Le Conseil Objectivé

Les Français et les mobilisations sociales

57% des Français approuvent la mobilisation du 5 novembre, un soutien majoritaire qui s’effrite légèrement en une semaine

57% (-2 points en une semaine) des Français soutiennent (29%, -3) ou éprouvent de la sympathie (28%, +1) à l’égard de la mobilisation prévue le 5 novembre, contre 28% (=) qui y sont opposés (13%, -4) ou hostiles (15%, +4) et 14% (+1) qui se déclarent indifférents.

L’approbation demeure élevée et progresse chez les 18-24 ans (76%, +9) et d’un point de vue politique chez les électeurs du NFP (86%, +2). Les électeurs d’Ensemble (44% soutien/sympathie, 42% opposition/hostilité) et les électeurs du RN (44%, 44%) sont très partagés. Au sein de ces deux électorats, l’hostilité reste minoritaire mais progresse significativement en une semaine (respectivement 25%, +9 et 27%, +9).

Une large majorité estime que les revendications des manifestants sont légitimes, même si cette opinion baisse en deux semaines

88% (-5 points en deux semaines) des Français considèrent que les revendications portées par les manifestants pour le pouvoir d’achat et contre la vie chère sont légitimes, et 75% (-7) partagent cet avis à propos des revendications portées par les lycéens et les étudiants.

Concernant les revendications contre la vie chère, la baisse de la légitimité est observée dans l’ensemble des catégories de population et des électorats. S’agissant des revendications portées par les jeunes, le recul est principalement mesuré chez les 35 ans et plus (72%, -10 points), tandis que l’opinion reste stable chez les 18-34 ans (81%).

Malgré cette baisse, ces revendications sont jugées légitimes par une large majorité au sein de tous les électorats et catégories de la population, celles portées en faveur du pouvoir d’achat (97% électeurs NFP, 93% RN, 81% Ensemble) comme celles portées par les jeunes (96% électeurs NFP, 70% Ensemble, 67% RN).

2 Français sur 3 sont favorables à l’interdiction de manifester dans les centres-villes et secteurs commerçants pour éviter les violences et les pillages

Certaines préfectures de police interdisent le parcours initialement demandé par des organisateurs d’une manifestation et proposent un itinéraire plus loin des centres-villes et des secteurs commerçants. C’est notamment le cas à Paris où la manifestation des étudiants ce mardi a été autorisée entre porte de Charenton et porte de Montreuil (en périphérie à l’est de la ville), alors que les syndicats souhaitaient un parcours allant du Panthéon au siège du Medef. 68% des Français sont favorables à l’interdiction temporaire de certains rassemblements dans les centres-villes ou secteurs commerçants pour éviter les violences et les pillages. A l’inverse, 31% y sont opposés car c’est une atteinte à la liberté de manifester.

On observe un clivage générationnel (52% des 18-24 ans et 45% des 25-34 ans y sont opposés ; 70% des 35-64 ans et 79% des 65 ans et plus y sont favorables) et politique : l’interdiction temporaire de rassemblements dans certains secteurs est désapprouvée par une majorité d’électeurs du NFP (61%) mais fortement soutenue par les électeurs d’Ensemble (88%) et du RN (80%).

L’opinion reste très partagée sur la suite de la mobilisation des lycéens et étudiants : 51% souhaitent qu’elle se termine, 48% qu’elle se poursuive voire se durcisse

51% (-3 en une semaine) des Français souhaitent que la mobilisation lycéenne et étudiante s’arrête, contre 48% (+2) qui souhaitent qu’elle continue, au même niveau (31%, +2) ou se durcisse (17%).

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à souhaiter la poursuite du mouvement – 71% (+8 pts) des 18-24 ans et 68% (+9) des 25-34 ans – tandis que les tranches d’âge supérieures se prononcent majoritairement en faveur d’un arrêt : 53% des 35-49 ans, 55% des 50-64 ans et 67% (+2) des 65 ans et plus.

Le clivage politique est net : 76% (+7) des électeurs du NFP souhaitent la poursuite de la mobilisation, contre 78% des électeurs Ensemble et LR, et 64% de ceux du RN qui plaident pour un arrêt.

Pouvoir d’achat : 57% affirment qu’il faut se mobiliser dès maintenant et ne pas attendre la présidentielle, une proportion en recul en trois semaines

57% (-8) des Français estiment qu’il faut se mobiliser dès maintenant par des manifestations pour défendre le pouvoir d’achat, plutôt que d’attendre la prochaine élection présidentielle. A l’inverse, 40% considèrent qu’il vaut mieux attendre la prochaine élection présidentielle en mai 2027, cela sera plus efficace pour améliorer les choses concernant le pouvoir d’achat.

Les jeunes (70% des 18-24 ans) et les électeurs du NFP (73%) considèrent majoritairement qu’une mobilisation est nécessaire dès maintenant. Les 25 ans et plus (56%) et les électeurs du RN (57%) partagent également cette opinion, bien que dans une moindre mesure. A l’inverse, les électeurs d’Ensemble estiment majoritairement (61%) qu’il vaut mieux attendre l’élection présidentielle.

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Crédits image : Grégoire Lannoy / Flickr