Politique sociale : la promesse du « en même temps » n’est pas tenue pour une majorité de Français

Libérer et protéger : la promesse du « en même temps » n’est pas tenue pour une majorité de Français

Lors de son annonce de candidature le 16 novembre 2016, Emmanuel Macron déclarait : « Je veux libérer l’énergie de ceux qui peuvent. Et protéger vraiment les plus faibles, avec des nouvelles protections individuelles ».

Cependant, la promesse du « en même temps » apparait largement déçue aux yeux de l’opinion publique.

54% des Français estiment que l’action menée par Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat n’est ni dans le but de « libérer l’énergie de ceux qui peuvent» ni dans le but de « protéger les plus faibles » (+2 points par rapport au 9 avril 2018).

29% (+3) estiment que son action penche plutôt dans le but « de libérer l’énergie de ceux qui peuvent ».

Seulement 12% (-4) estiment que la promesse du en « même temps » (« libérer l’énergie de ceux qui peuvent » autant que « protéger les plus faibles ») est tenue à date.

Enfin, 5% des Français (-1) estiment que l’action menée est plutôt dans le but de « protéger les plus faibles ».

Dans le détail, la majorité (absolue ou relative) de chaque catégorie de population partage le constat d’un échec du « en même temps ». Ce sentiment est même en hausse significative auprès des personnes âgées de 35 à 49 ans (62%, +7), de 25 à 34 ans (57%, +9), et des cadres (51%, +7).

En revanche, le constat d’une politique menée plutôt dans le but « de libérer l’énergie de ceux qui peuvent » est en hausse (32%, +12) auprès des jeunes âgés de 18 à 24 ans.

D’un point de vue politique, la majorité des électeurs de Marine le Pen (65%, -10), de Jean-Luc Mélenchon (59%, +2), de François Fillon (51%, +6) et des abstentionnistes (67%, +4) considère que la politique menée n’est ni dans le but de libérer ni dans le but de protéger.

Les électeurs d’Emmanuel Macron sont plus partagés, mais font de plus en plus le constat que la promesse du « en même temps » n’est pas atteinte : 38% (-4) considèrent que la politique menée est plutôt dans le but de libérer, 29% (+10) qu’elle n’est ni dans le but de libérer ni dans le but de protéger.

« Seuls » 27% (-4) estiment qu’elle est autant dans le but de protéger que de libérer. 6% (-2) considèrent qu’elle est dans le but de protéger les plus faibles.

*En avril, les items de réponses étaient rédigés comme ceci : « plutôt dans le but de libérer », « plutôt dans le but de protéger », « autant dans le but de « libérer » que de « protéger », « ni l’un ni l’autre ».

Santé et pauvreté : les Français ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement sur ces deux chantiers à  venir

79% des Français ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement d’Edouard Philippe pour améliorer la situation des personnes les plus pauvres (dont 47% pas du tout confiance). Ce taux est quasiment aussi élevé concernant l’amélioration du système de santé :  72% (dont 36% pas du tout confiance).

L’ensemble des catégories de population se montrent très largement défiantes à l’égard du Président de la République et du gouvernement pour améliorer la situations des personnes les plus pauvres et pour améliorer le système de santé.

D’un point de vue politique, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se montrent très majoritairement défiants au sujet de la pauvreté (respectivement 90% et 91%) et de la santé (respectivement 86% et 86%).

S’ils sont moins catégoriques, les électeurs de François Fillon restent eux aussi majoritairement défiants envers l’exécutif sur ces deux chantiers (72% pour la pauvreté et 65% pour le système de santé).

Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, le doute est relativement important : seuls 49% lui font confiance pour améliorer la situation des personnes les plus pauvres. Sur le sujet de la santé, 65% lui accordent leur confiance.

 

Plus de 3 Français sur 4 estiment que la politique menée est plutôt en faveur des plus aisés

76% des Français considèrent que la politique menée par Emmanuel Macron et le gouvernement est plutôt en faveur des plus aisés (+9 par rapport au 13 avril 2018). Seuls 10% (-10) estiment qu’elle est en faveur de toutes les catégorie de population.

Enfin, 7% (+1) estiment qu’elle est plutôt en faveur des classes moyennes et 6% (stable) des classes les moins aisées.

Ce sentiment d’une politique dirigée avant tout vers les classes les plus aisées est très fort au sein des différentes classes sociales.

Il est même en nette hausse auprès des cadres (75%, +8) et des classes moyennes (77%, +11).

D’un point de vue politique, une très large majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (90%, +6), de Marine le Pen (88%,+6) et des abstentionnistes (84% ,+13) considèrent que la politique menée est plutôt en faveur des plus aisés.

Près de deux électeurs de François Fillon sur trois partagent également ce constat, une proportion en hausse sensible : 65% (+11) estiment que la politique menée est plutôt en faveur des plus aisés, 12% (-20) qu’elle est en faveur de toutes les catégories.

Enfin, une majorité des électeurs d’Emmanuel Macron (57%, +11) considère que la politique menée est plutôt en faveur des populations les plus aisées et 23% (-18) qu’elle est en faveur de toutes les catégories de population.

 

Télécharger ici : La politique sociale du gouvernement