Le budget et la censure
Pour doter la France d’un budget, l’opinion rejette pour l’instant l’usage du 49-3 et des ordonnances
69% des Français estiment qu’il faut « laisser les débats se poursuivre à l’Assemblée Nationale même si cela retarde davantage l’adoption d’un budget et qu’il y a un risque que le budget ne soit pas adopté », une opinion largement partagée par les électeurs du NFP (81%) et du RN (78%).
A l’inverse, 30% (et notamment 48% des électeurs Ensemble et 46% de ceux de LR) pensent que le gouvernement devrait « utiliser les outils constitutionnels (49-3 ou ordonnances) pour adopter rapidement et sans vote le budget ».
Blocage : une responsabilité partagée
Face au blocage actuel autour du budget, 32% jugent que tous les acteurs politiques concernés en sont responsables (gouvernement et partis d’opposition). 30% pointent avant tout la responsabilité du gouvernement (43% parmi les électeurs RN) et 20% celle des partis d’opposition qui refusent de négocier (58% parmi les électeurs Ensemble).
Près de 6 Français sur 10 veulent que le gouvernement et les groupes parlementaires parviennent à trouver un compromis
57% des Français estiment que même si les oppositions ne sont pas d’accord avec l’ensemble du budget, elles doivent faire des compromis (-2 depuis fin novembre). Cette volonté est partagée par une large majorité des électeurs Ensemble (93%) et LR (71%), ainsi qu’une partie de la gauche (74% des sympathisants PS et 61% de ceux d’EELV). A noter que cette opinion est également majoritaire chez les retraités (68%).
A l’inverse, 41% jugent que les oppositions qui sont en désaccord avec le budget doivent l’exprimer et voter une censure, une position partagée par une majorité des électeurs RN (61%) et des sympathisants LFI (60%).
Négociations avec le PS et LR : l’opinion penche clairement pour une hausse de la contribution des grandes entreprises et plus aisés afin de pouvoir préserver le budget de certains ministères et notamment les 4 000 postes d’enseignants
67% des Français penchent pour la position du PS, alors que 30% optent pour la position de LR consistant à réduire les impôts sur les grandes entreprises et ne pas taxer davantage les ménages les plus aisés, tout en baissant la plupart des budgets des ministères et notamment en supprimant 4 000 postes d’enseignants).
La position du PS est largement partagée par les électeurs NFP (86%), mais également par 69% des électeurs Ensemble et même 61% des électeurs LR (dont « seuls » 39% soutiennent la position de leur responsables politiques). Les électeurs RN sont plus partagés : 52% optent pour la position du PS, 46% pour celle de LR.
« Mieux vaut un mauvais budget qu’aucun budget » ? Une opinion qui progresse et désormais majoritaire
49% (+3 depuis fin novembre) des Français estiment que c’est un « mauvais budget mais que cela est mieux que ne pas avoir de budget de tout », une opinion majoritaire chez les électeurs Ensemble (79%, +14) et LR (62%, +5). 41% (-4) pensent en revanche que c’est un mauvais budget qui doit être censuré pour qu’un autre gouvernement en propose un nouveau, une opinion partagée par 62% (-4) des électeurs RN.
Les électeurs de gauche sont divisés : 61% des sympathisants LFI refusent ce budget, alors que 65% (+9) de ceux du PS pensent qu’il vaut mieux adopter ce budget que de ne pas en avoir.
Une courte majorité favorable à la censure du gouvernement après l’adoption européenne du Mercosur
Suite à l’adoption par l’Union européenne du Mercosur malgré le vote défavorable de la France, 52% des Français sont favorables à une motion de censure du gouvernement. C’est 9 points de plus qu’en octobre dernier suite à la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon.
Une large majorité des électeurs RN (73%) et des sympathisants LFI (79%) souhaitent cette censure, alors que 84% des électeurs Ensemble, 64% des sympathisants PS et 63% des électeurs LR y sont opposés.
Au global, si une majorité relative juge qu’il est encore trop tôt pour juger, l’action du Premier ministre est de plus en plus critiquée
45% des Français estiment qu’il est encore trop tôt pour juger (-11 en 1 mois), 36% (+9) qu’il va dans la mauvaise direction et 18% (+1) dans la bonne direction.
Les électeurs RN sont critiques à l’égard de l’action du Premier ministre (56%, +11 « mauvaise direction »), tout comme les sympathisants LFI (50%, +13).
Les électeurs Ensemble sont plus positifs (52%) mais 42% jugent qu’il est encore trop tôt pour juger.
Les sympathisants PS sont assez partagés : 44% estiment qu’il faut encore attendre, 29% sont critiques et 25% pensent qu’il va dans la bonne direction.
Le match Bardella / Le Pen
Qui pour représenter le RN à la présidentielle ? Les électeurs RN expriment une préférence claire pour Jordan Bardella
A un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle, 58% des électeurs RN jugent que Jordan Bardella est le meilleur candidat pour représenter leur parti. A l’inverse, 35% penchent pour Marine Le Pen. Il dispose d’une avance de plus de 35 points auprès des électeurs RN de moins de 35 ans, mais également 17 points auprès des retraités. Son avance est plus importante auprès de ceux qui résident en région parisienne (+37) qu’auprès des provinciaux (+21).
L’actuel président du RN remporte ce match d’opinion dans les autres électorats, et auprès de l’ensemble des Français (31% vs 18% ; 51% ne choisissent ni l’un ni l’autre). A noter qu’il dispose de plus de 15 points d’avance parmi toutes les tranches d’âge, à l’exception notable des plus de 65 ans où son avance est beaucoup plus mince (+4).
L’actuel président du RN gagne le match sur le terrain de la personnalité et de la capacité à agir sur le terrain national, mais est concurrencé par Marine Le Pen voire devancé sur la présidentialité et la stature face aux grands dirigeants du monde
Auprès des électeurs RN, c’est sur les terrains de la sympathie (+42), de la capacité à rassembler (+30) des idées pour la France (+24) et la volonté de vraiment changer les choses (+20) qu’il dispose de la plus large avance sur Marine Le Pen.
Il a également l’avantage sur la sincérité (+18), la capacité à améliorer la situation (+18), à comprendre les gens (+15), le courage (+14) et la capacité à réformer le pays (+8).
L’écart est plus faible sur la présidentialité (+5) et la compétence (+3), et c’est Marine Le Pen qui a légèrement l’avantage sur la capacité à faire entendre la voix de la France face aux grands dirigeants du monde (+6). Les tendances sont globalement les mêmes auprès de l’ensemble des Français.
Thématiques : Jordan Bardella a de l’avance sur la plupart des sujets, mais est devancé sur la scène internationale et la défense
Auprès des électeurs RN, Jordan Bardella dispose d’une avance nette sur le domaine du pouvoir d’achat (+17). Il a également l’avantage sur la sécurité (+12) et l’immigration (+9). Sur l’économie, l’éducation, la santé, il a également une légère avance (+9).
Son avance est plus minime sur l’agriculture (+5) et il est devancé par Marine Le Pen sur les sujets de défense (+5) et internationaux (+7).
Si les électeurs RN sont convaincus de la compétence de Jordan Bardella, le reste de l’opinion juge qu’il fait avant tout « de la communication (à l’exception des électeurs LR plus nuancés)
56% des Français estiment qu’il fait avant tout de la communication et qu’il ne maitrise pas bien les sujets dont il parle, une opinion partagée par 85% des électeurs NFP et Ensemble. Les électeurs LR sont plus nuancés (59%).
A l’inverse, 81% des électeurs RN jugent que c’est un homme politique compétent, qui maitrise les sujets dont il parle (42% sur l’ensemble des Français).
Exécution provisoire des peines pour les responsables politiques : les électeurs du RN veulent supprimer cette règle, le reste de l’opinion penche pour la maintenir
De manière générale, 58% des Français pensent qu’il faut conserver la règle d’exécution provisoire, et notamment 86% des électeurs NFP, 74% de ceux d’Ensemble et dans une moindre mesure ceux de LR (66%). A l’inverse, 41% des Français souhaitent sa suppression, et notamment 72% des électeurs RN.
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