Affaire Lyhanna : les Français pointent du doigt avant tout un mauvais fonctionnement et une mauvaise coordination entre les services
80% des Français estiment que l’affaire Lyhanna est révélatrice avant tout d’un mauvais fonctionnement et d’une mauvaise coordination entre les différents services (dont 46% le placent en première cause). Plus loin, 47% y voient des erreurs humaines qui n’ont rien à voir avec le manque de moyens, et 45% un manque de moyens financiers et humains dans la justice et la police/gendarmerie.
Le diagnostic majoritaire d’un mauvais fonctionnement des services s’impose dans toutes les familles politiques, rassemblant les électeurs du NFP (86%), d’Ensemble (83%), de LR (88%) et du RN (88%). Les divergences portent sur les autres causes : les électeurs du NFP mettent davantage en avant le manque de moyens (61%), là où les électeurs de LR (68%) et du RN (58%) pointent plus largement des erreurs humaines. Les électeurs d’Ensemble se situent entre les deux (52% erreurs humaines, 44% manque de moyens).
Cette même hiérarchie des causes se retrouve chez les parents d’enfants mineurs : 79% d’entre eux citent en premier le mauvais fonctionnement des services, suivi du manque de moyens et des erreurs humaines à égalité (48% chacun).
3 parents sur 4 estiment que leur enfant n’est pas en sécurité dans la société actuelle
77% des parents d’enfants mineurs n’ont pas le sentiment que leurs enfants sont en sécurité dans la société actuelle. Seuls 23% expriment un sentiment de sécurité.
Ce sentiment d’insécurité traverse l’ensemble du spectre politique, mais avec des intensités variables. Les électeurs du RN se démarquent nettement : 91% d’entre eux estiment leurs enfants en danger dans la société actuelle. Les électeurs des autres formations expriment une préoccupation majoritaire mais moins marquée (NFP 66%, Ensemble 62%, LR 68%).
Violences envers les enfants : l’opinion déplore un manque de mobilisation de toute la société (à l’exception des associations), et particulièrement de l’Etat et de la Justice
82% des Français estiment que l’État et le gouvernement ne sont pas assez mobilisés sur les sujets de violences envers les enfants. 80% portent le même jugement sur la justice.
L’école (68%), les forces de l’ordre (63%), les médias (54%) et les citoyens eux-mêmes (53%) recueillent eux aussi des majorités critiques.
Seules les associations font exception : 62% les jugent suffisamment mobilisées.
Ces résultats sont homogènes à travers l’ensemble des électorats et des catégories de population.
2 Français sur 3 ne font pas confiance à la justice française. La confiance dans les forces de l’ordre et l’administration judiciaire recule d’une dizaine de points.
65% des Français ne font pas confiance à la justice française (-10 points par rapport à novembre 2025) : c’est le niveau le plus bas enregistré depuis le début de ce suivi en 2019.
La confiance envers la gendarmerie s’établit à 73% (-9 points), elle aussi à son plus bas depuis 2019. La confiance envers la police recule à 66% (-12 points).
Sur la justice, le clivage est marqué : les électeurs d’Ensemble se révèlent les plus confiants (55%), suivis de ceux du NFP (47%), alors que les électeurs de LR (32%) et surtout du RN (16%) expriment une défiance très prononcée envers l’institution judiciaire.
Sur les forces de l’ordre, à noter que les électeurs du NFP sont sensiblement plus réservés envers la police (50%).
A noter que le recul de la confiance a lieu dans toutes les catégories de population et tous les électorats, et qu’elle est la plus forte auprès des populations qui avaient initialement un niveau de confiance plus élevée : les retraités.
Annonce de Gérald Darmanin sur la reprise des 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet : l’opinion la juge irréaliste et n’est pas convaincue par son efficacité
78% des Français estiment que la demande du ministre de la Justice de reprendre l’intégralité des 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet est irréaliste dans les délais demandés, et 57% la jugent inefficace pour protéger les enfants et éviter de nouvelles affaires. 42% y voient malgré tout une mesure efficace.
Les électeurs d’Ensemble (57%) et de LR (56%) sont les plus enclins à juger l’annonce efficace, devant ceux du RN (36%) et du NFP (32%).
Sur le réalisme, le scepticisme prévaut dans tous les électorats : même chez Ensemble (29%) et LR (28%), plus de sept répondants sur dix estiment l’annonce irréalisable dans les délais.
Les 18-24 ans se distinguent par une réception sensiblement plus favorable : 57% d’entre eux jugent l’annonce efficace (contre 42% en moyenne) et 33% réaliste (contre 22%).
Budget du ministère de la Justice : la majorité des Français souhaite un rééquilibrage des dépenses entre administrations pénitentiaire et judiciaire
56% des Français jugent qu’il faudrait rééquilibrer le budget entre l’administration pénitentiaire et l’administration judiciaire. 29% vont plus loin, estimant que le budget de la justice devrait désormais dépasser celui des prisons. Seuls 14% jugent qu’il faudrait maintenir la répartition actuelle en faveur des prisons.
Ces résultats sont homogènes à travers l’ensemble des électorats et des catégories de population.
Montée de la violence : les Français l’expliquent avant tout par un manque de sévérité de la justice, une banalisation de la violence et un défaut d’éducation de la part des parents
Parmi les différentes causes de la montée de la violence, les Français citent avant tout le manque de sévérité de la justice (53%), puis la banalisation de la violence, notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux (45%), et la mauvaise éducation des parents (38%). Les autres causes sont citées par moins de 30% de la population.
Les diagnostics divergent selon les électorats :
-Auprès des électeurs du NFP, la banalisation de la violence (52%) et le mal-être social (49%) arrivent en tête, tandis que le manque de sévérité de la justice (41%) y est moins cité
-Auprès des électeurs du RN, le manque de sévérité domine (67%) et l’immigration constitue la deuxième cause citée (53
-Auprès des électeurs de LR, la mauvaise éducation des parents (54%) et le manque de sévérité (52%) arrivent à égalité en tête
-Auprès des électeurs d’Ensemble, les causes se répartissent de façon plus équilibrée entre le manque de sévérité (52%), la mauvaise éducation des parents (48%) et la banalisation de la violence (44%).
Sécurité et justice : aucune des personnalités testées n’obtient une majorité de confiance. Les responsables du RN sont ceux qui obtiennent la plus large approbation.
Jordan Bardella obtient 38% de confiance, juste devant Marine Le Pen (37%).
En 2nd plan, Bruno Retailleau obtient 29%, juste devant Edouard Philippe (27%) et Gérald Darmanin, puis Gabriel Attal (26%) et Sébastien Lecornu.
Emmanuel Macron obtient 21% de confiance.
Les autres personnalités sont citées par 20% ou moins de la population.
Auprès des électeurs du RN, Jordan Bardella (87%) et Marine Le Pen (84%) bénéficient d’une très large adhésion au sein de leur camp. Bruno Retailleau réalise par ailleurs un score significatif chez ces mêmes électeurs (42%), dépassant ainsi ses propres soutiens au sein de LR (60%).
Auprès des électeurs d’Ensemble, Edouard Philippe (67%), Gabriel Attal (61%), Sébastien Lecornu (60%) et Emmanuel Macron (57%) obtiennent un soutien majoritaire mais loin d’être unanime. Gérald Darmanin obtient 52% chez les électeurs d’Ensemble et 47% chez ceux de LR.
Auprès des électeurs du NFP, Jean-Luc Mélenchon n’obtient la confiance que de 42% d’entre eux. Raphaël Glucksmann (39%) et Fabien Roussel (39%) se situent dans la même fourchette, aucun ne parvenant à fédérer une majorité au sein de son propre camp sur ces sujets.
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