Comment les 15-29 ans appréhendent leur avenir ?
Les 15-29 ans n’ont pas connu les « Trente Glorieuses », ils ont grandi dans l’ombre d’un empilement de crises : crise financière et économique mondiale (2008-2010), crise sécuritaire et terroriste (depuis 2015), crise climatique et écologique, crise sanitaire du Covid-19, crise inflationniste et du pouvoir d’achat (2022-2024), crise géopolitique (depuis 2022) et crise de la dette publique qui remet en question notre modèle social. Dans ce contexte comment les jeunes trouvent-ils leur voie ? Sur quels repères s’appuient-ils pour se construire, faire des choix et se projeter dans l’avenir quand les parcours linéaires d’antan et les « voies royales » ne sont plus des certitudes ?
Cette étude menée auprès de 5 000 jeunes de 15 à 29 ans en janvier 2026 révèle une jeunesse vulnérable mais résiliente, angoissée mais active, tiraillée entre quête de sécurité et aspiration à l’épanouissement. Loin de se résigner, les jeunes recomposent leurs propres repères : le proche plutôt que le lointain (soi-même, famille, territoire), l’immédiat plutôt que le long terme (santé mentale, équilibre de vie), le concret plutôt que l’idéologie. Et au cœur de cette recherche de stabilité, un pilier persiste : le travail, qui reste la clé de l’indépendance et le passage obligé à la vie adulte. Avec quelles exigences renouvelées ? Et surtout, demain répondra-t-il aux attentes d’aujourd’hui ?
« Cette étude révèle des jeunes fragilisés par l’accumulation des crises. Au quotidien, l’angoisse des fins de mois, les problèmes de santé mentale, la solitude rendent difficile le quotidien d’une partie importante de la jeunesse. À ces vulnérabilités s’ajoutent les difficultés d’accès au logement, à l’emploi et la crainte du déclassement. Sous tension, ils se recentrent sur leur cercle proche et leur territoire, et font de la préservation de leur équilibre mental et physique une priorité, y compris dans le travail.
Ce constat interpelle directement notre responsabilité collective et celle du politique. À l’heure où beaucoup de jeunes ont le sentiment de ne pas être compris ni écoutés par les responsables politiques, et à l’approche d’échéances électorales majeures, ne pas apporter de réponses à cette génération sur un fil serait une forme de « non-assistance à jeunesse en danger ». »
Bernard Sananès, Président d’Elabe
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