Réduction de la dette publique en France : le sentiment d’urgence continue de progresser et atteint son plus haut niveau
84% des Français (+2 depuis octobre 2024 et +8 depuis mai 2023) pensent qu’il est urgent de réduire la dette publique en France dont 44% assez urgent et 40% très urgent. A l’inverse, 16% pensent que ce n’est pas urgent, dont 13% pas vraiment et 3% pas du tout.
Ce sentiment domine nettement dans toutes les catégories de populations et électorats, mais les jeunes (26% très urgent chez les 18-24 ans) et les électeurs NFP (23%) sont moins inquiets que les séniors (50% chez les 65 ans et plus) et les autres électorats (51% à 54%).
Pérennité financière du régime d’Assurance Maladie : l’opinion est divisée, entre confiance dans la poursuite du système actuel et besoin de faire des économies
49% des Français (-3 depuis juillet 2025) pensent qu’ « il ne peut pas continuer de fonctionner de la même manière dans les années à venir, qu’il faut faire des économies sur la prise en charge des frais de santé et des arrêts maladie ». A l’inverse, 49% (+3) estiment qu’ « il peut continuer de fonctionner de la même manière dans les années à venir, avec le même niveau de prise en charge des frais de santé et des arrêts maladie ».
L’opinion est très marquée selon l’âge :
- Les 18-34 ans sont majoritairement optimistes : 64% pensent qu’il peut continuer à fonctionner de la même manière
- Les 35-64 ans sont partagés : 47% pensent qu’il peut continuer de fonctionner de la même manière, 50% pensent qu’il ne peut pas
- Les 65 ans et plus sont majoritairement pessimistes : 60% pensent qu’il ne peut pas continuer de fonctionner de la même manière
D’un point de vue politique :
- Les électeurs NFP sont optimistes à 67%
- Les électeurs Ensemble sont pessimistes à 68%
- Les électeurs LR (55% pessimistes et 42% optimistes) et RN (57% pessimistes et 42% optimistes) sont plus partagés
Quelles mesures d’économie ? Baisse du remboursement chez le dentiste et doublement du plafond des franchises sont rejetées ; l’opinion est plus partagée sur la baisse du remboursement des médicaments peu efficaces et des transports médicaux
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé le 23 juillet dernier plusieurs mesures pour réduire le déficit de l’Assurance maladie. Deux d’entre elles sont rejetées par l’opinion :
- La baisse du taux de remboursement des consultations chez le chirurgien-dentiste de 60% à 50% : 76% des Français estiment que c’est inacceptable même si la situation financière de l’Assurance maladie est difficile ; 22% pensent que c’est acceptable étant donné la situation financière de l’Assurance maladie
- Le doublement du plafond annuel (de 100 à 200 €/an) des franchises médicales, sauf pour les personnes en ALD, les mineurs et les femmes enceintes : 60% inacceptable
Les autres mesures divisent :
- La baisse du taux de remboursement des transports sanitaires (ambulances, VSL) de 55 % à 50 % : 53% la jugent inacceptable et 46% acceptable
- La baisse du taux de remboursement des médicaments moins efficaces (Bétadine, Gaviscon…) (taux de remboursement de 15 % à 5 % pour les moins efficaces, de 30 % à 15 % pour ceux à efficacité modérée) : 52% la jugent acceptable et 47% inacceptable
Politiquement :
- Les électeurs RN rejettent massivement chacune des mesures (59% à 81% inacceptable)
- Les électeurs NFP rejettent la baisse du remboursement chez le dentiste (87% inacceptable), le doublement du plafond des franchises (69%) et la baisse du remboursement des transports médicaux (61%), mais sont divisés sur la baisse du remboursement des médicaments peu efficaces (50% acceptable / 48% inacceptable)
- Les électeurs LR sont nuancés : une courte majorité rejette le doublement du plafond des franchises médicales (52% inacceptable) et la baisse du remboursement chez le dentiste (58% inacceptable), mais une courte majorité approuve la baisse du remboursement des médicaments peu efficaces et des transports médicaux (62% acceptable)
- Les électeurs Ensemble rejettent la baisse du remboursement chez le dentiste (63% inacceptable) mais approuvent les autres mesures (63% à 78% acceptable)
A noter que les femmes s’opposent davantage à l’ensemble de ces mesures que les hommes (+8 à +12 points inacceptable sur chaque item).
Pour 8 Français sur 10, il serait injuste de mettre les retraités davantage à contribution que les actifs
81% des Français estiment que « les retraités ont cotisé toute leur vie active pour financer le système de retraite et les services publics, et qu’il serait injuste de les mettre davantage à contribution que les actifs pour réduire le déficit ». A l’inverse, 17% estiment qu’ « il faudrait faire davantage contribuer les retraités à l’effort que les actifs dans le contexte de réduction du déficit ».
Ce sentiment domine autant chez les actifs (77%) que chez les retraités (92%), et est majoritaire dans toutes les catégories d’âge (61% des 18-24 ans à 95% des 65 ans et plus) et électorats (77% des électeurs NFP, 72% Ensemble, 86% LR, 87% RN).
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