Une mobilisation des médecins plutôt approuvée
Invités à se prononcer sur la mobilisation des médecins, engagée depuis ce lundi et pour une durée de 10 jours dans le contexte des débats sur le budget de la santé pour 2026, 64% des Français approuvent cette mobilisation, dont 27% la soutiennent et 37% en ont de la sympathie.
A l’inverse, 23% désapprouvent, dont 15% sont opposés et 8% hostiles. 12% y sont indifférents. Ce niveau d’approbation s’explique en grande partie par l’excellente image dont dispose les médecins dans l’opinion publique (90% d’après notre sondage Elabe pour les Echos de novembre 2023).
Cette approbation s’observe dans tous les pans de la société (sexe, âge, profession, région, catégorie d’agglomération).
Politiquement, les électeurs du NFP (74%), LR (64%) et du RN (65%) approuvent majoritairement les médecins. Les électeurs d’Ensemble sont plus partagés : 49% approuvent la mobilisation, 35% désapprouvent et 16% indifférents.
Une majorité de Français estime que les médecins doivent être associés à la fixation des tarifs
Mais leurs revendications pouvant impacter négativement l’accès aux soins sont rejetées
Un point de convergence entre l’opinion et les revendications des médecins émerge : la nécessité de maintenir une négociation obligatoire avec les médecins avant toute décision sur les tarifs (pour 56%). A l’inverse, 41% des Français pensent qu’il faut permettre à l’Assurance maladie de fixer certaines règles ou tarifs pour mieux maîtriser les dépenses de santé.
Mais dès lors que leurs revendications peuvent impacter leur accès aux soins, les Français déclarent y être majoritairement défavorables :
- 76% estiment qu’il faut limiter davantage les dépassements d’honoraires pour protéger les patients contre des coûts trop élevés (contre 22% qu’il faut laisser aux médecins la possibilité de fixer leurs honoraires pour préserver l’attractivité du métier).
- 63% qu’il faut encadrer davantage l’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux – 69% dans les communes rurales (contre 34% qu’il faut préserver la liberté d’installation des médecins pour ne pas décourager des vocations).
Les Français sont un peu plus partagés sur le renforcement des contrôles des prescriptions d’arrêts de travail pour limiter les abus (53% l’approuvent – notamment les retraités 62%), contre 44% qu’il faut faire confiance au jugement des médecins et ne pas davantage les contrôler.
Des distinctions selon l’âge s’observent : à l’exception de leur pouvoir de négociation, les 65 ans et plus sont davantage opposés aux revendications des médecins (entre 61 et 86%) que les jeunes âgés de moins de 35 ans.
Les électorats s’accordent sur ces différents points à l’exception des contrôles sur les prescriptions d’arrêts de travail : les électeurs NFP sont les seuls à déclarer majoritairement qu’il faut faire confiance au jugement des médecins et ne pas davantage les contrôler (60%).
Dépassements d’honoraires plus élevés qu’aujourd’hui pour consulter un médecin spécialiste : 1 Français sur 2 juge cela inacceptable, près d’1 sur 2 l’accepterait en contrepartie d’un meilleur accès aux soins
Pour 49% des Français, il est inacceptable que les patients aient à payer des dépassements d’honoraires plus élevés qu’aujourd’hui pour consulter certains médecins spécialistes, et ce même si cela permettait de réduire les délais ou d’améliorer la proximité. Néanmoins, pour 44%, cela serait acceptable si cela permettait d’améliorer l’accès aux soins (délais plus courts, rendez-vous plus proche).
Seulement 7% déclarent qu’il serait acceptable que les patients paient des dépassements d’honoraires plus élevés pour préserver l’attractivité du métier de médecin.
La hausse des taux de dépassement est jugée particulièrement inacceptable par les 65 ans et plus (68%), tandis que les jeunes de moins de 35 ans la tolèrent davantage tant qu’elle garantit un meilleur accès aux soins (57%).
Une courte majorité d’électeurs du NFP (53%) et du RN (53%) jugent cela inacceptable tandis que les électeurs d’Ensemble et de droite sont plus partagés, près de la moitié l’accepteraient en contrepartie d’une amélioration de l’accès aux soins (respectivement 48% et 49%).
Pour réduire le nombre d’arrêts de travail, l’opinion privilégie le renforcement des contrôles sur les salariés plutôt que le contrôle des médecins.
L’amélioration des conditions de travail et de la santé des salariés priorité pour 6 Français sur 10.
Pour réduire le nombre d’arrêts de travail, l’opinion privilégie le fait de mieux contrôler les salariés en arrêt maladie (65%, 3 réponses possibles parmi 6 items), améliorer les conditions de travail des salariés (64%, +8 points depuis le 3 juillet 2025) et améliorer l’accès aux soins et la santé des salariés (59%, +7) devant mieux contrôler des médecins qui prescrivent beaucoup d’arrêts maladie (48% -7). Près d’1 Français sur 5 cite limiter le nombre de jours indemnisés par an (23%) et réduire la durée maximale d’un arrêt de travail (20%).
Depuis notre mesure de juillet 2025, l’amélioration des conditions de travail et d’accès aux soins pour ls salariés progressent fortement chez les retraités pour rejoindre l’opinion des actifs. Le recul du renforcement des contrôles des médecins s’observe dans tous les pans de la société et électorats.
L’amélioration des conditions de travail et de l’accès aux soins des salariés sont plébiscitées par les électeurs du NFP (81% et 72%) tandis que le renforcement des contrôles sur les salariés est privilégié par les électeurs d’Ensemble, du RN et de droite (74% – 77%).
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Crédit image : Pexels, @Ivan S


