Le paradoxe de la pauvreté

Aux Etats-Unis, le Parti Républicain, favorable à l’allégement fiscal, profite d’un soutient des couches populaires inédit : pourquoi les citoyens modestes votent-ils contre leurs propres intérêts économiques ? Jusqu’ici ce paradoxe était justifié par diverses hypothèses récurrentes : pour Thorstein Veblen, les classes populaires tendent à imiter la classe dominante surtout dans son mode de « consommation ostentatoire » ; la théorie du mythe d’« Horatio Alger » estime que  les plus modestes soutiennent des politiques fiscales favorisant les plus riches dans l’optique de l’être un jour. Aujourd’hui, une nouvelle hypothèse est avancée par deux économistes : Ilyana Kuziemko et Michael I. Norton. Elle fait écho aux écrits de Tocqueville et repose sur principe de « last place aversion ». Les hommes seraient plus motivés par la crainte d’échouer et de se retrouver en bas de l’échelle sociale, que par le désir de réussir. Soutenir des politiques de redistribution revient à aider d’avantage ceux encore moins fortunés que soi-même et donc prendre le risque que ces derniers progressent sur l’échelle sociale peut-être même jusqu’à ce qu’on se voit relégué à une place inférieure. Dans le domaine économique, les citoyens se serviraient, tout compte fait, plus de leurs sensibilités que leurs intérêts fiscaux pour opérer leurs choix : « le cœur a ses raisons, que la raison ignore ».

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