Le Conseil Objectivé

Les Français et l’élection présidentielle

Présidentielle 2027 : le RN serait nettement en tête au 1er tour, forte hausse d’Edouard Philippe qui se détache pour la 2ème place

 

A un peu plus d’1 an de la prochaine élection présidentielle, le candidat du RN serait très largement en tête des intentions de vote : 35% (stable depuis octobre 2025) des inscrits ayant l’intention d’aller voter se prononceraient pour Jordan Bardella dans une configuration face à Bruno Retailleau, Eric Zemmour et Edouard Philippe. Dans une configuration comparable, Marine Le Pen serait également en tête mais ferait nettement moins bien (31,5%).

Les deux candidats du RN profiteraient d’une forte mobilisation des électeurs RN et alliés (77% à 85% selon les configurations), et capteraient une fraction (14% à 25%) de l’électorat LR-DVD.

 

Dans le match pour la seconde place, Edouard Philippe distancerait les autres candidats. Il serait crédité de 20,5% à 25,5% des intentions de vote selon les configurations, en forte progression de 5 points depuis octobre 2025 dans l’hypothèse face à Raphaël Glucksmann et Jordan Bardella.

Il est le candidat le plus rassembleur du bloc central : le seul à récupérer la majorité des électeurs Ensemble (63% à 73%), et capable de capter 31% à 47% de l’électorat LR, et quelques voix (8% à 14%) de l’électorat NFP. Depuis octobre, E. Philippe progresse chez les électeurs d’Ensemble (66%, +16), les 65 ans et plus (28%, +13) et les cadres (37%, +16).

En cas de candidature unique du centre et de la droite (hypothèse avec E. Philippe, sans candidat LR), le gain serait limité pour E. Philippe (25,5%).

 

Jean-Luc Mélenchon (en recul de 2 points) et Raphaël Glucksmann (stable) seraient à égalité en troisième position avec 10,5% des intentions de vote.

Le candidat insoumis récupère une majorité relative des électeurs NFP (32% à 37% contre 26% à 30% pour Raphaël Glucksmann) et le candidat PS bénéficierait de reports de voix partiels des électeurs Ensemble (9% à 22%). Parmi les trois candidatures PS testées, Raphaël Glucksmann ferait le meilleur score avec 10,5% des intentions de vote, contre 8,5% pour François Hollande et 4,5% pour Olivier Faure dans des configurations comparables.

 

En l’absence d’Edouard Philippe :

  • La candidature de Gabriel Attal recueillerait 11,5% des intentions de vote, en s’appuyant sur 42% des électeurs Ensemble. Il se disputerait la seconde place avec Raphaël Glucksmann (12,5%) et Jean-Luc Mélenchon (12%).
  • Les candidatures de Gérald Darmanin (8%) et Sébastien Lecornu (6,5%) ne récupéreraient qu’un tiers des électeurs Ensemble (respectivement 32% et 30%, sans réserve de voix dans les autres électorats) et seraient devancées par Raphaël Glucksmann (12% à 12,5%) et Jean-Luc Mélenchon (11% à 13%) au coude à coude.

 

Le candidat LR Bruno Retailleau serait crédité de 7% à 10% des intentions de vote, en léger recul (-1) face à Edouard Philippe et Jordan Bardella. Il ne récupérerait qu’un quart à un tiers de l’électorat LR-DVD, mais capterait 10% à 20% de l’électorat Ensemble.

 

A gauche, Marine Tondelier serait créditée de 4% à 5% selon les hypothèses (stable). François Ruffin ferait mieux avec 8% des intentions de vote face à Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon. Fabien Roussel serait crédité de 3% à 4% (stable).

 

Selon les configurations, les candidats Reconquête Éric Zemmour et Sarah Knafo seraient crédités de 3% à 5% des intentions de vote (léger recul), Dominique de Villepin de 2,5% à 6%, Nicolas Dupont-Aignan de 2,5% à 3%, et Nathalie Arthaud de 0,5% à 1%.

 

A date au 2nd tour, Edouard Philippe serait en mesure de battre le RN qui reste favori dans toutes les autres hypothèses

 

Si le 2nd tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Jordan Bardella l’emporterait face à Jean-Luc Mélenchon (71,5% vs 28,5%), Raphaël Glucksmann (58,5% vs 41,5%) et Bruno Retailleau (58% vs 42%).

A contrario, Edouard Philippe l’emporterait d’une courte tête face à Jordan Bardella (51,5% vs 48,5%) et avec une avance plus confortable face à Marine Le Pen (53% vs 47%).

Gabriel Attal réaliserait un moins bon score qu’Edouard Philippe face à Marine Le Pen (49% vs 51%).

En cas de duel E. Philippe / J. Bardella, le maire du Havre bénéficierait d’excellents reports de voix à gauche (3 électeurs sur 4 de R. Glucksmann, 2 sur 3 de Marine Tondelier et 1 sur 2 de Jean-Luc Mélenchon) tandis que J. Bardella aurait le soutien de la quasi-totalité des électeurs d’Éric Zemmour. Les électeurs de Bruno Retailleau seraient très divisés (la moitié voterait pour E. Philippe, l’autre moitié pour J. Bardella). Dans l’hypothèse d’un duel G. Attal / M. Le Pen, les électeurs de Bruno Retailleau seraient moins nombreux à voter pour le candidat du centre (3 sur 10) et davantage pour la candidate du RN (plus d’1 sur 2).

En cas de duel R. Glucksmann / J. Bardella, le candidat de gauche aurait un report de voix incomplet des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (1 sur 2, quand 1 sur 3 s’abstiendrait) et des électeurs du candidat du centre (1 sur 2, quand 1 sur 3 s’abstiendrait). J. Bardella bénéficierait des voix de 6 électeurs sur 10 de Bruno Retailleau (1 sur 4 n’irait pas voter).

En cas de duel J.-L. Mélenchon / J. Bardella, les électeurs du centre s’abstiendraient massivement (2 sur 3, alors qu’1 sur 4 voterait pour J. Bardella).

 

Pour le 1er tour de l’élection présidentielle, 1 Français sur 2 est favorable à une candidature unique à gauche sans LFI, 1 sur 3 entre le centre et la droite, et 3 sur 10 à « l’union des droites »

Les sympathisants PS et LR sont partagés

Pour le 1er tour de la prochaine élection présidentielle qui aura lieu dans un an :

  • 48% des Français sont favorables à une alliance et une candidature unique entre certains partis de gauche (Parti Socialiste, Les Ecologistes, Parti communiste), sans la France Insoumise
  • 36% entre le camp présidentiel (Renaissance, MoDem, Horizons) et les Républicains
  • 35% entre les Républicains et le Rassemblement National
  • 32% entre le camp présidentiel (Renaissance, MoDem, Horizons), les Républicains et une partie du Parti Socialiste
  • 29% entre les Républicains, le Rassemblement National et Reconquête
  • 27% entre tous les partis de gauche, y compris la France Insoumise
  • Et 26% entre les Républicains et Reconquête

D’un point de vue politique, près de 7 électeurs du NFP sur 10 sont favorables à une alliance et une candidature unique entre certains partis de gauche sans LFI (73%). La même proportion approuverait une alliance avec LFI (68%). Mais dans le détail, si la quasi-totalité des sympathisants PS sont favorables à une alliance sans LFI (92%), une courte majorité est opposée à une alliance avec LFI (58% opposés).

Une alliance entre le camp présidentiel et Les Républicains est soutenue par une majorité d’électeurs d’Ensemble (76%) et de sympathisants LR (58%). La majorité des électeurs d’Ensemble se dit également favorable à une alliance camp présidentiel / LR / une partie du PS (76%) mais les sympathisants LR (57% opposés) et les sympathisants PS (62%) sont plus réticents.

Les sympathisants LR sont très partagés : une majorité étroite soutient une alliance avec le camp présidentiel (58%) et le RN (57%) et ils sont divisés sur l’éventualité d’une candidature unique avec Reconquête (48% favorables) ou avec le RN et Reconquête (48%).

La majorité des électeurs du RN est favorable à une alliance avec LR (77%) et, dans une moindre mesure, à « l’union des droites » LR/RN/Reconquête (62%).

 

Téléchargez le rapport avec l’ensemble des résultats ici

 

Crédits image : manhhai – Flickr.com