L’apprentissage

78% des Français estiment que le système scolaire actuel prépare mal les élèves au monde du travail

En effet, 57% d’entre eux estiment qu’il prépare « assez mal » et 21% « très mal ». A l’inverse, seuls 22% affirment qu’il prépare « très bien » (2%) ou « assez bien » (20%).

L’intensité de ce constat critique à l’égard de la capacité de l’école à préparer au monde du travail est corrélé à l’âge : si les plus jeunes sont plus cléments vis-à-vis du système scolaire qu’ils viennent de quitter (43% des 15-17 ans et 34% des 18-24 ans estiment qu’il prépare bien), les plus âgés partagent de façon quasi-unanime ce diagnostic négatif (81% des 50-64 ans, 84% des 65 ans et plus).

Les classes sociales moyennes jugent elles aussi plus négativement que la moyenne la capacité de l’école à préparer les élèves au monde professionnel (86% des professions intermédiaires).

L’apprentissage, des formations qui bénéficient d’une image bienveillante de la part de l’opinion publique

Mode de formation par alternance (théorie et pratique) réservé aux jeunes de 16 à 25 ans, l’apprentissage bénéficie d’une bonne image globale. Les Français portent un regard bienveillant sur ces types de formation : 21% en ont une « très bonne image » et 53% une « assez bonne image ». A l’inverse, seuls 19% en ont une mauvaise image. 7% des Français affirment n’en avoir ni une bonne ni une mauvaise image.

La qualité de son image est relativement homogène selon les catégories sociodémographiques, même si elle est plus fragile auprès des 15-17 ans : seuls 7% d’entre eux en ont une « très bonne image », un score nettement inférieur à la moyenne. A titre d’exemple, ce taux atteint 21% à 25% parmi les classes d’âge intermédiaires. D’un point de vue politique, les électeurs du 1er tour d’Emmanuel Macron et de François Fillon accordent une prime d’image, avec respectivement 82% et 83% qui affirment en avoir une bonne image.

Une formation professionnalisante, mêlant la pratique et la théorie, qui améliore l’insertion sur le marché du travail.
Mais la persistance de l’image d’une formation destinée aux métiers manuels et
qui reste victime d’une mauvaise réputation.

81% des Français estiment que les formations en apprentissage permettent de trouver un premier emploi facilement. Les Français évoquent même spontanément (question ouverte, pas d’item suggéré) la capacité à « apprendre un métier concret, mêlant pratique et théorie » (16% d’évocations spontanées), sa proximité à l’entreprise (« 1ère expérience de l’entreprise » : 7%), et une certaine efficacité sur le marché de l’emploi (« bonne insertion professionnelle » : 8%).

Dans l’imaginaire collectif, l’apprentissage reste lié aux métiers manuels pour une partie de la population : « métiers surtout manuels » (7% d’évocations spontanées), « exemples de métiers principalement manuels » (4%).

L’image de l’apprentissage reste cependant marquée par quelques difficultés et freins : une forte méconnaissance (61%), une certaine difficulté pour trouver des postes en entreprise (75%) et une mauvaise réputation (56%).

L’image d’une formation destinée aux métiers manuels et souffrant d’une mauvaise réputation est encore plus présente auprès des retraités, alors que les classes moyennes mettent davantage en exergue la proximité à l’entreprise et la capacité d’insertion professionnelle.

Une connaissance solide des aides financières destinées aux entreprises et de l’existence d’une rémunération pour l’apprenti. Métiers manuels, niveau de diplôme, faible rémunération et spécificité des publics concernés restent présents pour ¼ à 1/3 des Français

Le test de connaissance des différentes caractéristiques de l’apprentissage démontrent que l’incitation financière pour les entreprises et la rémunération de l’apprenti sont aujourd’hui clairement identifiées par les Français (respectivement 91% et 86% estiment que ces caractéristiques sont vraies). En revanche, un doute persiste sur l’égalité de traitement entre apprentis et salariés : 36% démentent l’affirmation de l’égalité des droits et devoirs au sein de l’entreprise.

Concernant les a priori précédemment évoqués, ils restent assez ancrés pour un quart à un tiers de la population : « réservé aux métiers manuels » (35% « vrai »), « réservé aux élèves qui préparent un bac pro ou un CAP » (35% « vrai »), « débouche essentiellement sur des métiers faiblement rémunérés » (27% « vrai »), ou encore « destiné aux jeunes qui rencontrent des difficultés scolaires » (27% « vrai »).

Cette image reste particulièrement marquée chez les plus jeunes et notamment les 18-24 ans : métiers faiblement rémunérés (35% contre 27% pour l’ensemble de la population), destiné aux jeunes en difficultés (34% contre 27%), et débouche sur des métiers peu qualifiés (33% contre 21%).

53% des 15-24 ans seraient prêts à suivre une formation en apprentissage. Un taux plus élevé (74%) lorsque la parole est donnée aux parents d’enfants scolarisés.

Un jeune sur deux répond par l’affirmative lorsqu’il leur est demandé s’ils auraient envie de suivre une formation en apprentissage. Cette intention déclarée reste fragile car seuls 16% expriment une envie « certaine ».

Lorsque la parole est donnée aux parents d’enfants scolarisés, ces derniers projettent plus largement l’envie de faire suivre à leurs enfants ce type de formation : 74% d’entre eux, dont 25% « Oui, certainement ». Ce taux atteint 78% chez les parents employés alors qu’il n’est « que » de 68% chez les parents issus des classes moyennes.

Face au chômage des jeunes, une formation qui apparait comme une solution efficace.

Les priorités pour réformer l’apprentissage : simplifier les règles et démarches, inciter et impliquer davantage les entreprises, et créer une filière préparatoire post-collège destinée à l’orientation vers ces formations.

Dans un contexte de chômage élevé des jeunes (21,8% des 15-24 ans au 1er semestre 2017), le développement de l’apprentissage apparait comme une mesure efficace selon 84% des Français (dont 25% « très efficace »). Cette opinion est très largement partagée chez les plus jeunes (93% des 15-17 ans) et les retraités (90%). A l’inverse, les ouvriers sont quelque peu plus sceptiques (76%), même s’ils partagent majoritairement cet avis. Avancée par le gouvernement comme l’une des solutions au chômage des jeunes, l’efficacité projetée du développement de l’apprentissage est encore plus largement défendue par les électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron (92%) et de François Fillon (95%).

Quatre priorités se démarquent pour réformer le système de formation en apprentissage :

Simplifier les démarches et réglementations pour les employeurs et les apprentis (52% de citations)

Impliquer davantage les entreprises dans les cursus de formation (51%)

Ouvrir une filière professionnelle préparatoire en fin de collège pour mieux orienter et préparer les élèves à un cursus en apprentissage (48%)

Accentuer les aides financières à destination des petites et moyennes entreprises lors de l’embauche en apprentissage (46%).

 

Télécharger ici : Les Français et l’apprentissage/Sondage Elabe pour l’Institut Montaigne et Le Journal du Dimanche

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