L’image d’Emmanuel Macron se dégrade fortement depuis mars

L’image d’Emmanuel Macron se dégrade fortement depuis mars

Dans notre enquête du 8 mars 2022 réalisée deux semaines après le début de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron avait connu une nette amélioration de son image bénéficiant d’un « effet drapeau ». Mais, 4 mois plus tard, après l’Ukraine et au lendemain de la séquence électorale, Emmanuel Macron n’est pas parvenu à pérenniser ces gains, il est perçu comme une personnalité plus autoritaire (73%, +7), arrogante (70%, +7), inquiétante (58%, +11), et moins courageuse (55%, -6), sympathique (41%, -7) et sincère (32%, -8).

Si ses points forts restent son dynamisme (69%, stable) et sa façon de bien représenter la France à l’étranger (59%), plusieurs autres traits d’image en lien avec son statut de leader politique et de chef de l’Etat se détériorent : compétent (48%, -7), veut vraiment changer les choses (44%, -5), capable de réformer le pays (41%, -9), respecte ses engagements (36%), proche de mes préoccupations (29%, -5) et capable de rassembler les Français (24%, -11).

Une lecture sur le long terme confirme globalement la dégradation de l’image du Président :

  • Après un pic début 2019, Emmanuel Macron avait réussi à atténuer la perception d’une personnalité arrogante. Mais cette perception repart à la hausse depuis début 2021
  • Sur sa capacité à rassembler, sa sympathie et « il vous inquiète », Emmanuel Macron avait très vite perdu son capital au début du 1er mandat, mais était parvenu ensuite à regagner du terrain. Mais il a, en 4 mois, tout reperdu
  • Sur la capacité à réformer le pays, Emmanuel Macron retrouve son niveau pré-Ukraine

En 4 mois, l’image d’Emmanuel Macron se dégrade au sein de toutes les catégories de population et segments politiques, y compris dans son propre camp. A titre d’exemple, 60% des sympathisants Renaissance/alliés (-22) le jugent capable de rassembler les Français ; 65% (+15) des sympathisants de gauche et 82% (+12) des sympathisants RN/Reconquête le jugent inquiétant.

Malgré cette dynamique négative, l’image d’Emmanuel Macron demeure à ce jour excellente dans son électorat du 1er tour de la Présidentielle (94% compétent, 89% capable de réformer le pays). Dans un contexte de forte polarisation de la vie politique, son image est à l’inverse très mauvaise auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (81% il vous inquiète, seuls 9% capable de rassembler les Français) et de Marine Le Pen (89% arrogant, seuls 12% proche de mes préoccupations). A noter toutefois que respectivement 64% et 50% d’entre eux lui accordent un certain dynamisme.

L’action d’Emmanuel Macron est jugée décevante par près d’1 Français sur 2

5 ans après sa première élection et près de 3 mois après sa réélection, 48% (-4 par rapport au 13 octobre 2021) des Français jugent l’action d’Emmanuel Macron en tant que président de la République décevante. A l’inverse 12% (-10) la trouvent satisfaisante. En ce début de nouveau quinquennat, 40% (+14) estiment cependant qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.

D’un point de vue politique, selon le vote au 1er tour de l’élection présidentielle :

  • Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (71% décevante) et de Marine Le Pen (70%) portent un jugement critique sur l’action du chef de l’Etat
  • Plus d’1 électeur sur 2 d’Emmanuel Macron estime qu’en ce début de nouveau mandat il est encore trop tôt pour se prononcer (56%) et 39% la jugent satisfaisante (seuls 5% décevante).
  • Les abstentionnistes sont partagés entre attentisme (49%) et déception (47%)

Les Français qui doivent se restreindre pour boucler leurs fins de mois (57% décevante) et les catégories populaires (54% décevante) ont un point de vue particulièrement négatif sur l’action d’Emmanuel Macron. A contrario, les Français quoi bouclent leurs fois de mois sans se restreindre (45% trop tôt, 40% décevante), les cadres/professions intermédiaires (43% et 42%) et les habitants de l’agglomération parisienne (50% et 39%) sont plus partagés entre attentisme et déception. Dans l’ensemble des catégorie de population, la part de satisfaits ne dépasse pas les 16%.

La perception d’une politique menée en faveur des plus aisés s’estompe légèrement mais reste majoritaire

55% (-4 points par rapport au 13 octobre 2021) des Français considèrent que la politique menée par Emmanuel Macron et le gouvernement est plutôt en faveur des plus aisés. Cette proportion baisse légèrement et de manière constante depuis le début du 1er quinquennat : 67% en avril 2018, 61% février 2021, 59% octobre 2021, 55% aujourd’hui.

18% considèrent que la politique de l’exécutif est plutôt en faveur des moins aisés, une perception en forte hausse de 7 points depuis octobre 2021, 13% (+1) en faveur des classes moyennes et 13% (-4) en faveur de toutes les catégories de population.

En 9 mois, ces dynamiques (baisse politique en faveur des plus aisés / hausse en faveur des plus modestes) s’observent tant chez les Français qui bouclent leurs fins de mois sans se restreindre (48%, -4 ; 22%, +9) que chez les Français qui parviennent à boucler leurs fins de mois en se restreignant (58%, -13 ; 16%, +8). Cette dynamique est en revanche inverse chez les Français les plus précaires qui doivent puiser dans leurs réserves ou emprunter de l’argent pour boucler leurs fins de mois (74%, +5 en faveur des plus aisés ; 9%, -1 en faveur des moins aisés).

A ce jour, les électeurs d’Emmanuel Macron sont très partagés : 30% en faveur de toutes les catégories, 27% des classes moyennes, 24% des moins aisés et 17% des plus aisés.

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (83%) et dans une moindre mesure de Marine Le Pen (64%) et les abstentionnistes (57%) considèrent majoritairement que la politique de l’exécutif est avant tout menée en faveur des plus aisés.

Les Français de plus en plus convaincus (74%, +6) qu’Emmanuel Macron ne changera pas de style et de méthode pour son 2ème quinquennat

Par rapport à son premier mandat, 74% (+6 par rapport au 27 avril 2022) pensent qu’Emmanuel Macron ne va pas changer de style et de méthode pour son 2ème quinquennat. A l’inverse, 24% (-7) pensent qu’il changera de style et de méthode.

Le sentiment qu’Emmanuel Macron ne fera pas évoluer son style et sa méthode progresse et est largement majoritaire dans toutes les catégories de population.

D’un point de vue politique, cette opinion progresse fortement au sein de ses propres électeurs de 1er tour à la Présidentielle (43% ne va pas changer, +21) et dans une moindre chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (89%, +11).

A ce jour, et malgré cette forte baisse, une majorité d’électeurs d’Emmanuel Macron continue de penser qu’il changera de style et de méthode (56%). Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen et les abstentionnistes ne partagent pas cet avis (89%-89%-72%).

48% des Français estiment que le positionnement politique de l’exécutif est plutôt au centre, 38% à plutôt à droite

D’après les récentes prises de parole d’Emmanuel Macron, du gouvernement et notamment du discours de politique générale prononcé la semaine dernière par Elisabeth Borne devant l’Assemblée Nationale, 48% des Français considèrent que l’orientation politique de l’exécutif est plutôt au centre, 38% à droite et 12% à gauche.

Par rapport au 1er quinquennat (enquête ELABE/BFMTV du 5 juillet 2017), la politique de l’exécutif est perçue comme étant un peu moins au centre (48% vs. 54% en 2017) et un peu plus à droite (38% vs. 32% en 2017).

Pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, la politique de l’exécutif est plutôt de droite (57%, et 30% au centre) pour ceux d’Emmanuel Macron plutôt au centre (70%, et 20% droite). Les électeurs de Marine Le Pen (44% centre, 38% droite) et les abstentionnistes (46% et 42%) sont partagés entre un positionnement au centre et à droite.

Le pouvoir d’achat, priorité n°1 du second mandat d’Emmanuel Macron

Pour les Français, le pouvoir d’achat doit être la priorité d’action d’Emmanuel Macron pour son second mandat (cité par 61%, 3 réponses possibles parmi 17 items), nettement devant la santé (32%) et l’environnement/l’écologie (25%).

Près d’1 Français sur 5 cite la sécurité (21%), les retraites, (21%), les inégalités/les injustices sociales (20%), l’emploi (19%) et l’immigration (17%).

Les autres thèmes cités sont l’éducation (14%), la dette publique (12%), la fiscalité (11%), la guerre en Ukraine (10%), la menace terroriste (9%), la protection sociale (8%), la place de la France dans le monde (5%), le logement (5%) et les inégalités hommes-femmes (4%).

En comparaison avec notre enquête réalisée à la moitié du 1er mandat (29 octobre 2019), le pouvoir d’achat (61% vs 36% en 2019) et dans une moindre mesure la santé (32% vs 19% en 2019) ont fortement gagné en importance.

Le pouvoir d’achat est l’enjeu prioritaire au sein de toutes les catégories de population et électorats, il est particulièrement cité par les 35-49 ans (70%), les catégories populaires (68%) et, politiquement, par les électeurs de Marine Le Pen (72%).

D’un point de vue politique, les priorités d’action sont :

  • Pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon le pouvoir d’achat (68%), l’environnement/l’écologie (41%), la santé (33%) et les inégalités/injustices sociales (30%)
  • Pour les électeurs d’Emmanuel Macron le pouvoir d’achat (61%), la santé (41%), l’environnement/l’écologie (25%) et les retraites (24%)
  • Pour ceux de Marine Le Pen : pouvoir d’achat (72%), immigration (44%) et la sécurité (32%)
  • Enfin, les enjeux prioritaires pour les abstentionnistes sont le pouvoir d’achat (59%), la santé (35%), les retraites (27%) et l’environnement/l’écologie (25%)

En cette veille du 14 juillet, deux tiers des Français estiment que ce qui les divise est plus fort que ce qui les rassemble

A l’inverse, 35% des personnes interrogées considèrent que ce qui rassemble les Français aujourd’hui est plus fort que ce qui les divise.

Des chiffres stables depuis octobre 2021.

Un pessimisme partagé par l’ensemble des catégories de population et électorats, à l’exception des 18-24 ans (52% ce qui rassemble est plus fort, 48% avis contraire) et électeurs d’Emmanuel Macron (49%, 50%) qui sont plus partagés.

Télécharger le rapport : Les Français et Emmanuel Macron

Crédits image : Flickr / Robert REDEKER