Le président de la République progresse de 3 points
Dans un contexte marqué par l’accroissement des tensions internationales, Emmanuel Macron enregistre une progression notable. 19% des Français interrogés par Elabe pour Les Échos déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays, soit une progression de 3 points en un mois. Il s’agit de sa meilleure mesure depuis la période estivale (21% en août 2025). La défiance recule dans des proportions similaires : 75% des Français (-4 points) déclarent ne pas lui faire confiance, dont 50% « pas du tout » confiance (-4 points). Ce dernier indicateur demeure à un niveau élevé, mais marque une baisse de 9 points par rapport au pic d’octobre.
Sur le plan politique, cette amélioration ne se traduit pas par un rebond au sein de son propre camp : 48% (stable) de ses électeurs de premier tour et 33% (+1 point) de ceux du second tour lui accordent leur confiance. Elle ne se vérifie pas davantage dans les principaux électorats d’opposition, où seuls 9% (+2 points) des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 6% (+2 points) de ceux de Marine Le Pen lui font confiance. En revanche, les abstentionnistes sont un peu plus nombreux à avoir une bonne appréciation de son action future (17%, +5 points).
D’un point de vue socio-professionnel, le président de la République progresse légèrement auprès des cadres (22%, +4 points), des catégories populaires (17%, +3 points) et des retraités (19%, +2 points). La confiance reste stable parmi les professions intermédiaires (17%). En termes d’âge, la confiance tombe à son plus bas niveau auprès des 25-34 ans (13%, -5 points), tandis qu’elle remonte fortement auprès des 50-64 ans (22%, +10 points).
Malgré l’adoption du budget, le Premier ministre recule de 3 points
Sébastien Lecornu semble pâtir de l’utilisation du 49.3 pour faire adopter le budget et enregistre un recul de 3 points de sa cote de confiance, effaçant quasiment la hausse enregistrée en début d’année : 21% des Français déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes du pays. Depuis son arrivée à Matignon, et contrairement à ses prédécesseurs, l’évolution de sa courbe de confiance apparaît décorrélée de celle du chef de l’État. En parallèle, la défiance progresse d’autant : 66% des Français (+3 points) déclarent ne pas lui faire confiance, dont 36% (+3 points) « pas du tout » confiance.
Sur le plan politique, Sébastien Lecornu conserve la confiance des électeurs de premier tour d’Emmanuel Macron (58%, -2 points), mais recule de 6 points auprès de ses électeurs de second tour (40%). Cette confiance demeure limitée, à des niveaux proches de ceux enregistrés par le chef de l’État, auprès des électeurs d’opposition : 8% (-5 points) des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 8% (-6 points) de ceux de Marine Le Pen et 15% (-3 points) des abstentionnistes lui font confiance.
D’un point de vue socio-professionnel, le Premier ministre recule fortement auprès des cadres (20%, -7 points et -12 points en trois mois), mais aussi, dans une moindre mesure, auprès des catégories populaires (15%, -4 points) et des retraités (29%, -4 points), ces derniers restant néanmoins la catégorie la plus favorable. Il demeure quasi stable, et ce depuis son arrivée à Matignon, auprès des professions intermédiaires (22%, +1 point).
Jordan Bardella garde une longueur d’avance sur les autres personnalités politiques
Jordan Bardella recule d’un point mais conserve sa première place : 38% des Français ont une bonne image de lui. Il maintient son avance sur Marine Le Pen (33%, -1 point). Gabriel Attal progresse d’un point (32%) et reprend la troisième place à Édouard Philippe qui, à 32% également, parvient à stopper l’érosion continue de son image. Marion Maréchal gagne une place grâce à une progression de 2 points (29%), au détriment de Gérald Darmanin qui recule d’autant (28%). Bruno Retailleau demeure stable à 26%.
Un peu plus loin, Fabien Roussel (23%, +4 points) et François Ruffin (22%, +3 points) enregistrent les plus fortes progressions du mois. Ce sont les premières personnalités de gauche de ce classement. Derrière les deux anciens présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ex æquo à 22%, on retrouve Raphaël Glucksmann (22%, -1 point) et Éric Ciotti (21%, -1 point). En lice pour la mairie de Paris, Sarah Knafo progresse de 3 points et atteint 20%. À 19% (stable), Rachida Dati se situe juste derrière la candidate Reconquête. Toutes deux obtiennent 30% d’image positive dans l’agglomération parisienne.
Auprès des électeurs de gauche, deux dynamiques opposées se font jour. Les partisans d’une ligne plus dure à l’égard de Sébastien Lecornu progressent : François Ruffin prend la tête du classement (54%, +9 points), devant Fabien Roussel (51%, +8 points) et Jean-Luc Mélenchon (43%, +5 points) – qui remonte de la cinquième à la troisième place. Plus loin, Clémentine Autain se classe septième (34%, +1 point depuis novembre). À l’inverse, les tenants de la non-censure reculent : Raphaël Glucksmann arrive quatrième à 36% (-3 points), François Hollande (35%) perd 10 points et Olivier Faure 9 points (27%).
Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal progresse de 5 points (70%) et retrouve quasiment son niveau de septembre 2025 (72%). Il creuse l’écart avec Édouard Philippe (63%, -2 points), qui obtient l’un de ses plus bas niveaux auprès de cette cible électorale. Gérald Darmanin (59%, -1 point) complète le podium. Suivent Bernard Cazeneuve (50%, +5 points) – première personnalité n’appartenant pas au camp présidentiel – Laurent Nuñez (48%, soit 9 points de plus qu’en décembre), Yaël Braun-Pivet (43%, +9 points) et Bruno Retailleau (41%, +5 points). François Hollande recule de 6 points (25%) et Gérard Larcher de 8 points (22%).
Auprès des électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, Jordan Bardella progresse de 2 points (90%) tandis que Marine Le Pen reste stable (85%). Il s’agit du plus grand écart mesuré en faveur du président du parti. Marion Maréchal (70%, -1 point), Éric Ciotti (51%, -1 point), Éric Zemmour (46%, -3 points) et Sarah Knafo (42%, +2 points) complètent le classement. Bruno Retailleau (35%, -12 points) et Gérald Darmanin (29%, -10 points) enregistrent des reculs notables auprès de cette cible électorale.
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Télécharger le rapport : L’Observatoire politique – Février 2026