Après un répit de courte durée, Emmanuel Macron commence l’année en baisse
Après deux mois de progression en fin d’année 2025, Emmanuel Macron entame l’année 2026 par une baisse de sa cote de confiance. Quelques jours après ses vœux, 16% des Français interrogés par Elabe pour Les Échos déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays, soit un recul de 2 points en un mois. Ce niveau constitue la deuxième mesure la plus basse enregistrée depuis 2017, à égalité avec celle observée en novembre. Dans le même temps, la défiance progresse nettement : 79% des Français (+3 points) déclarent ne pas lui faire confiance, dont 54% « pas du tout » confiance. Ce dernier indicateur atteint ainsi son deuxième niveau le plus élevé, après le pic d’octobre (59%).
Sur le plan politique, Emmanuel Macron demeure quasi stable au sein de son électorat de premier tour (48%, -2 points), mais il enregistre un net recul auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (7%, -12 points) et reste très fortement contesté par ceux de Marine Le Pen (4%, -4 points). La confiance demeure faible mais stable parmi les abstentionnistes (12%, +1 point). Seuls 32% (-4 points) de ses électeurs du second tour déclarent encore lui faire confiance.
D’un point de vue socio-professionnel, le clivage observé en début de mandat s’est largement estompé sous l’effet de la défiance qui a gagné ses zones de force. Emmanuel Macron enregistre une forte baisse auprès des cadres (-7 points), atteignant 18%, soit un niveau proche de son plus bas historique mesuré en septembre (17%). Il recueille 17% de confiance auprès des professions intermédiaires (stable), 14% parmi les catégories populaires (-1 point) et 17% chez les retraités (-4 points). En termes d’âge, les moins de 25 ans demeurent la catégorie la plus favorable au chef de l’État (26%, +4 points), à un niveau supérieur à celui observé parmi les autres classes d’âge (entre 12% et 19%). Enfin, Emmanuel Macron enregistre une nette baisse de confiance parmi les Franciliens (19%, -7 points).
Sébastien Lecornu progresse largement en ce début d’année
Après l’adoption du budget de la Sécurité sociale et malgré l’absence de vote sur le budget de l’État, Sébastien Lecornu enregistre une nette progression de sa cote de confiance en janvier : 24% des Français déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes du pays, soit une hausse de 4 points en un mois et un niveau supérieur de 2 points à celui de sa première mesure enregistrée en novembre. L’écart de confiance entre le Premier ministre et le Président de la République atteint ainsi un niveau inédit depuis le début du premier quinquennat (8 points). En parallèle, la défiance recule dans les mêmes proportions : 63% des Français (-4 points) déclarent ne pas lui faire confiance.
Sur le plan politique, Sébastien Lecornu bénéficie d’un fort soutien au sein de l’électorat présidentiel. Il recueille la confiance de 60% des électeurs d’Emmanuel Macron (+14 points), un niveau sensiblement supérieur à celui accordé au chef de l’État lui-même (48%). De même, 46% (+9 points) des électeurs du second tour de l’élection présidentielle déclarent lui faire confiance, là encore à un niveau supérieur à celui observé pour Emmanuel Macron. En revanche, la confiance demeure plus limitée auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (13%, -6 points) de Marine Le Pen (14%, +6 points) et des abstentionnistes (18%, +2 points).
D’un point de vue socio-professionnel, le Premier ministre progresse principalement chez les retraités, auprès desquels il atteint 33% de confiance (+6 points). Les évolutions sont plus contenues dans les autres catégories : 27% chez les cadres (+2 points, après un recul de 7 points le mois précédent), 21% parmi les professions intermédiaires (stable) et 19% auprès des catégories populaires (+2 points). En termes d’âge, Sébastien Lecornu bénéficie d’un soutien particulièrement élevé parmi les 65 ans et plus (34%), à un niveau supérieur à celui observé dans les autres classes d’âge (entre 19% et 24%).
Jordan Bardella se maintient en tête du classement et conserve son avance sur les autres personnalités
Pour ce début d’année, Jordan Bardella conserve sa première place et retrouve son plus haut niveau, déjà atteint l’année dernière (39%, +1 point). L’écart reste inchangé avec Marine Le Pen qui progresse elle aussi légèrement et conserve sa deuxième place (34%, +1 point). Après un recul quasi continu depuis mai 2025, l’image d’Édouard Philippe cesse de s’éroder et enregistre une légère remontée de 2 points (32%), à un niveau qui reste toutefois parmi les plus bas observés. Même dynamique pour Gabriel Attal qui, après avoir perdu 6 points sur les deux derniers mois de l’année 2025, progresse nettement en janvier (+4 points à 31%) et reprend la quatrième place.
Gérald Darmanin progresse quant à lui de 2 points et atteint 30%. Bruno Retailleau recueille 26% de bonne image (+2 points). Enfin, Raphaël Glucksmann progresse de 2 points (23%) et devient en janvier la première personnalité de gauche de l’Observatoire politique. A 23%, Xavier Bertrand progresse de 3 points et s’installe à la 10e place.
Auprès des électeurs de gauche, François Ruffin reprend la tête du classement à la faveur d’une hausse de 3 points (45%), à égalité avec l’ancien président François Hollande (45%, +1 point). Fabien Roussel recule nettement (43%, -7 points). Suivent Raphaël Glucksmann (39%, -2 points), Jean-Luc Mélenchon (38%, -7 points, après une progression de 10 points le mois précédent), Marine Tondelier (37%, stable) et Olivier Faure (36%, +2 points). Dominique de Villepin (28%, -2 points) est la première personnalité du classement n’appartenant pas à ce camp.
Auprès des électeurs d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe (65%, +7 points après -7 en décembre) et Gabriel Attal (65%, +6 points après -7) progressent fortement et reprennent la tête du classement à Gérald Darmanin qui occupe ce mois-ci la troisième place (60%, -1 point). Plus loin, Xavier Bertrand atteint 45% (+3 points, après +8 le mois précédent) et se hisse à la quatrième place, alors qu’il n’était que 7e le mois dernier et 9e en novembre. Il devance deux personnalités de gauche : Bernard Cazeneuve (45%, -1 point) et Raphaël Glucksmann (40%, +5 points). Yaël Braun-Pivet enregistre un fort recul (34%, -11 points), après avoir progressé au sein de cet électorat en fin d’année. Amélie de Montchalin recueille 20% de bonne image et Aurore Bergé 19%.
Auprès des électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, Jordan Bardella recule de 3 points (88%) et Marine Le Pen de 5 points (85%), tout en conservant très largement la tête du classement. Ils devancent Marion Maréchal (71%, -1 point), puis Éric Ciotti (52%, +3 points) et Éric Zemmour (49%, +3 points). Bruno Retailleau progresse à nouveau au sein de cet électorat et atteint 47% (+12 points) de bonne image, devant Sarah Knafo (40%, +5 points).
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Télécharger le rapport : L’Observatoire politique – Janvier 2026