Le Conseil Objectivé

Les Français et la violence des mineurs

Plus de 8 parents sur 10 sont souvent ou de temps en temps inquiets pour la sécurité de leurs enfants, une proportion en hausse en un an

47% (+8 points depuis le 11 juin 2025) des parents déclarent qu’il leur arrive souvent d’être inquiets pour la sécurité de leurs enfants, 36% (-4) de temps en temps, 12% (-5) rarement et 3% (=) jamais. Une inquiétude pour leurs enfants qui traverse les territoires, elle est présente dans les communes rurales (81% souvent ou de temps en temps), les petites/moyennes agglomérations (83%, +8) et les grandes agglomérations (84%, +5).

Concernant leur propre sécurité physique ou celle de leurs biens, 23% (+9) des Français se disent souvent inquiets, 44% (-1) de temps en temps, 27% (-7) rarement et 6% (-1) jamais. Cette inquiétude traverse tous les pans de la société, même si elle est particulièrement prégnante et augmente significativement chez les 18-24 ans (82% souvent ou de temps en temps, +14) et les habitants des grandes agglomérations (71%, +16).

Les Français ont le sentiment que la violence des mineurs augmente fortement dans notre pays

Concernant les actes de violence perpétrés par des mineurs dans notre pays, 85% des Français ont le sentiment qu’ils augmentent, dont 63% qu’ils augmentent fortement et 22% légèrement. 13% considèrent qu’ils restent stables, seuls 2% ont le sentiment qu’ils diminuent.

La perception d’un phénomène en hausse est largement partagée dans toutes les catégories de la population et électorats. Mais on observe des différences sur l’intensité de cette augmentation : 81% des 65 ans et plus estiment que la violence des mineurs augmente fortement (contre 43% des 18-34 ans), 73% des résidents des petites agglomérations (59%-67% dans le reste du territoire) et 86% des électeurs du RN (contre 68% des électeurs d’Ensemble et 39% du NFP).

Meurtre de Louis, 17 ans, à Narbonne : cet acte n’est pas un phénomène marginal pour l’opinion mais traduit une montée réelle de la violence des mineurs

Il y a quelques jours, un adolescent de 17 ans à Narbonne a été lynché à mort par cinq jeunes hommes, dont trois mineurs. 83% des Français ont le sentiment que cet acte traduit une montée réelle de la violence des mineurs dans notre pays. A contrario, 16% considèrent qu’il représente un phénomène marginal, la violence des mineurs a toujours existé. A titre de comparaison, il s’agit d’un niveau comparable à ce que nous avions mesuré il y a 1 an lorsqu’une surveillante de 31 ans avait été tuée par un élève dans un collège de Nogent.

Cette opinion est majoritaire dans tous les pans de la société, elle est toutefois particulièrement exprimée par les 50 ans et plus (91%, contre 70% chez les 18-34 ans), et politiquement par les électeurs du RN (94%) et d’Ensemble (88%) par rapport aux électeurs du NFP (70%).

La démission des parents et le manque de sévérité de la justice sont les principales raisons qui expliquent la violence des mineurs aux yeux des Français

Pour les Français, les principales raisons qui expliquent la violence des mineurs sont la démission des parents (62%, 3 réponses possibles parmi 8 items) et le manque de sévérité de la justice (55%) devant l’exposition à la violence via les réseaux sociaux (47%), le manque de repères moraux et de valeurs transmis à la jeunesse (45%) et la perte d’autorité et de discipline dans les établissements scolaires (32%). Moins d’1 Français sur 5 cite également les inégalités sociales et le manque de perspectives d’avenir (19%), le manque de prise en charge psychologique des jeunes en difficulté (18%) et la défaillance des structures de protection de l’enfance (15%).Si le manque de sévérité de la justice est cité de façon homogène, les autres raisons varient sensiblement selon l’âge. Les 35 ans et plus évoquent davantage la démission des parents (67 %, contre 46 % chez les 18-34 ans) et le manque de repères moraux (59% chez les 65 ans et plus). Les 18-24 ans placent en tête l’exposition à la violence via les réseaux sociaux (48%, 1ère raison citée avec le manque de sévérité de la justice) et citent plus souvent le manque de prise en charge psychologique des jeunes en difficulté (34%, 3ème raison).

Pour réduire la violence des mineurs, les Français comptent avant tout sur l’éducation, l’autorité et une plus grande sévérité de la justice

Pour réduire la violence des mineurs dans notre société, 3 pistes sont privilégiées par les Français : une meilleure éducation des enfants (87% estiment que c’est indispensable, -1 depuis le 11 juin 2025), davantage de respect de l’autorité dans la société (80%, -4) et une plus grande sévérité de la justice (75%, -4). Ils devancent la régulation de l’accès aux réseaux sociaux pour les plus jeunes (60%, -9) et davantage de présence policière (55%, +1). En comparaison, la réduction des inégalités sociales et plus de mixité sociale est jugé moins indispensable (38%, -5).

D’un point de vue politique, l’éducation des enfants fait consensus : elle est jugée indispensable dans l’ensemble des électorats. Sur les autres leviers, des clivages apparaissent nettement. Les électeurs du RN se distinguent par une sensibilité marquée aux solutions régaliennes : 90% jugent indispensables davantage d’autorité dans la société, 90% une plus grande sévérité de la justice et 70% une présence policière accrue. À l’inverse, les électeurs du NFP se montrent plus réservés, voire sceptiques sur ces mêmes pistes (68%, 53%, 33% respectivement) et sont de loin les plus nombreux à placer la réduction des inégalités sociales au premier plan (66%, contre 20% dans les autres électorats).

Une large majorité de Français est favorable à la suppression du principe « d’excuse de minorité »

En France, il existe le principe d’« excuse de minorité », qui implique des sanctions moins sévères pour les moins de 18 ans que pour les majeurs.

85% des Français se disent favorables à sa suppression pour les 16-17 ans (dont 66% très favorables) et 75% pour les 13-15 ans (dont 42% très favorables).

Cette mesure recueille une majorité d’approbation dans tous les électorats, bien que l’intensité de ce soutien varie sensiblement : elle atteint les 90% chez les électeurs du RN, contre 77% (pour les 16-17 ans) et 61% (pour les 13-15 ans) chez les électeurs du NFP.

Faut-il sanctionner les parents ? Plus de 8 Français sur 10 y sont favorables

85% des Français sont favorables au fait de sanctionner pénalement et financièrement les parents lorsque leur enfant mineur commet des actes de délinquance, dont 52% très favorables et 33% plutôt favorables. A l’inverse, 15% y sont opposés, dont 10% plutôt opposés et 5% très opposés.

Cette mesure est largement approuvée dans toutes les catégories de la population et dans tous les électorats, même si elle est particulièrement plébiscitée par les 65 ans et plus (91%, contre 69% des 18-24 ans) et par les électeurs du RN (96%, contre 70% chez ceux du NFP).

Les Français ne sont pas défaitistes : 7 sur 10 pensent qu’il est possible de réduire fortement la violence des mineurs en déployant les moyens nécessaires et en prenant les bonnes mesures

72% sont de cet avis, contre 26% qui estiment que quels que soient les mesures et moyens mobilisés, ce phénomène ne va qu’augmenter.

Cette conviction est majoritaire dans tous les pans de la société et dans tous les électorats.

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