Le Conseil Objectivé

Les Français et l’emploi des jeunes

6 Français sur 10 ont le sentiment qu’il est plus difficile pour les jeunes de trouver un emploi stable aujourd’hui par rapport aux générations précédentes

62% des Français estiment qu’il est aujourd’hui plus difficile pour les jeunes de trouver un emploi stable en France par rapport aux générations précédentes, dont 32% beaucoup plus difficile et 30% un peu plus difficile. A l’inverse, seulement 9% jugent que c’est plus facile qu’auparavant, dont 3% beaucoup plus facile et 6% un peu plus facile. 29% estiment que la situation n’est ni plus facile ni plus difficile pour les jeunes, comparativement aux générations précédentes.

Cette opinion est majoritaire dans toutes les catégories de population, et est particulièrement exprimée par les 65 ans et plus (70%). Toutefois, il est intéressant d’observer que les 18-24 ans sont plus nombreux à déclarer que c’est plus facile aujourd’hui qu’auparavant (16%) et les 25-34 ans que ce n’est ni plus facile ni plus difficile (36%).
A noter que malgré la densité et le dynamisme du bassin de l’emploi francilien, les habitants de la région parisienne ne se révèlent pas plus optimistes quant à l’emploi des jeunes (12% plus facile, 25% ni l’un ni l’autre, 63% plus difficile).
Politiquement, ce sentiment qu’il est plus difficile pour un jeune de trouver emploi stable aujourd’hui par rapport aux générations précédentes est partagé par une majorité d’électeurs aux élections législatives de 2024 (54% Ensemble, 66% RN, 66% LR/DVD/UDI et 69% NFP).

Les 3 mesures les plus efficaces pour améliorer l’emploi des jeunes : l’apprentissage, l’adaptation des formations aux besoins réels des entreprises et l’amélioration de l’orientation scolaire

Les 3 mesures jugées les plus efficaces pour améliorer l’emploi des jeunes (parmi une liste de 10) concernent la formation et l’orientation des jeunes :

  • Développer massivement l’apprentissage et l’alternance (50% des Français jugent cette mesure efficace) – notamment les 65 ans et plus (68%).
  • Adapter les formations aux besoins réels des entreprises (43%)
  • Améliorer l’orientation scolaire dès le collège (39%)

Faciliter la mobilité géographique des jeunes (28%) et augmenter les aides financières ou exonérer de charges les entreprises qui embauchent des jeunes (27%) sont des mesures jugées efficaces par près de 3 Français sur 10. S’ensuivent des mesures qui concernent le droit du travail : interdire les stages non rémunérés (26%), assouplir le droit du travail pour faciliter l’embauche des jeunes (24%) et limiter le recours aux CDD pour les jeunes (21%).
En fin de classement, les mesures jugées efficaces par moins d’1 Français sur 5 sont : renforcer l’accompagnement personnalisé (17%) et développer l’entrepreneuriat chez les jeunes (14%).

Les jeunes ne jugent pas de mesures plus efficaces parmi les 10 proposées.
Les Français qui bouclent leurs fins de mois en se restreignant jugent davantage les mesures suivantes efficaces : faciliter la mobilité géographique des jeunes (33%) et interdire les stages non rémunérés (31%).
Le trio de tête fait consensus dans l’ensemble des électorats.

2 Français sur 3 jugent que la proposition du Medef est inefficace pour lutter contre le chômage des jeunes

Pour faciliter l’embauche des jeunes, le Medef a récemment proposé de créer un CDI jeunes pouvant être rompu sans motif pendant les premières années, avec une indemnisation croissante selon l’ancienneté en cas de rupture, et une rémunération inférieure au SMIC. Interrogés sur cette proposition, 68% des Français pensent qu’elle ne serait pas efficace pour améliorer l’emploi des jeunes, dont 30% pas du tout efficace et 38% pas vraiment.
Inversement, 1 Français sur 3 estiment que la création d’un CDI jeunes serait efficace, dont 4% très efficace et 28% plutôt efficace.

Les jeunes apparaissent plus partagés : 49% des 18-24 ans jugent la proposition efficace et 51% inefficace, dans un contexte où l’accès des jeunes à l’emploi est un enjeu majeur, leur taux de chômage (18,8%) étant plus élevé que la moyenne nationale (7,7%) et la moyenne des jeunes européens (14%).

Bien que minoritaires, les habitants de la région parisienne pensent davantage que cette mesure serait efficace pour faciliter l’embauche des jeunes (41%).

La proposition est majoritairement rejetée par l’ensemble des électorats.

Et qu’elle risque plutôt d’augmenter la précarité des jeunes que de faciliter leur accès à l’emploi

66% des Français déclarent que la proposition du Medef constitue avant tout un risque d’augmenter la précarité des jeunes en permettant une rémunération plus faible et des ruptures de contrat facilitées. A contrario, un tiers estime que cette proposition constitue avant tout un moyen de faciliter l’accès des jeunes à l’emploi, en réduisant les freins à l’embauche pour les entreprises et en encourageant les entreprises à recruter en CDI (33%).

Les 18-24 ans perçoivent davantage l’intérêt de la proposition du Medef pour lutter contre le chômage des jeunes (45%), bien qu’une courte majorité identifie avant tout le risque d’augmenter la précarité (55%).

Les cadres (78%) et les professions intermédiaires (75%) appréhendent davantage le risque de précarité pour les jeunes.

Politiquement, l’opinion que la proposition du Medef constitue avant tout un risque d’augmenter la précarité des jeunes est majoritaire au sein de tous les électorats (77% NFP, 67% Ensemble, 62% RN et 58% LR).

______________________

Télécharger le rapport : Les Français et l’emploi des jeunes

Crédit image : Ivan S from Pexels