Le Conseil Objectivé

Les Français et les élections législatives

En cas de nouvelle dissolution, le RN serait largement en tête des intentions de vote (31-31,5% selon l’hypothèse, en léger recul). Dans l’hypothèse d’une gauche unie, l’alliance des partis de gauche obtiendrait 23,5%, en hausse, largement devant Ensemble (14%, en baisse) et LR (10,5%). En cas de gauche divisée, une alliance PS/EELV/PCF (16,5%) devancerait LFI (10%).

Dans l’hypothèse de nouvelles élections législatives, le RN et ses alliés seraient largement en tête des intentions de vote avec 31-31,5% (selon l’offre électorale).

Ils bénéficieraient d’une solide fidélité de leur électorat de 2024 (83-85%), et resteraient en tête auprès des actifs (34-35%) et notamment des ouvriers et employés (44-45%), mais également auprès des retraités (29%).

A noter que Reconquête est mesuré à 4,5-5%, en hausse de 2 points.

Dans l’hypothèse d’une gauche unie, l’alliance des partis de gauche obtiendrait 23,5% des intentions de vote (en hausse de 2,5 points par rapport à début juin), en récupérant le vote de 76% de ses électeurs de 2024. Une partie (10%) préfèrerait un candidat Divers gauche (6,5% des intentions de vote dans cette hypothèse).

En cas de gauche divisée, une alliance entre le PS, EELV et le PCF recueillerait 16,5% des voix, contre 10% pour LFI. 50% des électeurs NFP choisirait une alliance PS/EELV/PCF alors que 32% choisiraient LFI.

Quelle que soit l’hypothèse pour la gauche, Ensemble est crédité de 13,5-14% des intentions de vote. Le camp présidentiel s’appuie sur 57-58% de son socle électoral de 2024, qui s’effrite encore un peu plus par rapport à juin dernier (le reste préférant une un candidat LR ou de gauche).

Sur son étiquette, LR obtiendrait 10,5% des intentions de vote, en ne récupérant qu’une partie de ses électeurs de 2024 (51-53%) mais en attirant des électeurs Ensemble (19-20%).

Cette intention de vote a été réalisée sur une offre politique standard (et donc homogène dans toutes les circonscriptions) et sur étiquette partisane (pas de nom de candidats locaux).

Qui à Matignon demain en cas de démission de François Bayrou ? La tentation d’un Premier ministre apolitique.

39% (-2 par rapport à décembre dernier) des Français souhaitent que le Premier ministre du prochain gouvernement n’appartienne à aucun parti politique (société civile ou monde de l’entreprise). Si ce souhait est nettement majoritaire parmi les abstentionnistes (61%), il est également émis par 40% des électeurs d’Ensemble, ainsi que 28% de ceux de LR.

Plus loin, 24% des Français souhaitent que le prochain Premier ministre soit issu du RN (+7), 21% de gauche (-2), 10% de droite (-2) et 6% du camp présidentiel (stable).

Qui est responsable de la situation politique ? Près d’un Français sur deux renvoie dos à dos l’ensemble de la classe politique. Emmanuel Macron est désigné responsable par un Français sur trois.

45% des Français estiment que tous les acteurs politiques sont responsables, un score en nette hausse (+14) par rapport à décembre dernier après la censure du gouvernement de Michel Barnier.

32% estiment quant à eux que c’est principalement Emmanuel Macron qui est responsable de la situation (en baisse de 9 points), avec notamment sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale il y a un an.

10% estiment que c’est François Bayrou qui n’a pas su trouver de compromis avec les autres groupes politiques, 7% pointent du doigt les partis de gauche et 5% le RN.

Les électorats d’opposition – du NFP (47%) et du RN (47%) – estiment que le chef de l’Etat est le premier responsable de la situation politique actuelle. Les électeurs d’Ensemble estiment quant à eux que la responsabilité est partagée (50%) ; ceux de droite sont divisée entre une responsabilité collective (43%) et la mise en cause d’Emmanuel Macron (35%). A noter que François Bayrou est plutôt épargné au sein de tous les électorats (13% au plus).

En cas de nouvelle dissolution, 53% des Français rejettent la stratégie du « front républicain »

A date, 53% des Français ne souhaitent pas que les partis et les électeurs fassent barrage au Rassemblement national pour éviter qu’ils obtiennent la majorité à l’Assemblée Nationale, s’ils arrivent en tête au soir du 1er tour. A l’inverse, 46% souhaitent qu’il y ait un « front républicain ».

91% des électeurs RN rejettent le front républicain, tout comme 57% des électeurs LR. A noter que 31% de ceux d’Ensemble le rejettent aussi.

A l’inverse, 80% des électeurs NFP souhaitent faire barrage au RN, et dans une moindre mesure 68% de ceux d’Ensemble.

Quelle stratégie pour LR en cas de nouvelle dissolution ? L’opinion est très partagée

Dans la perspective d’une nouvelle dissolution, l’opinion publique dans son ensemble est partagée : 22% préfèrent une alliance avec le RN (+5 en 3 mois), 17% avec le camp présidentiel (+1) et 15% présenter un candidat LR sans faire d’alliance (-6) ; 46% n’ont pas d’avis (stable).

Les sympathisants LR sont également très partagés sur la stratégie à adopter : 30% (-10) souhaitent que le parti présente un candidat sans faire d’alliance, alors que 35% (+9) optent pour une alliance avec le camp présidentiel et 29% (+8) avec le RN. A noter que 71% (+16) des sympathisants des partis du camp présidentiel souhaitent que LR s’allient avec eux, alors que 66% (+10)  des sympathisants RN souhaitent qu’ils s’allient avec leur parti.

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Crédits image : Wikimédia commons / Richard Ying et Tangui Morlier / Croquant

 

ELABE rappelle que les résultats de ce sondage doivent être interprétés comme une indication de l’état du rapport de force politique actuel en France métropolitaine dans la perspective d’une élection législative. Ils ne constituent en aucun cas un élément prédictif des résultats le jour du vote. La notice de ce sondage peut être consultée sur le site internet de la Commission des sondages : www.commission-des-sondages.fr

Toute publication ou toute reprise de ce sondage doit faire figurer la méthodologie et les marges d’erreurs :

« Echantillon de 1 678 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1 563 inscrits sur les listes électorales. Interrogation par Internet du 28 au 29 août 2025.

La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région de résidence et catégorie d’agglomération.

Pour les questions d’intention de vote, seules les personnes inscrites sur les listes électorales et ayant l’intention d’aller voter sont prises en compte. Marge d’erreur comprise entre 1 et 3,1 pts de pourcentage. »