Qui sont les votants frontistes ?

Quelles sont les marges de progression du FN ? Deux chercheuses, Christèle Marchand-Lagier et Jessica Sainty, maîtres de conférence en science politique à l’Université d’Avignon, tentent de répondre en observant les forces à l’œuvre à l’échelle infra locale. En comparant les résultats dans trois bureaux de votes avignonnais : un « dans les murs » (où la population est aisée et âgée), un « hors des murs » (dans un quartier plus populaire et défavorisé) et un « loin des murs » (dans une zone périurbaine abritant une technopole dynamique, quelques commerces, mais très peu de lieux de socialisation), depuis 2012, on voit apparaitre des dynamiques électorales. Au premier tour lors des régionales de 2015, au sein du bureau « dans les murs », le FN l’emporte d’un court nombre de votes devant le candidat LR. Au sein du bureau « hors les murs », le FN l’emporte également mais c’est surtout parce que l’abstention notable pénalise les autres partis. En revanche, dans le bureau « loin des murs », le FN l’emporte largement avec de nombreuses voix récoltées auprès de l’électorat de la droite traditionnelle. Vraisemblablement, le manque de lieux de socialisation fertilise le vote frontiste. L’observation des résultats du second tour montre par ailleurs que la volonté de faire barrage au Front National n’engendre plus un élan de mobilisation qui annihile les chances de victoire finale du Front National. S’il profite du délitement du « front républicain », le Front National progresse encore peu entre les deux tours des élections.

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