Les dépenses publiques

Pour plus de huit Français interrogés sur dix, la baisse des dépenses publiques en matière de santé (90%), de retraites (89%), de sécurité (89%), d’éducation (86%) et de justice (82%) ne serait pas acceptable.

Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires qui restent fortes, sur fond de reprise économique à la fois timide et fragile, les réponses des Français témoignent de l’extrême sensibilité du débat engagé sur la nécessité de réduire les dépenses publiques pour l’avenir. Les personnes interrogées sont en effet 57% à répondre qu’une baisse de la dépense publique dans le domaine de la santé serait « pas du tout acceptable », de même que 53% pour les retraites et 51% pour la sécurité. Trois domaines suscitent toutefois des réponses nettement plus contrastées, au premier rang desquels les aides sociales : 49% estiment qu’il serait acceptable de baisser les dépenses en la matière, contre 50% exprimant un avis opposé. De même, 47% (contre 53%) accepteraient une baisse des dépenses en ce qui concerne la culture ainsi que pour l’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Quelles que soient les préférences partisanes des personnes interrogées, santé, retraites, sécurité, éducation et justice suscitent un front quasi unanime pour refuser une baisse des dépenses publiques. En revanche, les aides sociales, la culture, l’indemnisation des demandeurs d’emploi et dans une moindre mesure l’environnement suscitent un clivage gauche / droite prononcé. Ce sont ainsi 67% des sympathisants de la droite et du centre (de même 63% de ceux du Front national) qui, très sensibles à la dénonciation de « l’assistanat », se prononcent en faveur d’une baisse de la dépense publique dans le domaine des aides sociales, contre seulement 25% des sympathisants de gauche. De même, 64% des premiers (53% au FN) accepteraient une baisse de l’indemnisation des demandeurs d’emploi contre 29% à gauche.

Pour 58% des Français interrogés, l’objectif de réduire de 500 000 le nombre d’emplois publics (fonctionnaires et contractuels) entre 2017 et 2022 n’est pas souhaitable.

Ils sont même 30% à estimer que cet objectif « pas du tout souhaitable » contre seulement 13% affirmant qu’il est « tout à fait souhaitable ». Cette proposition clé du programme de François Fillon fédère contre elle une majorité de répondants, quelle que soit leur classe d’âge ou leur catégorie socioprofessionnelle d’appartenance. A titre d’exemple, 71% des 18-24 ans (les plus sévères) jugent que cet objectif n’est pas souhaitable, de même que 54% des personnes âgées de 65 ans et plus (les plus bienveillantes). Parmi les actifs, les classes populaires rejettent elles aussi cet objectif (61%), à l’unisson avec les classes moyennes et supérieures (62%).

Dans le détail, seuls les sympathisants de la droite et du centre souscrivent majoritairement à cet objectif : 65% (dont 71% des sympathisants LR) le jugent souhaitable, contre seulement 20% des sympathisants de gauche. Les sympathisants du Front national se montrent quant à eux  très partagés : 47% soutiennent cet objectif, contre 52% qui s’y opposent.

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