, dont 37% plutôt favorables et 27% très favorables. A l’inverse, 35% y sont opposés, dont 18% plutôt opposés et 17% très opposés.

Une large majorité d’électeurs d’Ensemble (76%) et du RN (70%) sont favorables à cette mesure, mais aussi près d’1 électeur sur 2 du NFP (48%).

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