Les Français et la fiscalité

Deux Français sur trois ne croient pas à la baisse de 13 milliards d’euros des prélèvements obligatoires en 2018

En effet, 66% des Français jugent que cette annonce faite par le gouvernement n’est pas crédible (dont 17% « pas du tout crédible »). A l’inverse, 34% estiment qu’elle l’est, dont seulement 6% la jugent « tout à fait crédible ».

Ce sentiment est majoritairement partagé auprès de l’ensemble des catégories de population, quel que soit l’âge, le sexe ou la profession.

En revanche, la lecture politique de ces résultats fait apparaître des divergences nettes.

Plus de deux électeurs sur trois de 1er tour d’Emmanuel Macron jugent cette annonce crédible (68%), mais sans forte conviction (seulement 12% l’estiment « tout à fait crédible »). A l’inverse, la baisse de 13 milliards d’euros des prélèvements obligatoires en 2018 n’apparaît pas crédible pour une majorité des autres principaux électorats de 1er tour à l’élection présidentielle : 80% des électeurs de Marine Le Pen, 73% de ceux de François Fillon, 65% de ceux de Benoît Hamon et 64% de ceux de Jean-Luc Mélenchon.

Si les électeurs de François Fillon se montrent à l’accoutumée relativement confiant à l’égard du couple exécutif* et du nouveau gouvernement**, la fiscalité semble à l’heure actuelle être un point d’achoppement avec cette partie de l’électorat (tendance déjà observée dans le sondage Elabe pour BFMTV « Les Français et l’orientation politique de l’exécutif » du 5 juillet 2017 : 64% estiment que l’orientation de l’exécutif concernant l’évolution de la fiscalité va dans le mauvaise direction).

*(cf. « Observatoire Politique » Elabe pour Les Echos / Radio Classique)  **(cf. sondage Elabe pour BFMTV « Les Français et le nouveau gouvernement » du 22 juin 2017)

Impôt sur la fortune : 49% des Français souhaitent que le gouvernement maintienne le système actuel.

Alors que le gouvernement envisage de transformer l’ISF en excluant de son assiette les placements financiers, l’épargne et les autres valeurs mobilières avec l’objectif d’inciter l’investissement du patrimoine financier plutôt que son épargne, une majorité de Français se prononcent en faveur d’un statu quo (assiette constituée du patrimoine immobilier et financier). En revanche, 33% sont en faveur de la réforme prévue par le gouvernement, et 17% souhaitent sa suppression.

D’un point de vue politique, trois lignes distinctes semblent se dessiner :

l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, celui de Benoît Hamon, et dans une moindre mesure de Marine Le Pen se prononcent assez largement en faveur d’un maintien du système actuel (respectivement 72%, 68% et 54%).

l’électorat d’Emmanuel Macron soutient avant tout la réforme annoncée par le gouvernement, mais d’une majorité relative (49%). En effet, 37% souhaitent le maintien de système actuel.

L’électorat de François Fillon partagés entre réforme visant à réduire l’assiette en excluant le patrimoine financier (35%), maintien du système actuel (34%) et suppression de l’ISF (31%). A noter que c’est auprès de cet électorat que la suppression de l’ISF est la plus plébiscitée, de façon significative.

Si l’ensemble des catégories sociodémographiques se prononcent majoritairement (majorité relative) pour un maintien du système actuel, certains écarts apparaissent : le maintien est souhaité par 63% des professions intermédiaires (catégorie regroupant les personnes qui occupe une position intermédiaire entre les cadres et les agents d’exécution, ouvriers ou employés), alors que les cadres sont beaucoup plus partagés et ne sont « que » 44% à partager cette opinion contre 39% qui se prononce en faveur de la réforme annoncée par le gouvernement.

Baisse des dépenses publiques et baisse des impôts : deux priorités de même niveau pour un Français sur deux

En effet, 49% estiment que la baisse des dépenses publiques et la baisse des impôts doivent toutes deux être considérées comme une priorité par le gouvernement. A l’inverse, plus d’un tiers jugent (34%) que la priorité du gouvernement doit avant tout être la baisse des dépenses publiques, et seulement 17% que la priorité soit mise sur la baisse des impôts.

La double priorité (baisse des dépenses publiques et des impôts) est choisie par une majorité auprès de chaque électorat de 1er tour (sauf celui de François Fillon), mais les électeurs de Jean-Luc Mélenchon optent ensuite pour une baisse des impôts (28%) avant une baisse des dépenses publiques (21%), alors que la tendance est inverse auprès des autres segments politiques. Cette position est encore plus prégnante parmi les électeurs de François Fillon qui font de la baisse des dépenses publiques leur premier choix (46%, suivi de l’item « autant l’une que l’autre » à 45%).

Même si la double priorité est majoritaire auprès de l’ensemble des catégories sociodémographiques, les cadres et les retraités sont significativement davantage que les autres catégories de population à prioriser la baisse des dépenses publiques (43%, contre 34% pour l’ensemble des Français). La tendance est inverse auprès des employés et ouvriers qui se portent moins sur la priorité à la baisse des dépenses publiques uniquement et se prononcent plus nettement pour la double priorité (baisse des dépenses publiques et des impôts). Enfin, les 18-24 ans se distinguent en penchant davantage que la moyenne pour une baisse des impôts (34%, contre 17%).

Télécharger ici : Les Français et la fiscalité / Sondage ELABE pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne

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