La réforme du code du travail

52% des Français en faveur d’un aménagement sur quelques aspects seulement du code du travail, 40% pour une réforme en profondeur.

Si les Français sont quasi-unanimes sur leur volonté de modifier le code du travail (seuls 7% estiment qu’il faut le laisser en l’état), ils se divisent largement sur l’ampleur et les contours de cette modification.

La volonté d’une réforme en profondeur est en baisse de 4 points (40%) par rapport à la mesure réalisée il y a 3 mois*, alors que celle d’un aménagement sur quelques aspects progresse légèrement (+2, à 52%). La volonté d’un statut quo est quasiment stable (+1, à 7%).

Alors que les catégories sociales populaires (63%, +6) et moyennes (61%, +11) se prononcent en majorité pour un aménagement sur quelques aspects seulement, les cadres (52%, -6) et les retraités (56%, +3) sont quant à eux majoritairement en faveur d’une réforme en profondeur.

D’un point de vue politique, un clivage se dessine assez nettement : les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (67%, +5), ceux de Benoît Hamon (67%, +4) et de Marine Le Pen (55%, +6) se prononcent avant tout pour un aménagement sur quelques aspects seulement, alors que les électeurs d’Emmanuel Macron (59%, -1) et de François Fillon (70%, +1) sont une majorité à se prononcer pour une réforme en profondeur.

*Evolutions par rapport à l’enquête Elabe / les Echos / Radio Classique / Institut Montaigne réalisée les 23 et 24 mai 2017

60% des Français se disent inquiets de la volonté d’Emmanuel Macron et du gouvernement d’Edouard Philippe de réformer le droit du travail.

A la veille de la publication des ordonnances relatives au droit du travail, la proportion de Français « inquiets » est quasiment stable (-1) par rapport à l’enquête Elabe / BFMTV réalisée il y a deux mois (27 et 28 juin 2017).

A l’inverse, 25% se disent confiants, un score en baisse de 4 points, et 15% (+5) expriment de l’indifférence.

L’inquiétude est majoritaire et large auprès de l’ensemble des catégories de population, et notamment auprès des catégories sociales moyennes (66%, -1) et populaires (73%, +1). Les cadres font exception et sont 45% (+7) à exprimer leur confiance, contre 42% leur inquiétude (-15).

D’un point de vue politique, 62% (-5) des électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron se disent confiants. Déjà très partagés mais majoritairement confiants fin juin 2017, ce sentiment chute de 16 points auprès des électeurs de François Fillon (35%, -15), au détriment d’une hausse de l’inquiétude (49%, +6), dorénavant majoritaire, et de l’indifférence (16%, +9).

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Benoît Hamon et de Marine Le Pen expriment une inquiétude massive (respectivement 83%, 78% et 76%).

Malgré une dégradation générale de l’accueil des mesures évoquées, la fusion des institutions représentatives du personnel et le référendum d’entreprise gardent l’assentiment d’une majorité de Français ; la crispation autour du plafonnement des indemnités prud’homales se renforce.

Cette deuxième enquête marque une dégradation de l’accueil de l’opinion publique pour l’ensemble des mesures testées.

Deux d’entre elles gardent cependant un accueil favorable auprès d’une majorité malgré un certain effritement :

la possibilité pour l’employeur d’organiser un « référendum d’entreprise » en cas d’accord signé par des syndicats représentant entre 30% et 50% des salariés (61%, -3)

la fusion des institutions représentatives du personnel en une seule entité (60%, -5).

L’assouplissement de la réglementation du recours au CDD et à l’intérim par des accords de branches (51%, -4) et la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche (52%, -1) obtiennent une courte majorité d’avis favorables.

La généralisation des contrats de projet est la mesure qui subit la plus forte baisse, avec 44% d’avis favorables, contre 52% il y a deux mois. C’est auprès des employés et ouvriers que la baisse est la plus forte : respectivement -13 (à 34%) et -9 (à 31%).

Enfin, le plafonnement des indemnités prud’homales dues par l’employeur en cas de licenciement abusif reste majoritairement rejeté par les Français : 62% y sont opposés (+1) dont 29% « tout à fait opposé » (stable).

De manière générale, les cadres et les retraités se montrent les plus favorables, alors les catégories sociales moyennes et populaires sont les plus opposées à l’ensemble de ces mesures.

D’un point de vue politique, le clivage est assez net : les électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron et François Fillon se montrent les plus favorables à ces mesures (respectivement 68% à 83% et 63% à 77% d’avis favorables selon les mesures), hormis le plafonnement des indemnités prud’homales qui ne recueille « que » 48% (-9) chez les électeurs d’Emmanuel Macron et 52% (+4) chez ceux de François Fillon. A noter qu’auprès des électeurs de 2nd tour d’Emmanuel Macron, cette mesure n’obtient plus de majorité et est rejeté par 56% d’entre eux.

Les électeurs de Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont quant à eux largement opposés à ces mesures (51% à 80% d’opposition selon les mesures et l’électorat), hormis le référendum d’entreprise et la fusion des instances représentatives qui divisent ces électorats.

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