Le Conseil Objectivé

Les Français, la France insoumise et les élections municipales

Les Français et La France insoumise

Second tour des Municipales : la question d’un accord avec LFI divise à gauche

Dans l’hypothèse où plusieurs listes de gauche se qualifieraient au second tour des Municipales, 21% des Français privilégieraient un accord entre formations de gauche excluant LFI, 15% seraient favorables à une alliance incluant LFI, tandis que 36% rejetteraient tout accord et 28% n’ont pas d’opinion.

Une majorité d’électeurs du NFP (52%) souhaite un accord intégrant LFI, contre 33% un accord sans ce mouvement et 7% aucun accord. Mais cette opinion ne fait pas l’unanimité à gauche : 72% des sympathisants du Parti Socialiste privilégient un accord excluant LFI.

7 Français sur 10 approuvent la position de François Hollande appelant le PS à rompre avec LFI

François Hollande a récemment déclaré : « Il ne peut pas y avoir, pour les élections qui viennent, d’alliance entre les Socialistes et La France Insoumise. LFI a manqué à ses engagements. Je considère que la relation avec LFI est terminée, elle est rompue. Tout doit être fait pour que la gauche réformiste soit là au rendez-vous au deuxième tour de l’élection présidentielle, et Jean-Luc Mélenchon n’y a pas sa place. ». 70% des Français sont d’accord avec ces propos, dont 40% tout à fait d’accord et 30% plutôt d’accord. A l’inverse, 29% ne sont pas d’accord, dont 16% pas vraiment d’accord et 13% pas du tout d’accord.

Au global, les électeurs du NFP apparaissent très divisés sur cette déclaration (50% pas d’accord, 49% d’accord). Mais dans le détail, on note que les sympathisants PS approuvent massivement ces propos (88%). En dehors de la gauche, les électorats approuvent largement la position de François Hollande (90% électeurs d’Ensemble, 78% électeurs du RN).

63% des Français déclarent qu’ils « feraient barrage » à la France Insoumise au 2nd tour d’une élection, et 45% au Rassemblement National

Lors de précédentes élections, certains électeurs ont choisi de voter pour un candidat qu’ils ne soutenaient pas nécessairement, uniquement pour empêcher un autre candidat d’accéder au pouvoir : c’est ce qu’on appelle « faire barrage ». Au second tour d’une élection, 63% des Français déclarent qu’ils « feraient barrage » contre La France Insoumise (LFI), en votant pour son adversaire quel qu’il soit. En comparaison, 45% des Français déclarent qu’ils « feraient barrage » au Rassemblement National en votant pour son adversaire quel qu’il soit.

La disposition à « faire barrage » à La France Insoumise est particulièrement forte parmi les électeurs d’Ensemble (78%) et du RN (85%). À l’inverse, les électeurs du NFP rejettent majoritairement cette position (74%).

Le vote « barrage » contre le RN est un réflexe électoral puissant chez les électeurs du NFP (86%) et dans une moindre proportion chez les électeurs d’Ensemble (62%). Les électeurs de droite sont en revanche plus réticents (66% non).

Les Français ont une très mauvaise image de la France Insoumise, perçue comme un mouvement qui attise les tensions et entretient des liens trop étroits avec des groupes violents

Concernant la France Insoumise, 74% considèrent que ce mouvement attise les tensions plutôt qu’il ne les apaise, 69% qu’il entretient des liens trop étroits avec des mouvements qui recourent à la violence et 66% qu’il est une menace pour la démocratie.

D’autres griefs s’expriment à son égard de manière majoritaire : 80% considèrent qu’il n’est pas capable de rassembler les Français, 79% qu’il n’est pas crédible et pas compétent pour gouverner le pays, 77% qu’il ne propose pas de bonnes solutions aux problèmes du pays, 74% qu’il n’est pas proche de leurs préoccupations, 72% qu’il ne condamne pas clairement toutes les formes de violence quelle qu’en soit l’origine et 70% qu’il n’est pas sincère dans ses convictions.

La France Insoumise pâtit d’une très mauvaise image auprès des électeurs d’Ensemble et du RN ; mais aussi d’une mauvaise image auprès des sympathisants du PS (62% d’entre eux estiment que ce mouvement est une menace pour la démocratie).

Bien que majoritairement négative, on peut noter que LFI a une meilleure image chez les 18-34 ans qu’auprès des autres tranches d’âge.

Pour plus de 4 Français sur 10 et près d’1 électeur du NFP sur 4, les événements autour de la mort de Quentin à Lyon ont dégradé l’image qu’ils ont de la France Insoumise

Dans le détail, 52% des Français déclarent que ces événements n’ont rien changé à l’image qu’ils ont de la France Insoumise, 44% détérioré et 3% amélioré. Ces événements ont dégradé l’image de La France Insoumise auprès d‘une majorité d’électeurs d’Ensemble et du RN, mais aussi d’1 électeur sur 4 du NFP et de 4 sympathisants du PS sur 10.

« En vertu de quelles règles un employeur devrait être responsable des actes commis par ses salariés ? » : 2 Français sur 3 ne sont pas convaincus par l’argument de Manuel Bompard

66% des Français ne sont pas d’accord avec ces propos, dont 37% pas du tout d’accord et 29% pas vraiment d’accord. A l’inverse, 33% sont d’accord, dont 22% plutôt d’accord et 11% tout à fait d’accord.

La majorité des électeurs du NFP approuve cet argument (58%) tandis que les autres électorats le rejettent massivement (78% électeurs d’Ensemble et 74% du RN). Une majorité des sympathisants PS (58%) n’est pas d’accord avec ces propos.

Les Français et les élections municipales 2026

Elections municipales 2026 : 56% des inscrits sur les listes électorales se disent certains d’aller voter, 13% l’envisagent sérieusement

Sur une échelle de 0 (tout à fait certain de ne pas aller voter) à 10 (tout à fait certain d’aller voter), 56% des personnes inscrites sur les listes électorales se disent tout à fait certains d’aller voter (note 10), et 13% l’envisagent sérieusement (note 9). À titre de rappel, le taux de participation aux dernières élections municipales de 2020 a atteint 45% des inscrits, dans un contexte exceptionnel marqué par la pandémie de Covid-19. Lors des municipales précédentes, la participation avoisinait les 65%.

La certitude de se rendre aux urnes en mars prochain est nettement plus élevée chez les 65 ans et plus (65%) que chez les 18-34 ans (40%).

La sécurité, la santé et la fiscalité locale sont les priorités pour le prochain maire

Pour les Français, les priorités d’action de leur prochain maire doivent être la sécurité (47%, 3 réponses possibles parmi 13 items), l’accès aux soins et la santé (41%, +7 points depuis le 3 janvier), la fiscalité locale (35%, -4), le développement économique et l’emploi (30%, +5) et le logement (25%). D’autres enjeux sont évoqués par moins d’1 Français sur 4 : l’éducation, les crèches et école (20%), la circulation et le stationnement (15%), l’adaptation aux conséquences du dérèglement climatique et la lutte contre les pollutions (15%), les transports en commun (14%), la vie culturelle et les animations (14%), les nouvelles formes de mobilité (8%) et les installations sportives (4%).

La sécurité est un enjeu majeur dans tous les territoires, mais il est particulièrement évoqué par les habitants des grandes agglomérations (50% vs 41% dans les communes rurales). Le logement est également nettement plus évoqué dans les grandes villes (29% vs 15%). A contrario, la fiscalité locale est davantage citée par les habitants des communes rurales (44% vs 31% dans les grandes agglomérations). Les écarts les plus marqués apparaissent sur le plan politique. Parmi les électeurs du NFP, si la santé est la priorité numéro un, beaucoup mettent également en avant l’éducation (30%), l’adaptation au dérèglement climatique (27%) et la vie culturelle (22%). Du côté des électeurs du RN, la sécurité s’impose très largement (71%), loin devant les autres préoccupations. Enfin, les électeurs d’Ensemble privilégient la sécurité (46%), suivie de l’économie et de l’emploi (37%) et de la fiscalité locale (35%).

Le choix du vote est principalement motivé par des considérations locales

58% (+5 points depuis le 3 janvier) des électeurs qui ont l’intention d’aller voter aux Municipales déclarent que leur choix se fera avant tout en fonction d’enjeux locaux, contre 7% (+1) d’enjeux nationaux et 35% (-5) d’enjeux locaux et nationaux. Dans les communes rurales (72%) et les petites agglomérations (69%), les enjeux locaux constitueront le principal déterminant du vote. Les habitants des grandes villes se montrent plus partagés et accorderont une place plus importante aux enjeux nationaux dans leur choix.

6 Français sur 10 déclarent être satisfaits de l’action de leur maire

61% des Français disent être satisfaits de la façon dont leur commune est gérée par l’équipe municipale actuelle, dont 51% plutôt satisfaits et 10% très satisfaits. A l’inverse, 39% ne sont pas satisfaits, dont 28% pas vraiment satisfaits et 11% pas du tout satisfaits. Un niveau de satisfaction similaire (autour de 60%) est observé dans toutes les catégories d’agglomération et électorats.

Une majorité d’électeurs souhaite une politique de continuité pour leur prochain maire

60% (+4 points depuis le 3 janvier) des inscrits qui ont l’intention de se rendre aux urnes souhaitent une politique de continuité avec l’action municipale des dernières années dans leur commune, contre 40% (-3) une politique de rupture. Les électeurs d’Ensemble (72%) et dans une moindre mesure du NFP (63%) souhaitent une politique de continuité tandis que les électeurs du RN sont beaucoup plus partagés (52% rupture, 48% continuité).

Aux yeux des Français, l’intégrité, l’efficacité et la proximité sont les 3 qualités les plus importantes pour être un bon maire

Pour les Français, les qualités les plus importantes que doit avoir un candidat pour être un bon maire sont : être honnête et intègre (56%), être efficace et bon gestionnaire (46%), être proche des habitants au quotidien (41%) et tenir ses promesses de campagne (39%). Ces qualités devancent : avoir une vision pour l’avenir de la commune (30%), être ancré localement et bien connaitre la commune (30%), être indépendant des partis politiques (17%), savoir rassembler au-delà des clivages politiques (16%), avoir de grands projets pour la commune (13%) et avoir de l’expérience politique (6%). L’honnêteté est la première qualité évoquée dans toutes les tailles de commune, elle est suivie de l’efficacité dans les grandes agglomérations (51%) mais de la proximité dans les communes rurales (50%).

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Crédits image : Element5 Digital