Les Français et l’élection présidentielle 2022

63% (+2 en 2 jours) des inscrits se disent tout à fait certains de se rendre aux urnes en avril 2022 et 15% (+1) l’envisagent sérieusement

A partir d’une échelle allant de 0 à 10 (où 0 signifie être tout à fait certain de ne pas aller voter et 10 être tout à fait certain d’aller voter, les notes intermédiaires permettant aux sondés de nuancer leur intention), 63% (+2 par rapport au 30 mars) des inscrits se disent tout à fait certain d’aller voter (note 10), et 15% (+1) l’envisagent sérieusement (note 9).

L’intention d’aller voter (notes 9-10) progresse pour la deuxième fois auprès des populations qui, traditionnellement, se mobilisent le moins – 18-24 ans (71%, +3 en deux jours, +9 en dix jours), 25-34 ans (74%, +5 en deux jours, +8 en dix jours), 35-49 ans (75%, +7 en deux jours) et catégories populaires (73%, +8 en deux jours, +9 en dix jours) – réduisant ainsi l’écart avec les 50-64 ans (77%), 65 ans et plus (84%) et cadres et professions intermédiaires (81%).

Au 1er tour, E. Macron reste nettement en tête des intentions de vote exprimées (28.5%, +0.5). M. Le Pen est toujours dans une dynamique positive (22%, +1), alors que J.-L. Mélenchon marque le pas (15%, -0.5). E. Zemmour (9.5%, -1) et V. Pécresse (8.5%, -1) sont en recul et distancés

Emmanuel Macron est crédité de 28.5% des intentions de votes exprimées, après une baisse de 6 points entre le 8 et le 21 mars, il connait un léger rebond (+0.5 en 2 jours, +1 en 10 jours). Le Président sortant disposerait d’un soutien très solide de ses propres électeurs de 2017 (74% voteraient à nouveau pour lui, -7 en 2 jours, mais +1 en 10 jours) et du soutien de 30% des électeurs de François Fillon (+6 en 2 jours au détriment de Valérie Pécresse) et 23% (+6) de Benoît Hamon. Il arriverait nettement en tête chez les 65 ans et plus (37%) et chez les cadres (32%).

Marine Le Pen poursuit sa dynamique positive (22%, +1 en 2 jours, +2 en 10 jours)

Le socle électoral de Marine Le Pen continue de se reconstituer progressivement : 74% (+6 en 2 jours au détriment d’Éric Zemmour) de ses électeurs de 2017 voteraient à nouveau pour elle. La candidate RN bénéficierait également du soutien d’1 électeur sur 10 de François Fillon. Elle arriverait nettement en tête au sein des catégories populaires (38%).

Jean-Luc Mélenchon est crédité de 15% des voix, après avoir connu une hausse constante entre le 26 janvier et le 30 mars (de 9% à 15,5%, soit +6,5 points), cette dynamique marque le pas (-0.5 en 2 jours). Le candidat Insoumis recule légèrement dans son électorat de 2017 (60%, -4).

Eric Zemmour (9.5%, -1) et Valérie Pécresse (8.5%, -1) poursuivent leur dynamique négative

Le candidat Reconquête pâtit d’un soutien en baisse des électeurs de 2017 de François Fillon (17%, -2) et de Marine Le Pen (14%, -7).

Valérie Pécresse recule au sein des électeurs de François Fillon (31%, -11 au profit pour la plupart d’Emmanuel Macron).

On mesure une fragilisation des électorats de ces deux candidats : respectivement 76% (-7) et 67% (-9) d’entre eux se disent sûrs de leur choix

Yannick Jadot (4.5%, +0.5) et Fabien Roussel (3.5%, +1) progressent.

Les autres candidats sont crédités de moins de 3% des voix exprimées.

73% des électeurs se disent sûrs de leur choix

A ce jour, 73% (-2 en 2 jours) des électeurs qui ont l’intention d’aller voter (notes 9 à 10) se disent certains de leur choix. A l’inverse, 27% (+2) d’entre eux pourraient changer d’avis d’ici à l’élection, des chiffres relativement stables en deux jours.

86% des électeurs qui ont l’intention de voter pour Emmanuel Macron se disent sûrs de leur choix, 83% Marine Le Pen, 79% Jean-Luc Mélenchon, 76% Eric Zemmour et 67% Valérie Pécresse.

Au 2nd tour, Emmanuel Macron (53%, +0.5) devancerait Marine Le Pen (47%, -0.5) dans les intentions de vote

Compte-tenu des résultats mesurés au 1er tour et des marges d’erreur (cf. slide 29), la configurations E. Macron / M. Le Pen est aujourd’hui la seule hypothèse plausible.

Emmanuel Macron bénéficierait de bons reports de voix des électeurs potentiels de 1er tour de Yannick Jadot (52%, et 36% s’abstiendraient) et de Valérie Pécresse (52%, contre 28% Marine Le Pen et 20% abstention).

Marine Le Pen disposerait du soutien des potentiels électeurs d’Éric Zemmour (79%).

Dans cette configuration, les électeurs potentiels de Jean-Luc Mélenchon seraient à ce jour divisés : la moitié s’abstiendrait, un quart voterait pour Marine Le Pen et un quart pour Emmanuel Macron.

Une majorité de Français fait toujours le pronostic d’une réélection d’Emmanuel Macron (57%)
Mais une victoire de Marine Le Pen gagne en crédibilité en 10 jours (20%, +7)

A ce jour, 57% (-7 par rapport au 21 mars) des Français font le pronostic d’une réélection d’Emmanuel Macron en avril prochain.

2 Français sur 10 anticipent la victoire de Marine Le Pen, une proportion nette hausse en 10 jours (20%, +7), et 1 sur 10 de Jean-Luc Mélenchon (10%, +2).

4% (-1) font le pronostic d’une victoire d’Éric Zemmour et 3% (-1) Valérie Pécresse. Les autres candidats sont cités par moins de 3% des Français.

 Les électeurs qui ont l’intention de voter pour Marine Le Pen croient de plus en plus à une victoire de leur championne (74%, +20) et de moins en moins à une réélection d’Emmanuel Macron (23%, -18).

Dans une moindre mesure, les potentiels électeurs de Jean-Luc Mélenchon connaissent le même phénomène pour leur candidat (56%, +10 J.-L. Mélenchon / 34%, -9 E. Macron).

La victoire d’Emmanuel Macron demeure le pronostic d’une majorité de potentiels électeurs d’Emmanuel Macron (97%) et de Valérie Pécresse (58%, stable / contre 30%, -5 victoire de leur candidate). Ceux d’Éric Zemmour sont divisés (42% leur candidat / 42% E. Macron).

Aux yeux des Français, Marine Le Pen (25%), Emmanuel Macron (20%) et Jean-Luc Mélenchon (20%) sont les candidats qui ont réalisé la meilleure campagne

Derrière ce trio de tête, les Français citent Eric Zemmour (10%), Fabien Roussel (6%), Valérie Pécresse (5%) et Jean Lassalle (4%). Les autres candidats sont cités par moins de 3% des Français.

Les potentiels électeurs de Marine Le Pen (81% d’entre eux citent leur candidate), Jean-Luc Mélenchon (77%) et Eric Zemmour (76%) considèrent que leur candidat respectif est celui ou celle qui a fait la meilleur campagne.

En comparaison, les potentiels électeurs d’Emmanuel Macron (55%) sont moins nombreux à citer leur candidat, c’est également le cas pour Valérie Pécresse (44%).

Le pouvoir d’achat (55%) reste de loin le thème qui comptera le plus dans le choix des électeurs à la présidentielle

Le pouvoir d’achat est à ce jour le thème qui comptera le plus dans le choix des personnes inscrites sur les listes électorales à l’élection présidentielle de 2022 (cité par 55%, 3 réponses possibles parmi 17 items, -2 points depuis le 16 mars). Il devance très nettement la santé (27%, -1), la sécurité (26%, +2), les retraites (24%, =), l’immigration (22%, +3) et l’environnement/l’écologie (20%, -2), l’emploi (17%, +1), les inégalités/injustices sociales (17%, +2) et l’éducation (16%, +1).

Près d’1 Français sur 10 cite la guerre en Ukraine en forte baisse (12%, -3) au profit de la place de la France dans le monde (9%, +4), et également la fiscalité (11%, =), la protection sociale (11%, =), la menace terroriste (9%, -1), la dette publique (7%, -3), les inégalités hommes-femmes (5%, -1) et le logement (4%, -1).

Le pouvoir d’achat est un enjeu important pour les électeurs potentiels des principaux candidats. A contrario, il existe des différences notables concernant les autres thèmes. Voici les 3 thèmes les plus cités par électorat potentiel :

  • Jean-Luc Mélenchon : pouvoir d’achat (55%), inégalités/injustices sociales (39%), l’environnement/l’écologie (32%)
  • Emmanuel Macron : pouvoir d’achat (51%), santé (32%), les retraites (25%, à égalité avec la guerre en Ukraine 25%). A noter que la place de la France dans le monde progresse dans cet électorat (17%, +6)
  • Valérie Pécresse : pouvoir d’achat (60%), la sécurité (39%) et les retraites (29%)
  • Marine Le Pen : pouvoir d’achat (63%), immigration (45%), sécurité (37%)
  • Eric Zemmour : immigration (67%), sécurité (43%), pouvoir d’achat (43%). La place de la France dans le monde progresse dans cet électorat (14%, +6)

Le projet du candidat est ce qui comptera le plus dans le choix des électeurs

Invités à sélectionner dans une liste (2 réponses possibles parmi 7 items) ce qui comptera le plus pour choisir leur candidat au 1er tour, les Français inscrits sur les listes électorales citent d’abord son projet dans son ensemble (56%) nettement devant sa capacité à gérer les crises (32%), sa personnalité (29%), une ou deux mesures qui les ont marqué en particulier (14%), ses chances d’être élu Président(e) de la République (14%) et sa capacité à avoir une majorité à l’Assemblée nationale (6%).

Les personnes qui ont l’intention au 1er tour de voter pour Eric Zemmour (70%), Marine Le Pen (68%) et Jean-Luc Mélenchon (67%) sont particulièrement nombreux à citer le projet dans son ensemble.
A contrario, le critère le plus important pour les potentiels électeurs d’Emmanuel Macron est sa capacité à gérer des crises (68%, et 38% le projet dans son ensemble).

Télécharger le rapport : Les Français et l’élection présidentielle 2022

Crédits image : Flickr / Steve Shupe

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ELABE rappelle que les résultats de ce sondage doivent être interprétés comme une indication de l’état du rapport de force politique actuel en France métropolitaine dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022. Ils ne constituent en aucun cas un élément prédictif des résultats le jour du vote.

La notice de ce sondage peut être consultée sur le site internet de la Commission des sondages : www.commission-des-sondages.fr

Toute publication ou toute reprise de ce sondage doit faire figurer la méthodologie et les marges d’erreurs :

« Echantillon de 1 472 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1 377 inscrits sur les listes électorales. Interrogation par Internet du 31 mars au 1er avril 2022.

La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région de résidence et catégorie d’agglomération.

Pour les questions d’intention de vote, seules les personnes inscrites sur les listes électorales et ayant l’intention d’aller voter sont prises en compte.

Pour les questions d’opinion, l’ensemble de l’échantillon est pris en compte

Marge d’erreur comprise entre 1,1 et 3,1 points de pourcentage. »