Le Conseil Objectivé

Les Français et la dette publique

Le sentiment qu’il est urgent de réduire la dette publique en France progresse et atteint son plus haut niveau

85% des Français (+1 depuis fin juillet 2026 et +9 depuis mai 2023) pensent qu’il est urgent de réduire la dette publique en France dont 38% assez urgent et 47% très urgent (+7 depuis juillet 2026). A l’inverse, 15% pensent que ce n’est pas urgent, dont 13% pas vraiment et 2% pas du tout.

Ce sentiment demeure dominant dans toutes les catégories de populations et électorats, bien que les jeunes (38% très urgent chez les 18-24 ans) et les électeurs NFP (35%) sont moins inquiets que les 50 ans et plus (52%) et les autres électorats (>50%).

L’opinion rejette un effort généralisé et souhaite faire davantage contribuer les plus aisés et les entreprises les plus profitables

Pour améliorer la situation des finances publiques, 82% des Français sont opposés à ce que l’effort et la contribution soient portés par l’ensemble des retraités sans distinction de revenus (stable depuis le 28 mai 2025), 73% (+3) par l’ensemble des Français ou des actifs (+6). Des pistes largement rejetées au sein de toutes les catégories de la population et en particulier par les Français qui ont des difficultés à boucler leurs fins de mois.

6 Français sur 10 sont également opposés à ce que toutes les entreprises (60%) soient mises à contribution et portent l’effort pour améliorer la situation des dépenses publiques. Cette opposition à l’idée de faire contribuer l’ensemble des entreprises sans distinction enregistre la plus forte hausse (+10 points). L’ensemble des électorats et catégories de la population partagent cet avis à l’exception des plus jeunes (51% des 18-24 ans y sont favorables vs 32% des 65 ans et plus).

A l’inverse, les Français sont favorables pour que l’on mette à contribution les entreprises qui font le plus de profits (84%, +3), les Français les plus aisés (80%, +3), les actifs les plus aisés (74%, -2) et dans une moindre mesure les retraités les plus aisés (61%, +2). Ce soutien est majoritaire au sein de toutes les catégories de population et électorats, et particulièrement chez les électeurs du NFP (+9 à +14 vs l’ensemble des Français).

La baisse du train de vie de l’Etat et des dépenses publiques demeurent les moyens privilégiés par les Français pour réduire la dette

Pour l’opinion, le premier levier à actionner pour réduire la dette reste la diminution du train de vie de l’Etat (67%, 3 réponses possibles parmi 10 items), malgré une baisse notable (-8 points depuis le 16 avril 2025). 5 autres pistes sont privilégiées par plus de 3 Français sur 10 :

  • la réduction globale des dépenses publiques (44%, +1 point),
  • la hausse des impôts pour les entreprises ayant fait le plus de profits (37%, stable),
  • des réformes encourageant la croissance économique (32%, -1 point),
  • la diminution des dépenses sociales (32%, +4 points – enregistrant la plus forte hausse depuis avril 2025) et,
  • la hausse des impôts des particuliers les plus aisés (31%, stable).

Les 4 autres pistes sont privilégiées par moins de 15% de Français et demeurent relativement stables : l’augmentation du temps de travail (13%, -1), la hausse globale des impôts des entreprises (11%, +1), la diminution du financement des collectivités locales par l’Etat (10%, -1) et une hausse globale des impôts des particuliers (5%, +1).

La diminution du train de vie de l’Etat fait l’objet d’un large consensus dans toutes les catégories de populations et d’un point de vue politique : ce moyen arrive largement en tête au sein de tous les électorats. Ensuite, la hiérarchie des mesures privilégiées pour réduire la dette publique varie selon l’électorat :

  • Les électeurs du NFP privilégient une hausse d’impôts pour les entreprises ayant fait le plus de profits (61%) et pour les particuliers les plus aisés (53%)
  • Les électeurs d’Ensemble, la réduction globale des dépenses publiques (57%) et des réformes pour encourager la croissance (45%)
  • Les électeurs de droite, la réduction globale des dépenses publiques également (51%) mais privilégient la diminution des dépenses sociales ensuite (46%)
  • Les électeurs du RN privilégient quant à eux la réduction globale des dépenses publiques (53%) et notamment des dépenses sociales (48%)

A noter que l’augmentation du temps de travail est nettement plus évoquée par les électorats d’Ensemble et de droite (respectivement 18% et 24%) que par les autres.

Les allocations familiales, chômage et aides aux entreprises sont les 3 postes de dépense qu’il faudrait baisser en priorité pour l’opinion. Après un été caniculaire, le souhait de réduire les dépenses consacrées à l’environnement recule fortement.

Parmi une liste de 16 domaines sur lesquels il faudrait baisser les dépenses publiques, les Français conservent le même trio de tête : les allocations familiales (34%, -1 point depuis le 16 avril 2025), les aides aux entreprises (33%, +3 points) et les allocations chômages (30%, -4 points).

Pour l’opinion, les postes de dépense publique qu’il faudrait réduire ensuite sont : la culture (22%, -1), l’environnement/la transition écologique et énergétique (18%, -7 soit la plus forte baisse enregistrée, après un été marqué par plusieurs épisodes caniculaires), la défense/l’armée (17%, +1), les transports (11%, stable) et la lutte contre le terrorisme (10%, stable).

Moins d’1 Français sur 10 cite : le logement (8%, -2), la sécurité (7%, +1), les retraites (7%, +2), la justice (7%, +3), la santé (6%, +1), la dépendance/le vieillissement (6%, +1), et l’éducation (5%, +1) et l’agriculture (4%, -2). 15% (+2) des Français estiment qu’il ne faudrait réduire aucun de ces postes de dépense.

Des distinctions fortes s’observent selon les électorats :

  • Les électeurs du NFP évoquent en priorité les aides aux entreprises (47%), puis la défense/l’armée (36%)
  • Les électeurs d’Ensemble : les allocations chômages (45%), les aides aux entreprises (42%) et les allocations familiales (36%)
  • Les électeurs de droite : les allocations familiales (47%), les allocations chômage (42%), la culture (36%) et les aides aux entreprises (31%)
  • Les électeurs du RN : les allocations familiales (50%), les allocations chômage (36%), la culture (32%) et l’environnement (29%)

A noter que le souhait de réduire les dépenses consacrées à l’environnement a enregistré de fortes baisses parmi les 65 ans et plus (21%, -14), les habitants de l’agglomération parisienne (16%, -11),  les électeurs de droite (18%, -15) et du RN (29%, -11).

Hormis la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires et l’augmentation de la franchise médicale, une majorité soutient les propositions de candidats à la Présidentielle et du gouvernement pour réduire la dette

Invités à réagir à un ensemble de 12 mesures proposées par le gouvernement ou par des candidats à l’élection présidentielle pour réduire les déficits (sans les associer directement à un parti ou à un candidat en particulier), les Français sont très majoritairement favorables aux 6 mesures suivantes :

  • Inscrire une règle d’or budgétaire dans la Constitution afin de limiter les déficits publics (79%)
  • Supprimer les aides publiques aux entreprises qui ne sont pas assorties de contreparties ou d’engagements précis (78%)
  • Reconduire en 2027 la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (77%)
  • Réduire les prestations sociales non contributives pour les étrangers résidant en France (68%). Cette mesure partage les électeurs du NFP : 51% y sont opposés, 46% favorables.
  • Taxer davantage les « méga-héritages » (68%)
  • Réduire la contribution française au budget de l’Union européenne (68%). Les électeurs d’Ensemble sont plus partagés (48% favorables, 51% opposés).

Les personnes interrogées soutiennent mais dans une proportion moindre les 4 propositions suivantes :

  • Annuler la part de la dette publique française détenue par la Banque centrale européenne sans toucher à la dette détenue par les investisseurs privés (60%). A noter que l’ensemble des électorats y sont majoritairement favorables (61% des électeurs de droite, 63% du RN et jusqu’à 70% du NFP) à l’exception des électeurs d’Ensemble qui sont plus partagés (48% favorables, 49% opposés).
  • Mettre en place une année blanche sur les prestations sociales, à l’exception des petites retraites (59%). Cette mesure partage les électeurs du NFP (48% favorables, 50% opposés).
  • Désindexer partiellement les pensions de retraite les plus élevées (58%)
  • Limiter à douze mois la durée maximale d’indemnisation chômage pour les moins de 50 ans (54%). 2 électeurs du NFP sur 3 y sont opposés (66%).

2 mesures n’obtiennent pas l’adhésion de l’opinion :

  • La suppression de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires, notamment grâce au recours à l’intelligence artificielle (53% sont opposés et 45% favorables). Politiquement, de fortes différences s’observent : les électeurs de droite et du RN y sont favorables (respectivement 68% et 61%), les électeurs du NFP opposés (75%) et ceux d’Ensemble sont partagés (51% favorables, 48% opposés).
  • La proposition de porter de 100 à 140 euros par an le montant maximum que chaque patient peut devoir payer de sa poche pour certaines dépenses de santé non remboursées par l’Assurance maladie (65% opposés). Cette mesure est rejetée par l’ensemble des électorats.

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Crédits image : iira 116 / Pixabay