La crise Covid a-t-elle changé le regard des Français sur Emmanuel Macron ?

L’image d’Emmanuel Macron s’améliore légèrement par rapport à octobre 2020

Alors que l’image d’Emmanuel Macron était stable entre mai et octobre 2020, elle s’améliore légèrement en un peu plus de quatre mois.

Si le président de la République est toujours perçu comme autoritaire (67%, +4 points depuis octobre 2020, +5 points depuis mai 2020), et arrogant (64%, -1 depuis octobre 2020), ses points forts se renforcent légèrement : son dynamisme (67%, +4 depuis octobre 2020, +6 depuis mai 2020), sa capacité à bien représenter la France à l’étranger (58%, +3), son courage (56%, +5). Et plusieurs traits d’image positifs progressent : sa sympathie (49%, +7), son respect de ses engagements (42%, +5), sa capacité à obtenir des résultats (38%, +4), sa sincérité (38%, +5), sa capacité à rassurer (33%, +3) et à rassembler les Français (30%, +4).

Sa capacité à réformer le pays reste stable par rapport à octobre 2020 (44%, +1) mais augmente légèrement par rapport à mai 2020 (+4).

Son point faible demeure sa proximité (« comprend les gens comme vous », 27%, +1).

D’un point de vue politique, l’image d’Emmanuel Macron progresse chez les abstentionnistes, reste très positive et stable dans son électorat, et plus nuancée et également stable chez celui de François Fillon. A gauche, son image reste globalement négative mais s’améliore légèrement parmi les électeurs de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon : il est notamment perçu comme plus courageux (51% +10 et 45% +6). L’image du chef de l’Etat demeure très négative au sein des électeurs de Marine Le Pen.

En termes d’âge, l’image d’Emmanuel Macron s’améliore chez les plus de 35 ans, et en particulier sur la tranche d’âge des 50-64 ans où, à titre d’exemple, sa sympathie (50%, +12) et son respect des engagements (47%, +13) connaissent de fortes hausses. A noter toutefois que l’item sympathie progresse fortement chez les moins de 50 ans également (jusqu’à 63%, +10 chez les 18-24 ans).

D’un point de vue socio-professionnel, son image progresse auprès des ouvriers. Même s’ils demeurent minoritaires, 45% (+16) des ouvriers estiment qu’il a la capacité de réformer le pays, 47% (+22) le trouvent sympathique, et 38% (+19) sincère. Son image progresse également chez les cadres, en particulier sur le respect de ses engagements (56%, +12).

1 Français sur 2 se dit déçu par l’action du Président, une proportion en forte baisse

3 ans et 9 mois après son élection, 52% des Français (-10 points par rapport à janvier 2020) déclarent que l’action d’Emmanuel Macron en tant que Président de la République est décevante. 18% (+4) la jugent satisfaisante et 29% (+5) estiment qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.

Politiquement, le regard porté sur l’action du Président est stable et plutôt positif au sein de son électorat du 1er tour (40% satisfaisante, 34% trop tôt, 25% décevante) et plutôt négatif parmi ceux de François Fillon (19% satisfaisante, 27% trop tôt, 54% décevante).

Le jugement sur l’action du Président est majoritairement négatif mais il s’améliore légèrement au sein des autres électorats : Marine Le Pen (73% décevante, -7), Jean-Luc Mélenchon (67%, – 10), et Benoît Hamon (65%, -13).

Enfin, les abstentionnistes sont maintenant partagés à la faveur d’une forte baisse sur la déception : 14% (+8) satisfaisante, 39% (+11) trop tôt, 47% décevante (-19).

La proportion de Français déçue par l’action du chef de l’Etat est en baisse de façon relativement homogène au sein de l’ensemble des catégories de population.

D’un point de vue socio-professionnel, les cadres ont un jugement moins négatif (28% satisfaisante, 33% trop tôt, 37% décevante) que les autres catégories (14%-19%, 26%-30%, 54%-56%).

La perception d’une politique menée en faveur des plus aisés subsiste

61% (-4 par rapport à juillet 2019) des Français considèrent que la politique menée par Emmanuel Macron et le gouvernement est plutôt en faveur des plus aisés, 12% (-2) en faveur des classes moyennes et 9% (+1) en faveur des moins aisés. 17% (+4) estiment qu’elle est en faveur de toutes les catégories de population.

Un an et demi après notre précédente mesure, la perception d’une politique menée en faveur des plus aisés reste majoritaire (absolue ou relative) au sein de toutes les catégories de population et électorats.

Politiquement, cette opinion est exprimée fortement mais recule chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (78%, -8), de Benoît Hamon (79%, -1), de Marine Le Pen (75%, -3) et chez les abstentionnistes (67%, -6). Une majorité relative des électeurs de François Fillon partage cette opinion (46% plus aisés, 15% classes moyennes, 17% moins aisés, 21% toutes les catégories).
Les électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour sont davantage partagés (39% plus aisés, 16% classes moyennes, 8% moins aisés, 35% toutes les catégories), à la faveur d’une hausse pour une politique en faveur de toutes les catégories (+15).

D’un point de vue socio-professionnel, les opinions restent stables. La perception d’une politique menée en faveur des plus aisés est plus importante au sein des catégories populaires (67%) et professions intermédiaires (65%) qu’auprès des cadres (50%).

En termes d’âge, la perception d’une politique à principalement à destination des plus aisés est un peu moins présente chez les 18-24 ans (49%, contre 60%-65% au sein des autres tranches d’âge) suite à une baisse de 10 points.

La crise a été mal gérée pour 6 Français sur 10, une opinion en légère baisse

62% (-4 points par rapport à mai 2020) des Français estiment que la crise du Covid-19 a été mal gérée, et qu’il y a eu des problèmes qui auraient pu être évités. A l’inverse, 38% (+5) considèrent qu’elle a été a été gérée du mieux possible étant donné les circonstances.

Politiquement, 7 électeurs sur 10 d’Emmanuel Macron du 1er tour saluent la gestion de la crise par leur candidat à la faveur d’une hausse importante (70% gérée du mieux possible, +11). Au sein des autres électorats, cette opinion reste minoritaire : François Fillon (36%, -2), Benoît Hamon (20%, -7), même si elle progresse chez les abstentionnistes (39%, +10), et chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (30%, +10) et de Marine Le Pen (23%, +7).

En termes d’âge, le regard porté sur la gestion de la crise par Emmanuel Macron est relativement homogène (32%-41% gérée du mieux possible, 59%-67% mal gérée). Elle progresse uniquement au sein des 50-64 ans (41%, +11 gérée du mieux possible) et est stable partout ailleurs.

D’un point de vue socio-professionnel, une majorité des cadres estime que la crise a été gérée du mieux possible (52%). A l’inverse, cette opinion est minoritaire malgré une hausse chez les professions intermédiaires (41%, +7), et au sein des catégories populaires (31%).

Emmanuel Macron n’a pas été à la hauteur de la crise pour 6 Français sur 10

59% des Français (-2 par rapport à octobre 2020) estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas été à la hauteur de la situation depuis le début de la crise du coronavirus, et 57% (+2) qu’il n’a pas pris les bonnes décisions sur un plan sanitaire.

Politiquement, seuls les électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour ont un jugement majoritairement positif sur l’action du chef de l’Etat face à l’épidémie (73% à la hauteur, 73% bonnes décisions sanitaires). Les autres électorats ont majoritairement un point de vue négatif : Marine Le Pen (73%, 77%), Jean-Luc Mélenchon (72%, 67%), Benoît Hamon (64%, 66%) et F. Fillon (57%, 54%).

En termes d’âge, les opinions sont relativement similaires. D’un point de vue-socio-professionnel, les cadres ont une opinion moins négative (45%, 46%) que les autres catégories (61%-67%, 59%, 62%).

54% des Français estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas pris les bonnes décisions sur un plan économique et social, une opinion en hausse de 6 points.

Politiquement, le point de vue négatif sur la gestion de la crise économique par Emmanuel Macron augmente chez les électeurs de Marine Le Pen (72%, +14) et de François Fillon (50%, +10), et reste majoritaire chez ceux de Jean-Luc Mélenchon (62%, +1). A l’inverse, une nette majorité des électeurs d’Emmanuel Macron (80% a pris les bonnes décisions) et une courte majorité de Benoît Hamon (56%) approuvent les décisions prises en réponse à la crise économique et sociale.

En termes d’âge, la majorité des moins de 50 ans estime que le Président n’a pas pris les bonnes décisions en la matière (59%-61%), une opinion en forte progression au sein de ces tranches d’âge (+9 à +11). Les 50-64 ans demeurent partagés (50%), le jugement négatif reste minoritaire chez les 65 ans et plus (42%, +1).

D’un point de vue socio-professionnel, le jugement négatif sur la gestion de la crise économique progresse au sein de toutes les catégories d’actifs : 63% (+5) catégories populaires, 54% (+13) professions intermédiaires et 44% (+7) cadres.

Géographiquement, l’opinion selon laquelle le chef de l’Etat n’a pas pris les bonnes décisions est majoritaire et progresse chez les habitants des communes rurales (61%, +12) et des petites agglomérations (61%, +10). Les habitants des moyennes et grandes agglomérations restent partagés (53%, 50%). Une minorité des habitants de l’agglomération parisienne met en cause la gestion de la crise économique (40%).

La défiance sur la capacité de l’Etat à vacciner tous les adultes d’ici la fin de l’année reste élevée

71% (+3 points en une semaine) des Français estiment que l’Etat ne parviendra pas à tenir l’objectif de proposer le vaccin à tous les Français adultes d’ici la fin de l’été (22 septembre 2021), dont 47% (-2) probablement pas et 24% (+5) certainement pas. A l’inverse, 28% (-3) pensent que cet objectif sera atteint, dont 24% (-2) probablement et 4% (-1) certainement.

La défiance envers l’Etat est majoritaire chez les électeurs d’Emmanuel Macron du 1er tour (55%, stable), et est très élevée au sein des autres électorats (73%-82%). A noter une progression particulièrement importante parmi les électeurs de François Fillon (77%, +11).

La défiance progresse au sein de la plupart des tranches d’âge et atteint son plus haut niveau chez les 65 ans et plus (79%, +6). A noter toutefois un pessimisme qui s’effrite chez les 50-64 ans (65%, -9).

D’un point de vue socio-professionnel, la défiance dans la capacité de l’Etat à atteindre l’objectif de vaccination est homogène (67%-69%), à la faveur d’une forte hausse chez les cadres (69%, +15).

Une majorité de Français continue d’approuver la décision de l’exécutif de ne pas reconfiner

Début février, Emmanuel Macron et le premier ministre Jean Castex ont pris la décision de se « laisser une chance d’éviter le confinement ». 56% (+2 points en deux semaines, +6 points en trois semaines) des Français estiment que l’exécutif a eu raison de ne pas annoncer un reconfinement national. A l’inverse, 44% considèrent qu’il a eu tort de ne pas annoncer de reconfinement.

Politiquement, la décision de l’exécutif de ne pas reconfiner est approuvée par une majorité des électeurs d’Emmanuel Macron (72%, stable), de François Fillon malgré une baisse (62%, -7) et dans une moindre mesure de Jean-Luc Mélenchon (54%, +4). Les électeurs de Benoît Hamon (50%, -8), de Marine Le Pen (48%, +1) sont partagés.

L’adhésion à cette décision augmente avec l’âge : de 43% chez les 18-24 ans à 63% chez les 65 ans et plus, et progresse uniquement auprès des 50-64 ans (59%, +8).

D’un point de vue socio-professionnel, les cadres approuvent majoritairement cette décision à la faveur d’une hausse importante (69%, +10), tandis que les professions intermédiaires (53%, stable) et les catégories populaires (50%, +5) demeurent plus partagés.

Le pronostic d’un reconfinement dans les prochaines semaines augmente fortement

60% (+12 points en une semaine) des Français pensent qu’il y aura un troisième confinement national dans les prochaines semaines, dont 14% (+4) certainement et 46% (+8) probablement. A l’inverse, 39% (-12) n’anticipent pas de nouveau confinement, dont 35% (-10) probablement pas et 4% (-2) certainement pas.

Alors que l’anticipation d’un troisième confinement avait chuté entre le 13 janvier et le 17 février (de 83% à 48%), la perspective d’un nouveau confinement rebondit dans l’opinion cette semaine.

Le pronostic d’un nouveau confinement progresse au sein de toutes les tranches d’âge, et en particulier chez les 25-34 ans (67%, +16) qui l’anticipent plus que les autres, et chez les 65 ans et plus (62%, +21). Seule exception, le pronostic ne bouge pas chez les 18-24 ans (57%, -2).

D’un point de vue socio-professionnel, les catégories populaires sont plus nombreux à prévoir un futur reconfinement (66%, +13), que les cadres (48%, +8) et les professions intermédiaires (53%, +10).

Politiquement, l’anticipation d’un reconfinement augmente fortement au sein de l’électorat de François Fillon (66%, +27), atteignant ainsi le même niveau que les électeurs de Marine Le Pen (66%, +9), Benoît Hamon (64%, +16), et de Jean-Luc Mélenchon (63%, +10). Les électeurs d’Emmanuel Macron sont plus partagés (46% oui, +6).

Confinement le week-end dans les zones les plus touchées : 2 Français sur 3 favorables

67% des Français sont favorables à l’instauration d’un confinement le week-end dans les zones les plus touchées par l’épidémie, dont 36% assez favorables et 31% très favorables. A l’inverse, 32% sont opposés, dont 20% assez opposés et 12% très opposés.

Politiquement, l’instauration d’un confinement localisé le week-end est approuvé par plus de 3 électeurs sur 4 de François Fillon (78%), d’Emmanuel Macron (78%) et de Benoît Hamon (75%), et par près de 2 électeurs sur 3 de Jean-Luc Mélenchon (68%) et de Marine Le Pen (63%).

L’adhésion à cette mesure augmente avec l’âge, de 51% chez les 18-24 ans à 77% chez lez 65 ans et plus.

Géographiquement, le niveau d’adhésion est un peu plus faible au sein des communes rurales (60%) que dans les autres catégories d’agglomération (68%-70%).

 

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