7 Français sur 10 s’attendent à ce que leur pouvoir d’achat se dégrade dans les prochains mois, une proportion en forte hausse depuis juin 2025 (+21 pts)
Lorsqu’ils se projettent dans les prochains mois, 71% (+21 points depuis juin 2025) des Français estiment que leur pouvoir d’achat va se dégrader, dont 38% (+6) un peu et 33% (+15) beaucoup. A l’inverse, 19% (-17) pensent qu’il sera stable et 9% (-4) qu’il s’améliorera, dont 7% (-4) un peu et 2% (=) beaucoup.
Ce pessimisme progresse dans toutes les catégories de population. Il est particulièrement marqué chez les 50 ans et plus (82%, contre 53% des 18-34 ans), ainsi que chez les habitants des communes rurales (80%) et des petites agglomérations (77%), contre 65% dans les grandes agglomérations, et chez les automobilistes possédant une voiture thermique (76%).
Pour les Français, se nourrir, se chauffer et, en forte hausse, se déplacer sont les postes de dépense qui ont le plus augmenté ces dernières années
Pour les Français, les trois postes de dépense qui ont le plus augmenté ces dernières années sont : se nourrir (cité par 70%, 3 réponses possibles parmi 14 items), se chauffer (49%) et se déplacer, en très forte hausse depuis janvier 2025 (46%, +20). Ces postes arrivent en tête dans toutes les catégories de population. La forte progression du poste « se déplacer » est particulièrement marquée chez les 35-49 ans (54%, +25) ainsi que chez les habitants des communes rurales (58%, +28) et des petites agglomérations (57%, +32).
Les autres postes cités sont : se loger (24%), particulièrement évoqué par les 18-34 ans (34%) et les habitants des grandes agglomérations (30%), payer ses impôts (19%), se soigner (18%), s’assurer (16%), partir en vacances (15%), se divertir (8%), s’habiller (5%), communiquer (internet/téléphone, 4%) et équiper son logement (3%).
La pression sur le pouvoir d’achat se traduit par des renoncements au quotidien : partir en vacances, faire du shopping, sortir et, de plus en plus, se nourrir et se déplacer en voiture
Ces derniers mois, les Français ont dû renoncer pour des raisons financières à partir en vacances ou en week-end (42%), faire du shopping (40%), acheter certains produits alimentaires (40%, +10 depuis janvier 2026), faire une sortie au cinéma, au bar ou au restaurant (38%), utiliser sa voiture (26%, +11), chauffer convenablement son logement (26%), se soigner (20%), faire un don à des associations (19%) et aider financièrement ses proches (18%).
Aucune catégorie de population n’est épargnée par ces renoncements. On peut noter que le renoncement à l’usage de la voiture est plus fréquent chez les habitants des communes rurales (31%) que chez ceux des grandes agglomérations (22%).
A l’exception de la TVA sociale qui divise, les mesures proposées par les candidats à la présidentielle pour améliorer le pouvoir d’achat sont soutenues par l’opinion
Pour améliorer leur pouvoir d’achat, 91% des Français sont favorables à la baisse de la TVA de 20% à 5,5% (proposition de M. Le Pen*), 79% à la possibilité pour les salariés volontaires de travailler jusqu’à 30 minutes supplémentaires par jour en exonérant ces heures de cotisations salariales et patronales (B. Retailleau), 74% à la taxation des « méga-héritages » supérieurs à 2 millions d’euros pour réduire la CSG et augmenter le salaire net (R. Glucksmann) et 74% au SMIC à 1 700 euros nets (J.-L. Mélenchon). Ces mesures recueillent un large assentiment : elles sont approuvées par une majorité de Français dans l’ensemble des principaux électorats.
En revanche, la proposition consistant à réduire les cotisations sociales sur les salaires et à augmenter en contrepartie la TVA afin d’accroître le salaire net divise l’opinion : 49% des Français y sont favorables, contre 51% qui s’y opposent. Les opinions sont partagées au sein de chacun des principaux électorats. L’écart est plus marqué selon la situation professionnelle : une courte majorité d’actifs y est favorable (55%), tandis que les retraités y sont plutôt opposés (60%).
Pour améliorer le pouvoir d’achat, la classe politique fait face à la défiance des Français. Marine Le Pen devance les autres personnalités
Pour améliorer le pouvoir d’achat, 36% (+3 depuis janvier 2026) des Français font confiance à Marine Le Pen, elle devance Bruno Retailleau (23%, -2) et Edouard Philippe (22%, -6).
Les autres principales personnalités politiques du pays recueillent la confiance de moins d’un Français sur cinq : Gabriel Attal (19%, -4), Jean-Luc Mélenchon (18%, +3), François Hollande (18%), Sébastien Lecornu (17%, -7), Raphaël Glucksmann (17%), Eric Zemmour (16%, =), Emmanuel Macron (14%, -4), Fabien Roussel (13%, -4), Olivier Faure (11%, -6), Marine Tondelier (11%, -3) et Roland Lescure (9%, -3).
D’un point de vue politique :
- Marine Le Pen bénéficie de la confiance de la quasi-totalité des électeurs du RN (87%) et d’un tiers des électeurs de droite (31%).
- Bruno Retailleau recueille la confiance d’une courte majorité des électeurs de droite (52%), ainsi que plus d’un tiers des électeurs d’Ensemble et du RN.
- Édouard Philippe (64%) et, dans une moindre mesure, Gabriel Attal (51%) et Sébastien Lecornu (51%) bénéficient d’un certain crédit auprès des électeurs d’Ensemble.
- Les autres personnalités testées ne recueillent qu’une minorité de confiance, y compris auprès de leur propre électorat. Raphaël Glucksmann est la personnalité de gauche qui obtient le meilleur score auprès des électeurs du NFP (34%).
46% des Français déclarent que la hausse du prix des carburants a un impact important sur leur budget
39% estiment qu’elle a un impact limité et 14% aucun impact.
La hausse des prix des carburants pèse lourdement sur le budget des habitants des communes rurales (61% impact important), des petites agglomérations (55%, contre 37% dans les grandes agglomérations) et des actifs (52%, contre 34% des retraités), en particulier des employés/ouvriers (57%) et des professions intermédiaires (57%, contre 37% des cadres).
Aux yeux des Français, l’État, la guerre en Iran et les compagnies pétrolières sont les principaux responsables de la hausse du prix des carburants. La responsabilité de la grande distribution est écartée par l’opinion
Pour les Français, les responsables de la hausse du prix de l’essence sont l’Etat (62%, 2 réponses possibles parmi 4 items) en forte hausse de 17 points depuis le 11 mars 2026, la guerre en Iran (60%, +1), et les compagnies pétrolières (52%, +5). La grande distribution n’est plus identifiée comme responsable (11%, -31).
La hiérarchie des responsabilités diffère selon les électorats : les électeurs du NFP estiment que les pétroliers sont les premiers responsables (69%, +8), les électeurs d’Ensemble citent la guerre (81%, +8), tandis que les électeurs du RN citent l’État (83%, +25).
Les réponses privilégiées par les Français pour réduire le prix des carburants sont la baisse des taxes, le blocage des prix et la réduction des marges des pétroliers
Pour réduire le prix des carburants, les Français estiment qu’il faut en priorité baisser les taxes sur les carburants (69%, 3 réponses possibles parmi 9 items), plafonner ou bloquer le prix de l’essence (54%) et réduire les marges des producteurs et raffineurs (45%). Derrière ces trois leviers, 3 Français sur 10 citent la réduction des marges des distributeurs (31%) et moins de 2 sur 10 : mettre en place des aides de l’Etat pour l’ensemble des automobilistes (16%), renforcer les aides pour les automobilistes aux revenus modestes (15%) et encourager, grâce à des aides, la location ou l’achat d’une voiture électrique (9%).
Les trois leviers privilégiés — la baisse des taxes, le blocage des prix et la réduction des marges des pétroliers — figurent parmi les moyens les plus cités dans tous les principaux électorats. On peut toutefois noter que la baisse des taxes est plébiscitée par les électeurs du RN (88%, premier moyen cité), tandis que la réduction des marges des pétroliers arrive en tête auprès des électeurs du NFP (66%).
Réduction du déficit public : les Français refusent une mise à contribution indifférenciée des retraités
Dans le contexte budgétaire actuel (dette publique importante et volonté du gouvernement de réduire le déficit public), 47% (+3 depuis avril 2025) des Français estiment qu’il est inacceptable de mettre les retraités à contribution (quel que soit leur niveau de vie) et qu’il faut trouver d’autres moyens pour réduire le déficit public, 42% (-5) jugent qu’il serait acceptable uniquement si cela concerne les retraités aisés et 10% (+1) qu’il est acceptable que les retraités soient mis à contribution pour réduire le déficit public.
La contribution indifférenciée des retraités est minoritaire, aussi bien chez les actifs (13%) que chez les retraités eux-mêmes (5%). Les retraités estiment majoritairement qu’il serait inacceptable d’être mis à contribution pour réduire la dette (57%) tandis que les actifs sont plus partagés entre le refus de mettre les retraités à contribution (41%) et une contribution limitée aux retraités les plus aisés (45%).
2 Français sur 3 approuveraient une nouvelle mobilisation des « gilets jaunes »
Depuis quelques jours, des appels à une nouvelle mobilisation des « gilets jaunes » circulent en France, notamment pour protester contre la hausse des prix des carburants et du coût de la vie. 66% des Français approuveraient une telle mobilisation si elle avait lieu, dont 37% qui la soutiendraient et 29% qui en auraient de la sympathie. A l’inverse, 21% désapprouveraient, dont 10% qui y seraient opposés et 11% hostiles. Enfin, 13% se monteraient indifférents.
L’accueil réservé à cette mobilisation serait particulièrement favorable chez les habitants des communes rurales (77% soutien ou sympathie), les employés et les ouvriers (77%), les 25-34 ans (77%) et, politiquement, chez les électeurs du Rassemblement national (79%) et du NFP (73%).
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