Le Conseil Objectivé

Les Français et les violences après la victoire du PSG

Une majorité de Français retient les débordements et scènes de violence avant la victoire du PSG

Le Paris Saint-Germain (PSG), club de football de la capitale, a remporté la Ligue des Champions ce samedi. Des rassemblements spontanés ont eu lieu dans plusieurs villes françaises pour célébrer cette victoire. Ces rassemblements ont été accompagnés de scènes de violences : incendies de véhicules, dégradations de commerces et affrontements avec les forces de l’ordre. A propos de cet événement, 54% des Français déclarent qu’ils retiennent avant tout les débordements et les scènes de violence, 27% autant les scènes de joie que de violence, et 19% avant tout la victoire du PSG et les scènes de joie.

Les retraités (60%) et les électeurs du RN (71%) retiennent avant tout les violences tandis que les 18-34 ans (43% violences, 31% joie, 26% les deux) et les électeurs du NFP (29%, 27%, 44%) sont plus partagés.

Pour l’opinion, ces débordements ne sont pas un phénomène marginal mais traduisent une montée de la violence dans notre pays

72% des Français considèrent que ces débordements et scènes de violence traduisent un phénomène plus général de la montée de la violence dans notre pays contre 27% qu’elles représentent un phénomène marginal causé par une petite minorité d’individus.

Ce diagnostic sur la société française est largement partagé par les électeurs du RN (91%), de droite (76%) et d’Ensemble (73%) tandis que les électeurs du NFP sont nettement plus partagés (51% montée de la violence, 49% phénomène marginal).

Une courte majorité estime que ces violences sont plus fréquentes et intenses en France que dans les autres pays

54% des Français considèrent que les violences en marge des grandes célébrations sportives sont une spécificité française et qu’elles sont bien plus fréquentes et intenses en France qu’ailleurs. A contrario, 45% estiment que c’est un phénomène que l’on retrouve dans de nombreux pays, la France n’est pas une exception.

Les clivages politiques structurent les perceptions sur ce sujet : les électeurs du RN (79%) et dans une moindre mesure de droite (56%) voient dans ces violences une spécificité française. À l’opposé, les électeurs du NFP rejettent largement cette lecture, 71% d’entre eux estiment que la France ne constitue pas une exception et que ce phénomène se retrouve dans de nombreux pays. Les électeurs d’Ensemble sont très partagés (50% la France n’est pas une exception, 49% c’est une spécificité française).

54% des Français disent avoir renoncé au cours des dernières années à participer à une célébration populaire par crainte de débordements ou de violences

Ces renoncements touchent plus particulièrement les habitants de l’agglomération parisienne (67%) et les femmes 59%, contre 50% des hommes).

Faire payer les casseurs et durcir les peines sont les mesures jugées les plus efficaces par les Français pour lutter contre ces violences

Une majorité de Français juge efficaces plusieurs mesures évoquées dans le débat public pour lutter contre ce type de violence :

  • Obliger les auteurs de dégradations à rembourser les dégâts qu’ils ont causés (86% efficace, dont 64% très efficace)
  • Augmenter la sévérité des peines pour les auteurs de violences (83%, dont 60%)
  • Utiliser la reconnaissance faciale pour identifier et poursuivre les auteurs de violences (77%)
  • Revoir la doctrine de maintien de l’ordre, c’est-à-dire changer la façon dont les forces de l’ordre interviennent lors des célébrations pour mieux cibler les casseurs sans disperser les fêtards pacifiques (75%)
  • Durcir les conditions de vente des mortiers d’artifices, souvent utilisés lors des débordements (73%)
  • Suspendre les aides sociales aux familles des enfants mineurs qui ont commis des actes de violence (72%)
  • Et dans une moindre mesure créer des fan zones officiellement organisées pour encadrer les rassemblements de supporters (64%)

Ces mesures font relativement consensus d’un point de vue politique, une nette majorité au sein de tous les électorats les jugent efficaces. A l’exception de la suspension des aides aux familles des auteurs de violences qui convainc moins les électeurs du NFP (55%, contre 77%-90% au sein des autres principaux électorats).

Interdire les rassemblements spontanés sur les grandes artères comme les Champs-Élysées divise l’opinion publique : 51% des Français jugent cette mesure pas efficace, contre 49% efficace.

Près d’1 Français sur 2 fait confiance à Marine Le Pen et à Jordan Bardella pour agir efficacement contre ces violences, ils devancent nettement les autres principales personnalités du pays

Pour agir efficacement contre ce type de débordements et violences :

  • Un peu moins d’1 Français sur 2 fait confiance à Marine Le Pen (47%) et à Jordan Bardella (46%).
  • 1 Français sur 3 fait confiance à Bruno Retailleau (33%), Gabriel Attal (30%), Eric Zemmour (30%) et Edouard Philippe (29%)
  • Un peu moins d’1 Français sur 4 à Sébastien Lecornu (23%), Emmanuel Macron (22%), Dominique de Villepin (22%), François Hollande (21%) et Laurent Nunez (20%)
  • Et moins d’1 Français sur 5 à Jean-Luc Mélenchon (18%), Raphaël Glucksmann (18%), François Ruffin (18%), Fabien Roussel (16%) et Marine Tondelier (14%)

D’un point de vue politique :

  • Les personnalités du Rassemblement National sont plébiscitées par leurs électeurs (plus de 90% de confiance) et bénéficient de la confiance de 6 électeurs de droite sur 10 et d’1 sur 3 d’Ensemble
  • Bruno Retailleau dispose de la confiance d’environ de 6 électeurs de droite sur 10 et d’1 sur 2 d’Ensemble et du RN
  • Gabriel Attal et Edouard Philippe ont la confiance de 2 électeurs d’Ensemble sur 3 et de près d’1 sur 2 de droite

Les personnalités de gauche n’obtiennent la confiance que d’une minorité d’électeurs du NFP (entre 35% et 47% selon la personnalité)

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Crédits image : @Maurício Mascaro, Pexels