Quelles sont les implications d’une ville auto-suffisante ?

« Croire ou faire croire que l’on va transformer nos villes en cités vivrières est démagogique » selon Sabine Barles, professeure en urbanisme et aménagement à la Sorbonne. Les aspirations d’une ville comme Paris, à subvenir à ses besoins alimentaires, grâce à sa ceinture verte relève de l’utopie. Même l’ensemble du territoire de l’Ile-de-France, grand de 12 000 km2 n’y suffirait pas, il faudrait tout l’espace du bassin de la Seine soit 70 000 km2. Et cela à condition que les Franciliens adoptent un régime démitarien, en divisant par deux leur consommation de produits carnés. Il faudrait également appliquer une politique urbaine draconienne pour réduire les espaces aujourd’hui utilisés par les logements, les surfaces commerciales, les entreprises, afin de rentabiliser chaque m2 pour rendre envisageable un aménagement du foncier agricole… un projet qui va finalement à l’encontre de la notion de même de ville. Les fermes verticales et la végétalisation des surfaces urbaines ouvrent des perspectives mais sont encore peu éprouvées : les besoins énergétiques sont importants et les risques d’ingérence de métaux lourds réels. Pour imaginer une ville auto-suffisante, il ne faut pas l’envisager par le prisme réducteur des circuit-courts, qui concernent surtout les légumes périssables à forte valeur ajoutée, mais par la réorganisation de la politique de production agricole, le réaménagement de la ville et l’évolution du modèle de consommation. 
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