Le Conseil Objectivé

Les Français et le budget 2027

Pour réduire le déficit public, les Français privilégient la baisse des dépenses publiques à la hausse des impôts

Pour réduire le déficit public, 61% des Français privilégient la baisse des dépenses publiques, contre seulement 7 % qui optent principalement pour une hausse des impôts et des taxes. 31% souhaitent combiner les deux leviers de manière équilibrée.

Les écarts socio-démographiques sont limités excepté sur l’âge où les 18-24 ans sont 49% à privilégier la baisse des dépenses publiques contre 68% des 65 et plus.

Le clivage politique est plus net : les électeurs du NFP sont partagés entre baisse des dépenses publiques (46%) et équilibre (40%) tandis que les électeurs du RN (79%) de droite (77%) et dans une moindre mesure d’Ensemble (54%) optent majoritairement pour la baisse des dépenses publiques.

Au-delà de l’attente d’exemplarité, l’opinion considère que l’effort doit reposer sur les ministères et opérateurs de l’Etat, les entreprises les plus rentables et les particuliers les plus aisés

Pour réduire le déficit public, les Français souhaitent d’abord faire contribuer les élus et responsables politiques (90 %), les ministères, administrations et agences de l’État (86 %), les entreprises qui réalisent le plus de profits (81 %), les Français les plus aisés (78 %), les actifs les plus aisés (73 %) et les retraités les plus aisés (62 %). La contribution des collectivités locales (52 %) et celle de l’ensemble des entreprises (48 %) recueille une adhésion plus partagée. En revanche, seule une minorité de Français estiment que l’effort doit porter sur l’ensemble des Français (32 %), l’ensemble des actifs (32 %) et sur l’ensemble des retraités (20 %).

Des opinions sont partagées par toutes les catégories de population.

D’un point de vue politique, le souhait de faire contribuer les élus, l’Etat, les entreprises les plus profitables et les plus aisés est majoritaire dans tous les électorats, il est particulièrement exprimé par les électeurs du NFP (près de 90%). La contribution des collectivités locales est soutenue par une courte majorité dans tous les électorats, sauf chez les électeurs du NFP (56% non). Près d’1 électeur sur 2 d’Ensemble se dit favorable à ce que l’effort soit porté par tous les Français (46%), mais cette idée est largement rejetée par les électeurs du NFP (74%) et du RN (73%).

Parmi les mesures envisagées par le gouvernement, celles visant à diminuer les dépenses de fonctionnement et à faire contribuer les plus aisés sont approuvées, tandis que les mesures impactant directement le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population sont rejetées

Trois mesures recueillent l’adhésion d’environ deux Français sur trois : réduire de 600 millions d’euros le budget de l’allocation de rentrée scolaire en la ciblant sur les familles qui en ont le plus besoin (71 % favorables), limiter la hausse du budget de fonctionnement des collectivités locales au niveau de l’inflation (70 %) et prolonger la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises (69 %).

Ces trois mesures font consensus d’un point de vue politique, elles sont approuvées par les électeurs du NFP (70%, 66% et 78%, majoritaire également chez les sympathisants LFI même si dans une moindre mesure), d’Ensemble (85%, 79% et 84%), de la droite (82%,  74% et 63%) et du RN (78%, 77% et 68%).

Cinq autres mesures sont majoritairement approuvées : le maintien du budget des ministères et agences de l’État à son niveau de 2026 (61 %), la limitation de la revalorisation des allocations familiales (60 %), le gel des pensions de retraite les plus élevées (59 %), la réduction des exonérations de cotisations pour les entreprises (55 %) et le durcissement des règles relatives aux arrêts de travail (54 %).

Les électeurs d’Ensemble et de droite se montrent plus favorables à la limitation des allocations familiales (73% et 83%) et au durcissement des règles relatives aux arrêts de travail (76% et 68%) que les électeurs NFP (44% pour les allocations et 36% pour les règles des arrêts de travail), tandis que ces derniers soutiennent davantage la réduction des exonérations de cotisations pour les employeurs (70%, contre 66% chez les électeurs Ensemble, 42% chez es électeurs de droite et 44% chez les électeurs RN).

Deux mesures divisent les Français : le maintien du montant des APL à son niveau actuel malgré l’inflation recueille 51 % d’adhésion, contre 48 % d’opposition, tandis que la participation obligatoire de 350 euros pour les salariés utilisant leur CPF recueille 49 % d’adhésion, contre 50 % d’opposition.

Les clivages politiques sont marqués : les APL recueillent 31% d’adhésion chez les électeurs du NFP, contre 65% chez ceux d’Ensemble, 80% chez ceux de LR/DVD et 59% chez ceux du RN. L’augmentation de la participation au CPF est approuvée par les électeurs d’Ensemble (67%) et de droite (60%) mais ne convainc pas les électeurs du NFP (44%) et  du RN (47%). A noter que les cadres y sont majoritairement favorables (57%) tandis que les professions intermédiaires (58%) et les employés (60%) y sont plutôt opposés.

Les sept autres mesures sont majoritairement rejetées : la création d’une taxe sur les produits alimentaires transformés contenant des sucres ajoutés (45%), la non-revalorisation du point d’indice des fonctionnaires (43%), la non-revalorisation de la prime d’activité (43%), l’augmentation de la fiscalité sur les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie (39%), le transfert d’une partie des remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé (37%), la baisse de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite (37%) et l’augmentation du plafond des franchises médicales (33%).

Sur l’électorat, les électeurs NFP se distinguent par leur soutien à la taxe sur les produits sucrés (56%), mais rejettent davantage la non-revalorisation du point d’indice (27%) et de la prime d’activité (30%). Les électeurs d’Ensemble sont plus favorables à la hausse de la fiscalité sur les indemnités journalières (58%), ceux de la droite à la non-revalorisation du point d’indice (54%), tandis que les électeurs du RN sont majoritairement opposés à la plupart de ces mesures, notamment à l’augmentation des franchises médicales (27%). D’un point de vue générationnel, les 18-34 ans sont plus nombreux que leurs ainés à approuver le transfert des remboursements (54% vs. 22% des 65 ans et plus) et la hausse du plafond de la franchise médicale (48% vs 21%).

Pour constituer le budget 2027, une majorité de Français appelle les oppositions au compromis plutôt qu’à la censure

60 % (-6 par rapport à janvier 2025) des Français estiment que les oppositions doivent faire des compromis et ne pas voter la censure pour éviter une instabilité politique et financière, contre 34 % (+2) qui souhaitent qu’elles censurent le gouvernement malgré le risque de crise financière.

Politiquement, le compromis est majoritaire chez les électeurs NFP (59%), d’Ensemble (79%) et de droite (71%). Les électeurs du RN sont les seuls à se partager entre le compromis (46%) et la censure (47%). On note toutefois pour les électeurs NFP que le compromis est porté par les sympathisants PS et EELV (63 et 77%) et non par les sympathisants de La France Insoumise (39%).

Les écarts sociodémographiques sont plus limités : les femmes privilégient davantage le compromis que les hommes (64 % contre 56 %), et les 65 ans et plus y sont plus favorables que les 18-24 ans (65% vs 57%).

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