Présidentielle 2017 : Les intentions de vote à un an du scrutin / Sondage ELABE pour Les Echos et Radio Classique

Alain Juppé en tête des intentions de vote dans toutes les hypothèses

Le Maire de Bordeaux et candidat déclaré à la primaire de la droite arrive largement en tête des intentions de vote exprimées dans les trois hypothèses le plaçant face à différentes candidatures uniques pour le Parti socialiste. Plus précisément, il recueille son meilleur score (39%) dans l’hypothèse où François Hollande (15%) serait candidat pour un second mandat, est crédité de 38% en cas de candidature de Manuel Valls, et obtient 36% dans l’hypothèse d’une candidature d’Emmanuel Macron.

Alain Juppé bénéficie à la fois de très bons reports venant des anciens électeurs de François Bayrou et Nicolas Sarkozy, ainsi que de l’appoint d’une fraction non négligeable d’anciens électeurs de François Hollande (environ un quart selon les hypothèses). Porté par une popularité élevée et l’absence de François Bayrou dans l’hypothèse de sa désignation à l’issue de la primaire à droite, Alain Juppé obtient des résultats nettement supérieurs à ceux de Nicolas Sarkozy. A titre d’exemple, dans l’hypothèse d’une candidature de François Hollande au premier tour, Nicolas Sarkozy est crédité de 23% des intentions de vote exprimées, soit 16 points de moins qu’Alain Juppé.

 

L’impopularité du couple exécutif relègue François Hollande et Manuel Valls à la troisième place

Que le candidat « Les Républicains » soit Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, le Président de la République comme son Premier ministre pâtissent d’une situation particulièrement défavorable, sur fond d’impopularité élevée et de jugements majoritairement négatifs sur le bilan de l’exécutif.

François Hollande est crédité de 18% des intentions de vote, derrière Marine Le Pen (26%) et Nicolas Sarkozy (23%), dans l’hypothèse où l’ancien chef de l’Etat serait candidat. Le rapport de force s’avère encore plus défavorable au Président en exercice (15%) dans l’hypothèse d’une candidature d’Alain Juppé (39%), Marine Le Pen arrivant en deuxième position (26%). Cette contreperformance pour François Hollande s’explique par une forte déperdition de ses électeurs de premier tour en 2012. A titre d’exemple, dans l’hypothèse d’une candidature d’Alain Juppé, le Président de la République ne retrouve que 48% de ses anciens électeurs, 27% lui préférant Alain Juppé et 12% portant leur choix sur Jean-Luc Mélenchon.

Que le candidat LR soit Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, Manuel Valls recueille des scores d’intentions de vote à peine supérieurs à ceux de François Hollande. Dans l’hypothèse d’une candidature d’Alain Juppé, Manuel Valls obtient ainsi 15,5% contre 38% pour le Maire de Bordeaux et 26% pour Marine Le Pen.

 

Emmanuel Macron bouscule les barrières partisanes traditionnelles

En voie d’autonomisation par rapport au couple exécutif avec la création de son mouvement politique « En Marche ! » et un positionnement politique « ni à droite, ni à gauche » revendiqué, Emmanuel Macron (testé en candidat unique du PS) recueille des scores d’intentions de vote nettement supérieurs à ceux enregistrés pour le Président de la République et son Premier ministre.

Alors que ni François Hollande ni Manuel Valls ne seraient en mesure de se qualifier pour le second tour dans aucune des hypothèses testées, Emmanuel Macron arrive en tête des intentions de vote exprimées en cas d’une candidature LR portée par Nicolas Sarkozy. Le ministre de l’Economie obtient ainsi 25% d’intentions de vote, devant Marine Le Pen (24%) et Nicolas Sarkozy (18%). De tels résultats s’expliquent notamment par l’appoint d’électeurs venant du centre et de la droite : 18% des électeurs de François Bayrou en 2012 et 19% de ceux de Nicolas Sarkozy portent leur choix sur Emmanuel Macron, de même que 50% des anciens des électeurs de François Hollande. Toutefois, dans l’hypothèse d’une candidature d’Alain Juppé, Emmanuel Macron se trouve relégué en troisième position (21%), derrière le Maire de Bordeaux (36%) et devancé de peu par Marine Le Pen (23%). Dans cette hypothèse, il ne fédère sur son nom que 43% des anciens électeurs de François Hollande (24% lui préférant Alain Juppé).

 

Marine Le Pen se qualifierait pour le second tour dans toutes les hypothèses testées

Les intentions de vote exprimées en faveur de Marine Le Pen confirment la dynamique du Front national, avec des scores oscillant entre 23% dans l’hypothèse où Alain Juppé serait le candidat LR et Emmanuel Macron le candidat PS, et 28,5% dans l’hypothèse où François Fillon et Manuel Valls seraient respectivement les candidats LR et PS. Dans chacune des huit hypothèses, le score obtenu par Marine Le Pen lui permettrait de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle si celle-ci avait lieu dimanche prochain.

Marine Le Pen profite d’un électorat déjà très mobilisé : 70% des électeurs ayant voté pour elle en 2012 se disent d’ores-et-déjà certains d’aller voter au premier tour de l’élection présidentielle, contre 66% de ceux de Nicolas Sarkozy et 60% de ceux de François Hollande. Au- delà de ce niveau de mobilisation meilleur que pour ses adversaires, elle bénéficie aussi d’un électorat très fidèle : près de 90% de ses électeurs de premier tour en 2012 exprimant une intention de vote portent leur choix sur la présidente du Front national, qui bénéficie de surcroît fréquemment de l’appoint d’anciens électeurs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, voire de François Bayrou.

 

Alain Juppé et Emmanuel Macron seraient les meilleurs présidents pour relancer l’économie

Invités à préciser parmi une liste de dix personnalités les deux candidats déclarés ou potentiels à l’élection présidentielle qui feraient le meilleur Président de la République pour relancer l’activité économique, une majorité relative de personnes interrogées désignent Alain Juppé (36% de citations) et Emmanuel Macron (33%). Ils devancent notamment Marine Le Pen (19%), Nicolas Sarkozy (16%) et Jean-Luc Mélenchon (14%).

Emmanuel Macron arrive en tête auprès des sympathisants de gauche avec 38% des citations, devant Alain Juppé et François Hollande (29% chacun) ainsi que Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls (27% chacun). Alain Juppé creuse l’écart auprès des sympathisants de la droite et du centre avec 54% de citations, devant Emmanuel Macron (36%) et Nicolas Sarkozy (33%). François Fillon et Bruno Le Maire ne recueillent respectivement que 19% et 18% de citations. Enfin, Marine Le Pen l’emporte haut la main auprès des sympathisants du Front national avec 89% de citations, Alain Juppé et Emmanuel Macron arrivant en deuxième position avec seulement 14% chacun. Signe toutefois d’une crédibilité économique qui ne s’étend pas au-delà de sa famille politique, seuls 4% des sympathisants de gauche et 6% de ceux de la droite et du centre mentionnent Marine Le Pen.

 

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